Éléphant Camondo (récipient à alcool zun)

Chine
Dynastie Shang - 18ème-11ème siècle avant J.-C
64 x 96 x 43 cm
Bronze avec patine verte
Eléphant en bronze originaire de Chine

Destiné à recevoir du vin pour les rites réalisés à l’honneur des défunts, chef d’œuvre du musée, ce vase zun en forme d’éléphant est indissociable de l’histoire de Sarah Bernhardt, collectionneuse d’antiques, puis d’Isaac de Camondo, compositeur, voyageur et collectionneur du 19ème siècle, qui en fit la donation au musée.

L’intérieur est vide et pouvait être rempli par une ouverture carrée pratiquée sur le dos, et dont le couvercle a aujourd’hui disparu. Son décor est complexe et recouvre l’intégralité de la pièce, suivant les codes esthétiques de l’époque. Les flancs portent un décor de taotie étendu en bas-relief rubané sur fond tapissant de motifs de tonnerres leiwen. Ces motifs sont peu à peu remplacés par des écailles qui apparaissent ici sur les oreilles, la trompe, le ventre et les pattes. Le volume zoomorphe affirmé et le déclin de l’ornementation sont caractéristiques de la production de ateliers du Hunan, en Chine du Sud, où une volonté d’indépendance régionale s’établit aux dépens des conventions en usage dans la capitale, Anyang (province du Henan). Leur influence aurait même fini par gagner les productions officielles du Nord comme en témoigne un éléphant de jade découvert dans la tombe de la dame Fuhao.

Héritière de l’art des potiers pour l’élaboration de la forme, et de celui des ciseleurs de jade pour le décor ornemental, cette pièce a été réalisée dans un moule à sections en terre réfractaire. Les jonctions des différentes parties ont laissé des arêtes vives courant le long des pattes et de l’abdomen de l’animal.

Le terme général de zun désigne des coupes à alcool dont les formes varient de celle d’un calice à d’autres plus zoomorphes. Celles-ci sont utilisées lors de cérémonies de rites officiels, au cours desquelles le monarque rend hommage aux ancêtres par l’intermédiaire d’un shaman. La panse du vase était destinée à contenir de l'alcool fermenté et chauffé, servi avec une louche. Les Shang saisiront toute la portée magique que l’on peut tirer d’une vaisselle sacrificielle fondue dans une matière à leur disposition depuis plusieurs centaines d’années. Ainsi, ces récipients deviendront très vite les garants de la légitimité royale. Pour cette raison, les formes seront variées de façon inépuisable, de nombreux modèles similaires marquant le faste de ces rituels qui perdureront aux périodes suivantes.

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