Découvrez les 8 ouvrages sélectionnés par notre comité de lecture cette année. Ils composent la première sélection du Prix Émile Guimet de littérature asiatique. Parmi eux, quatre resteront en lice pour l’attribution du prix final !

La traversée des sangliers

de Zhang Guixin (auteur sino-malais)

Décembre 1941. Le Bouk aux Sangliers est un village perdu au nord de Bornéo. Jadis repaire de pirates, de coolies et de chercheurs d’or, il a gagné son nom au terme d’une lutte épique des chasseurs contre les premiers occupants, les sangliers. Mais cette année-là, ce ne sont pas les bêtes qui déferlent sur le village mais l’armée japonaise.

Picquier, traduit du du chinois par Pierre-Mong Lim

L’hôtel du cygne

de Zhang Yueran (auteure chinoise)

Yu-Ling vit à Pékin depuis dix ans déjà, sans guère de perspectives. Elle est la nounou d’un petit garçon charmant mais gâté, Dada, enfant unique de parents souvent absents appartenant à l’élite chinoise.
Fomenté de longue date, le pique-nique au bord du lac est un grand jour pour Dada. Pour Yu-Ling aussi : elle s’est laissé convaincre par son acolyte, le rustre M. Courge, de simuler le kidnapping de l’enfant – pour enfin changer de vie grâce à l’argent de la rançon.

Éditions Zulma, traduit du chinois par Lucie Modde

Quand s’illumine le prunier sauvage

de Shokoofeh Azar (auteure iranienne)

Ayant fui Téhéran pour échapper à la Révolution Islamique de 1979, Hashang, Roza et leurs trois enfants tentent de reconstruire leur vie dans le petit village de Razan, au cœur de la région montagneuse de Mazandaran. Mais personne n’échappe longtemps à la violence et au chaos… et la répression finira fatalement par les rattraper.
Djinns, démons, sirènes et fantômes côtoient dictateurs et bourreaux dans ce texte empreint de réalisme magique à la manière d’un poème perse.

Éditions Charleston, traduit par Muriel Sapati


Petites boîtes

de Yoko Ogawa (auteure japonaise)

La narratrice de ce livre vit dans une ancienne école maternelle. Tout y est petit, au format de ceux qui la fréquentaient autrefois.
Cette femme habite seule dans ce jardin d’enfants mais en ces lieux se trouve un auditorium, un endroit précieux où sont recueillies d’étranges petites boîtes. Parfois elle se poste sur la colline pour observer des inconnus qui, elle le sait, écoutent en pleine nature une musique inaudible pour tout autre qu’eux-mêmes.
Si M. Baryton lui apporte les lettres de sa femme éloignée de lui par la maladie, c’est qu’elle seule peut encore déchiffrer leurs caractères.

Actes Sud, traduit du japonais par Sophie Rèfle

La mort et son frère

de Khosraw Mani (auteur afghan)

Dans “l’étrange ville de Kaboul”, un matin d’hiver, un jeune homme sort de chez lui pour aller retrouver celle qu’il aime. Dix minutes après, une roquette tombe sur sa maison et tue quatre membres de sa famille. L’attentat, son contexte et ses conséquences sont ensuite évoqués à partir d’une trentaine de points de vue différents, ceux de protagonistes qui de près ou de loin ont un rapport avec le drame, d’un chauffeur de taxi à un chien errant, d’une journaliste de la télévision à l’arbre planté face au bâtiment détruit, d’un terroriste à un gamin des rues, d’un détrousseur de cadavres à la pelle qui creuse pour préparer les tombes.

Actes Sud, traduit Sabrina Nouri-Moosa

Dérive des âmes et des continents

de Shubangi Swarup (auteure indienne)

Deux jeunes mariés s’installent dans une ancienne demeure coloniale, sur les îles Andaman, et tentent de s’apprivoiser. Ils savent qu’ils se sont déjà aimés dans d’autres vies. Girija Prasad est un scientifique fasciné par les volcans lilliputiens et les phénomènes naturels de l’archipel. Chanda Devi est un peu sorcière ; elle sait amadouer les éléphants en colère, prévoir les tremblements de terre et parler aux fantômes qui peuplent les îles (soldats japonais, lord anglais, mangeurs d’escargots, une chèvre bêlante).

Editions Métailié, traduit par Céline Schwaller

La sterne rouge

de Antonythasan Jesuthasan (auteur sri-lankais)

Ala n’est qu’une jeune fille lorsqu’elle rejoint les Tigres tamouls. À quinze ans, amoureuse de son général, la voici prête à mourir au combat. Mais l’attentat-suicide qu’Ala s’apprête à commettre n’aura pas lieu et elle se fait arrêter. Condamnée à trois cents ans de prison dans les geôles sri-lankaises, elle tente de se maintenir vivante, forte d’une sensualité inextinguible et du désir de raconter son histoire.

Zulma, traduit par Léticia Ibanez

A propos de ma fille

de Hye-Jin Kim (auteure coréenne)

Green, la trentaine, chargée de cours à l’université de Séoul, est contrainte de retourner vivre chez sa mère. Cette dernière l’accueille à contrecœur, d’autant plus qu’elle sait que sa fille ne vit pas seule. Green s’installe dans la maison familiale avec Lane, une jeune femme. La mère s’interroge quant à la nature de leur relation. Si elle se voile d’abord la face, elle en vient ensuite à rejeter le mode de vie de sa fille. Comme le veut la tradition, elle tient à ce que cette dernière se marie et fonde une famille, sinon comment trouver le bonheur et se réaliser en tant que femme ?

Éditions Gallimard, traduit du coréen par Kyungran Choi et Pierre Bisiou



Le lauréat recevra une dotation de 5 000 euros grâce au généreux soutien d’Oxford Bookstore et l’aimable concours de la Société des Amis du musée Guimet.