en Asie, essentiellement en Chine et à Taiwan. Ces plantes très diverses, pouvant
être originaires d’Amérique du Sud, d’Europe ou d’Orient, ont été l’objet d’admiration
de la part des empereurs de Chine et parfois d’acclimatation dans les jardins
impériaux, voire dans les campagnes pour certaines espèces d’intérêt agronomique.
Cette recherche aboutira à une identification des plantes étrangères au sein
des collections chinoises d’époque Ming et Qing du musée, donnant lieu à une
publication.
Les collections du musée
d’Ennery en contexte
Dans le cadre de l’axe sur l’histoire des arts asiatiques, un projet sera également
dédié aux collections du musée d’Ennery, rattaché au musée Guimet. Elles
comprennent environ 6000 objets de typologies variées provenant essentiellement
du Japon, mais aussi de Chine et du Vietnam. Par le passé, elles ont surtout
été étudiées du point de vue de leur formation à la lumière du contexte historique
de la f in du XIX
e
siècle et des réseaux de sociabilité (notamment avec les travaux
d’Elisabeth Emery). C’est pourquoi ce projet portera sur l’étude des objets en
eux-mêmes. Compte-tenu de l’ampleur de la collection, on se limitera, pour
commencer, à des ensembles cohérents et de taille relativement modeste :
les porcelaines kakiemon – destinées à l’exportation au XVIII
e
siècle – dont
l’importance de celles des collections du musée d’Ennery a été récemment
reconnue ; les cof fres nanban, que leur réunion précoce par Clémence d’Ennery
rend en tant que tels remarquables ; les masques décoratifs inspirés du théâtre et
les poupées dites de Kôbe, objets considérés comme négligeables car produits
dans un contexte commercial et donc ignorés de la recherche ; les objets du lettré
chinois. Il s’agira de replacer ces ensembles dans leur contexte historique
de création, de les documenter ainsi que de les aborder avec des questionnements
renouvelés, propres à chaque corpus.
Ce projet au long cours pourra faire l’objet d’un atelier de recherche régulier, avec
6 à 8 séances de 3 heures par an. Il nécessitera la coopération de divers spécialistes
européens et japonais selon les corpus, et des partenariats noués avec des
universités ou avec l’École du Louvre seront possibles dans le cadre de masters.
Il pourra, également, être valorisé par des journées d’étude régulières et des outils
de médiation proposés au public visitant le musée d’Ennery.
Il est à noter également que, dans le cadre d’un vaste projet de rénovation et
de valorisation de l’hôtel d’Ennery, une collection nouvelle s’installera à compter
de f in 2027 et pour une durée de 50 ans dans les espaces du rez-de-chaussée
(non occupés aujourd’hui) et dans un sous-sol muséal nouvellement créé :
la collection d’estampes japonaises ukiyo-e de l’époque Edo de Georges
Leskowicz. Cette collection, initiée au début des années 2000, rivalise aujourd’hui
par sa richesse et son excellence avec les plus grandes collections privées
destampes au monde En ef fet les œuvres magistrales dHiroshige et dHokusai
côtoient celles dUtamaro et de Sharaku parmi les artistes marquants de cette
période La série complète des Miroirs de la poésie Japonaise et chinoise dHokusai
ou les tout premiers tirages de la série des 69 étapes de la route de Kisokaido par
Hiroshige et Eisen sont quelquesuns des trésors de cet ensemble qui compte
près de 4000 pièces
La coexistence sur un même site de deux collections celle de Clémence dEnnery
et celle de Georges Leskowicz aussi exceptionnelles que complémentaires
lune essentiellement composée darts décoratifs lautre darts graphiques ouvrira
des perspectives nouvelles et fécondes de recherche autour de thèmes aussi
variés que le japonisme en France la réception des arts japonais dans notre pays
leur inf luence sur les mouvements artistiques de la seconde moitié du XIX
e
siècle
et tout au long du XX
e
siècle etc