Vishnu

Monde himalayen
16ème siècle
70,00 x 63,00 x 34,00 cm
Cuivre doré avec traces de polychromie
Vishnu
Légende

Photo (C) RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) / Thierry Ollivier

_en_alert_title Œuvre exposée actuellement au Musée Guimet - Place d'Iéna

Cette sculpture népalaise du 16ème siècle, réalisée en cuivre repoussé, représente un dieu dont l’identité peut sembler au premier abord énigmatique…

Dans la vallée de Kathmandou, au Népal, le cuivre était un matériau de prédilection, dans le travail duquel les artisans newars étaient passés maîtres. Ethnie locale de langue tibéto-birmane, les Newars avaient fondé dans cette vallée, dès les premiers siècles de l’ère chrétienne, une civilisation brillante, largement influencée par celle de l’Inde. Leur savoir-faire leur valut une grande réputation, qui s’étendit des confins méridionaux de l’Himalaya jusqu’en Chine. Les œuvres métalliques étaient réalisées selon des techniques variées – repoussé, martelage, fonte à cire perdue –, puis dorées à l’amalgame et incrustées de pierres semi-précieuses ou de verre de couleur. C’est à l’époque de la dynastie des Malla (1200-1768), qui porta le royaume à son apogée, que furent produits les plus beaux témoignages de cet art.

En dépit de la disparition des attributs, il est possible de reconnaître ici le dieu hindou Vishnu. Outre les quatre bras dont il est très souvent doté dans les arts de l’Inde et des pays indianisés de l’Asie, c’est la ligne géométrique de la découpe externe des fleurons de la tiare, ainsi que la position même des mains, qui autorisent une telle identification. Dans la main antérieure droite, ramenée devant le buste, devait se trouver la fleur de lotus (padma) ; la main postérieure droite maintenait probablement le disque (chakra) ; dans la main postérieure gauche s’insérait la massue (gada) ; la main antérieure gauche, enfin, tenait la conque marine (shankha). Cette image de Vishnu prenait place sur un socle lotiforme aujourd’hui disparu et devait selon toute vraisemblance être accompagnée par une sculpture figurant Lakshmi, son épouse.

La délicatesse du modelé et le raffinement du traitement des parures, de même que le visage aux traits presque enfantins éclairés d’un doux sourire, invitent à placer la réalisation de l’œuvre dans le courant du 16ème siècle.

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