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Le musée Guimet, en ef fet, dispose d’une des plus riches collections au monde
de photographies anciennes du Japon. Le volume de ces fonds (19 000 items
provenant de l’importante collection du Dr. Joseph Dubois ainsi que les autres
fonds de photographies anciennes du Japon) et leur unité temporelle et esthétique
(époque Meiji, 1868-1912 ; pour beaucoup relevant de l’esthétique « touristique »
de « l’école de Yokohama ») encouragent à les aborder sous l’angle statistique
mais soulèvent également la question de l’indexation en masse de ces fonds.
C’est pourquoi ces considérations rendent la collection du musée Guimet
particulièrement pertinente pour tester et af f iner des outils d’intelligence artif icielle
en vue de leur faire décrire automatiquement ces photographies anciennes.
Dès lors, les données obtenues lors du projet (numérisations, métadonnées
existantes, métadonnées produites) seront mises en ligne sur une plateforme qui
fera émerger de nouvelles connaissances sur les débuts de la photographie
au Japon : attribution des photographies par association, économie des studios,
évolutions esthétiques, circulations iconographiques, de modèles, d’accessoires,
etc. Ces éléments alimenteront une réf lexion plus large sur la dif fusion des images,
les influences mutuelles entre l’Europe et l’Asie orientale, la naissance de
stéréotypes sur le Japon et les pratiques touristiques à l’aube de la mondialisation.
HikarIA ouvrira de nouveaux horizons de recherche à la croisée d’enjeux historiques,
esthétiques, économiques et sociaux.
Ainsi, ce projet s’appuiera sur le développement de nouveaux outils pour la
recherche en histoire de l’art, en optimisant la description automatisée par
intelligence artif icielle des photographies anciennes (test et af f inage de divers
modèles d’IA). Il permettra, à terme, d’enrichir les connaissances sur la photographie
au Japon pendant les ères Bakumatsu et Meiji (1853-1912), en partenariat avec des
chercheurs extérieurs et de diffuser les résultats de la recherche par le biais
d’articles scientif iques, de communications, de colloques en France et au Japon,
et peut-être d’un projet d’exposition sur les débuts de la photographie au Japon.
La coopération scientif ique est assurée par un partenariat avec la société TEKLIA
et des chercheurs associés (Saki Toriumi, Nihon University College of Arts,
Jules Keenan, Toronto Metropolitan University), et le f inancement par la Caisse des
dépôts, France 2030, « numérisation du patrimoine et de l’architecture » et par
le musée Guimet.
KŌZABURŌ Tamamura Geisha jouant du shamisen époque Meiji début des années 1890
tirage albuminé mis en couleur AP15928 AP11360 © musée GuimetRMNGP Paris Image Guimet