Un tigre avec ses trois petits au pied d’un pin centenaire sur lequel est perchée une pie, cette rencontre étonnante est courante en Corée aux 18e et 19e siècles.

Le thème, de bon augure, protège du mauvais sort et se décline volontiers au nouvel an lunaire et se retrouve sur les murs des monastères bouddhiques. Dans l’imaginaire coréen le tigre est le compagnon de Sansin, le dieu de la montagne et renvoie au fond chamanique de la péninsule. La pie est quant à elle messagère des dieux. On peut déceler en demi-teinte une satire sociale dans cette opposition entre la légèreté de l’oiseau, écho du monde villageois, et la puissance du tigre, symbole des grands propriétaires, bien souvent fonctionnaires au service de l’État.

Tigre avec ses trois petits, Corée, époque Choson, 18e -19e siècle ; encre t couleurs sur papier ; H. 98 cm ; L. 57 cm, achat, 1999, MA 6371

Le tigre avec ses trois petits, en perspective plongeante, est composé avec un extrême réalisme et est empreint de souplesse et de force. Sa progéniture gambadant joyeusement dans ses pattes, est décrite avec humour, tendresse et une très grande fraîcheur. La peinture de tigre est un thème qui trouve son origine en Chine à la période Song et que l’on retrouve au Japon. Il a connu en Corée une faveur certaine, au point de faire de l’animal l’emblème du pays. Dans la péninsule, dit un proverbe chinois, la moitié de l’année, les Coréens chassent le tigre ; l’autre moitié, le tigre chasse les Coréens.