Les gardes de sabres (tsuba) sont destinées à bloquer et protéger la main lors des combats. Elles apparaissent dès la période des Anciennes sépultures (250-700 environ).

Ce sont d’abord des gardes pour sabres longs (tachi) de cavalerie, assez fines. C’est à partir de l’époque de Muromachi et du développement du combat de fantassins, alors que se répand l’usage de sabres dits uchigatana, qu’on porte tranchant dirigé vers le haut, que la garde devient un élément essentiel de protection et s’élargit, offrant à la décoration une place plus importante. Les gardes sont à partir de cette époque réalisées non plus seulement par des forgerons et des fabricants d’armure, mais par des artisans spécialisés dans le travail des différents métaux, tels que cuivre, or, argent, et alliages de cuivre et d’or (shakudo) ou de cuivre et d’argent (shibuichi).

Garde de sabre à décor de lionceaux avec des bambous, Japon, époque d’Edo, 18e ou début du 19e siècle, bronze, incrustations d’or, H. 8,1 cm ; l. 7,5 cm, ancien fonds, MG 9210

Garde de sabre à décor de paysages d’Omi, signé : Ton [caractère illisible], Japon, époque d’Edo, 18e siècle ou 19e siècle , fer, incrustations d’or, H. 7,3 cm ; l. 6,7 cm, ancienne collection Kann, MA 536 (KA 1115)

Garde de sabre à décor de serpent mordant une aigrette, signée en laque maki-e d’or : Mizutani Shutoho, Japon, époque d’Edo, 18e siècle, bois, laque d’oravec parcelles d’or larges (gyobu nashiji) et laque métallique en relief, H. 8,2 cm ; l. 7,4 cm, don Hazebroucq, 1990, MA 5909

À l’époque d’Edo, la garde est un accessoire décoratif essentiel, auquel un soin particulier est apporté. Le premier tsuba présente ici n’est pas en métal, mais en laque, vraisemblablement sur du cuir, du type dit nerikawa tsuba, selon un procédé employé depuis l’époque de Heian, surtout pour les sabres de cavalerie. La laque elle-même est d’un type dit en France aventurine, et en japonais nashiji, à cause de son aspect qui ressemble à la peau des poires nashi. Le procédé consiste à inclure dans la laque liquide des parcelles d’or plus ou moins fines, et ici très large, de feuille d’or.

Les autres gardes portent des motifs élaborés typiques de la fin de l’époque d’Edo. Motif venu de Chine, les « lionceaux chinois » (karashishi) sont un symbole de bon augure. Le pelage des lions est ici rendu par l’or sur un fond en bronze. Le lac Biwa, dans la province d’Omi est un thème d’illustrations prenant pour sujets des paysages célèbres du Japon, sur le modèle des fameuses vues de la Xiao et de la Xiang dans la peinture chinoise. Les « huit vues célèbres d’Omi » sont ici condensées en deux compositions sur la face et le revers de la garde.