Avalokiteshvara à mille bras

Asie du Sud-Est
Fin du 18ème siècle – début du 19ème siècle
151 x 142 x 50 cm
Bois laqué et doré
Légende

Avalokitesvara à mille bras

_en_alert_title Œuvre exposée actuellement au Musée Guimet - Place d'Iéna

Debout, dotée de trois faces, cette représentation féminine est coiffée d’un riche diadème orné de cinq bouddhas assis en méditation.

Ils proclament avec éclat la nature bouddhique de la sculpture. Les mille bras qu’elle a reçus forment un extraordinaire éventail, déployé telle la queue d’un paon faisant la roue. Aux vingt-deux paires de membres principaux esquissant des mouvements divers mais symétriques répondent des centaines de bras de taille réduite. D’un traitement plus schématique, ils sont répartis en deux ensembles en demi-lune à plusieurs rangs d’épaisseur, disposés de part et d’autre des épaules.

Tout ici renvoie à une image bien connue du panthéon bouddhique, le bodhisattva Avalokiteshvara ou Lokeshvara, "le Seigneur des Mondes", celui "qui voit et qui entend", considéré comme l’incarnation d’une des plus importantes vertus bouddhiques : la Compassion. Ici plus précisément, il s’agit du "Seigneur des Mondes doté de mille mains et de mille yeux", symbole limpide de la Compassion infinie tournée vers le fidèle dans sa quête de la Voie du Bouddha. Cette entité bouddhique a bénéficié d’une ferveur incomparable dans l’ensemble du monde asiatique, de l’Inde à l’Asie centrale, partout où les écoles du Grand Véhicule ont été adoptées. Son culte a fait l’objet d’une grande faveur, notamment dans le contexte du développement du bouddhisme zen, dès les 9ème-10ème siècles.

Figurée debout, en gloire, en position frontale, elle est entièrement revêtue d’une laque d’or qui lui confère une dimension cosmique très spectaculaire.

La sculpture fait partie d’un panthéon bouddhique vietnamien complet, unique en dehors du Vietnam, que Gustave Dumoutier (1850-1904) avait offert au musée Guimet dès la fin de 1889, à la clôture de l’Exposition universelle de Paris, où il avait présenté une « pagode bouddhique tonkinoise » dotée de tout le mobilier cultuel et animée par des prêtres venus de Hanoi.

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