Typique de la manière qui prévaut dans l’art d’Afghanistan vers le 7e siècle ce devata au très léger sourire, à la grâce un peu suave, vient de Fondukistan, fondation bouddhique de la vallée du Ghorband, au cœur de l’Hindou Koush.

Signalé dès 1836, le monastère de Fondukistan est fouillé par la DAFA en 1937 et c’est à cette occasion que Jean Carl dégage une cour au stupa de dimensions modestes, sur laquelle s’ouvraient des chapelles au décor de terre crue – sur un mode emprunté à l’art d’Asie centrale. Chaque chapelle s’organisait autour d’un groupe ou encore d’une figure, et ce devata (divinité), assis en délassement, occupait une niche, à droite du bodhisattva, l’image principale. Il est vu de profil ou encore de trois quarts, et désigne le personnage central d’un geste plein d’abandon, de ses mains aux doigts extraordinairement fins. Le maniérisme et l’influence indienne, d’époque post-gupta, font l’originalité du site, qu’un trésor monétaire trouvé dans une autre niche a permis de dater.

L’art de Fondukistan cherche avant tout à plaire, à cette époque qui voit l’apparition d’un premier art hindou – déclinant une esthétique du raffinement et de la séduction.