Stèle funéraire musulmane 

Asie du Sud-Est
13ème siècle
77,5 x 35 cm
Roche
stèle funéraire à inscription musulmane
Légende

stèle funéraire à inscription musulmane

_en_alert_title Œuvre exposée actuellement au Musée Guimet - Place d'Iéna

L’archipel indonésien fut islamisé peu à peu à partir des côtes. Dès le 11ème siècle subsistent à Banda Aceh (anciennement Kuta Raja) des traces matérielles de cette pénétration de l’islam sous la forme des premières stèles funéraires à inscription arabe.

Environ 300 stèles ont été repérées de Sumatra à l’archipel de Sulu dans les Philippines, en passant par la péninsule malaise. Le vecteur de l’islamisation fut le commerce, opéré par des armateurs musulmans entre la Chine et le golfe arabo-persan.

La stèle présente un décor en aile, peu d’indice du vocabulaire décoratif du monde islamique si ce n’est la répétition d’éléments évoquant une inscription sous la forme de hampes enfermées dans des médaillons superposés, deux rectangulaires et un en forme d’amande. Le jeu d’entrelacs et, sur les pointes des  "ailes" la présence d’une étoile qui est appelée "sceau de Salomon" sont des emprunts très nets à l’esthétique islamique tandis que la forme générale évoque l’architecture d’Asie du Sud-Est.

Cette stèle ne porte pas le nom de son destinataire mais elle était probablement faite, dans la série des stèles musulmanes plus répandues à partir du 13ème siècle et notamment celle réalisée en 1290 pour le sultan Malik al-Saleh à Pasai, pour la sépulture d’un riche marchand ou peut-être d’une famille princière. Elle évoque par sa forme les stèles du sultanat de Batu Aceh et illustre un art de croisement tout au long d’importantes voies maritimes qui façonnèrent la région.

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