Tiare d’officiant

Monde himalayen
Daté 1145
27,20 x 21,50 x 21,50 cm
Cuivre doré, incrustations de lapis-lazuli, grenat, turquoise et verre coloré
Tiare d'officiant
Légende

Tiare d'officiant

_en_alert_title Œuvre exposée actuellement au Musée Guimet - Place d'Iéna

Au Népal, certaines cérémonies bouddhiques nécessitent l’intervention de cinq officiants désignés sous le nom de vajracarya, "Maîtres du Foudre-diamant". Ils portent traditionnellement une coiffe métallique revêtue de multiples ornements symboliques.

Cette tiare de forme conique reproduit de manière stylisée un chignon étagé à trois niveaux sur lesquels se répartissent neuf fleurons. Cinq d’entre eux abritent les images des jina ou "Bouddha victorieux", associés à une région de l’espace – Akshobhya à l’Est, Ratnasambhava au Sud, Amitabha à l’Ouest, Amoghasiddhi au Nord, Vairochana au Centre ; ils se différencient les uns des autres par le geste qu’ils effectuent. Le sommet de la coiffe est occupé par un vajra ou "foudre-diamant", symbole d’indestructibilité, de pureté et d’accomplissement spirituel. Le programme iconographique général de la tiare renvoie à l’organisation centrée et axée d’un mandala de Vajrasattva, "l’Être adamantin", une sorte de Bouddha suprême ou primordial, en lequel se manifestent les qualités intrinsèques des cinq jina. Dans la pratique rituelle, c’est à Vajrasattva que s’identifient les officiants lors des cérémonies.

Comme il est traditionnel dans l’art newar de la vallée de Kathmandou, cette tiare est réalisée en cuivre pur, doré à l’amalgame et rehaussé de multiples incrustations de pierres fines et de verre coloré. Passés maîtres dans l’art de la toreutique, les artisans newars ont porté à un très haut niveau d’accomplissement esthétique les techniques du repoussé, de la gravure et de la ciselure. La tiare du musée Guimet est l’une des plus anciennes pièces de sa catégorie conservées dans un musée occidental ; elle est aussi l’une des mieux documentée. En effet, le bandeau inférieur comporte, à l’arrière, une inscription en newari indiquant le nom du commanditaire, celui du monastère dans lequel il officiait, ainsi que l’identité du moine-orfèvre qui a réalisé l’objet et la date à laquelle il fut créé : 1145.

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