Dans le cadre de l’ANR « Imperial borderlands in Central Asia: f irst results of the
archaeological surveys as part of the ANR ‘FRONTIER’ project », les missions
archéologiques ou de prospection conduites par l’équipe du centre de recherche
ArScAn-CNRS dans le Xinjiang (Chine du Nord-Ouest), au Tadjikistan et en
Ouzbékistan sont confrontées aux études des sites fortif iés situés entre la province
chinoise du Gansu et l’Asie centrale, tout comme l’étude des histoires of f icielles
chinoises sont confrontées à celles ayant été préservées en Asie centrale et à aux
documents administratifs de la dynastie des Han, découverts entre les déserts de
Gobi et de Taklamakan. Dès lors, ces regards croisés permettront de réévaluer la
notion de frontière culturelle par une cartographie des sites archéologiques via un
système d'information géographique (SIG), et également de documenter les axes
commerciaux et de circulation de cette région d’Asie centrale. On précisera que le
corpus documentaire est composé de plus de 300 sites archéologiques
(bibliographie et prospections comprises), d’environ 600 textes chinois et de près
de 6 000 pétroglyphes, pour lesquels une sélection sera ef fectuée.
Ce corpus étudié devrait permettre de proposer une analyse matérielle et spatiale
des phénomènes d’interactions frontalières aux niveaux régional et global, mais
aussi d’améliorer notre connaissance de ces périodes anciennes et, par conséquent,
d’af f iner la compréhension des œuvres du musée Guimet. Une valorisation de cette
étude sera possible par des publications et des conférences, et pourra enrichir les
outils de médiation of ferts aux visiteurs dans le parcours permanent des collections.
« Entrer en résonance
avec les dieux » en Chine.
Objets de communication
et interfaces divinatoires
En suivant une démarche archéo-muséale, la recherche conduite au musée
s’intéresse également au lien entre les objets de culte et les pratiques religieuses,
puisqu’elle concerne une grande partie des collections de Chine ancienne.
À cet égard, elle étudiera le rapport entre le rituel et le mobilier funéraire déposé
dans les tombes, af in de montrer au public combien il est essentiel de relier les
collections, de la Haute Antiquité aux Qing, à son contexte religieux d’origine (tant
shamanique que bouddhique ou taoïste) et social.
Il sera donc pertinent d’y apporter ce qui est souvent mis de côté comme l'analyse
des textes, du site archéologique ou du fonctionnement du rituel. Il conviendra, aussi,
d’analyser le choix des matériaux employés pour communiquer avec les dieux
(bronzes, jades, céramiques, laques, textiles…), d’étudier les rapports entre objet rituel
et culte pour comprendre la fonction de l’objet dans le cadre des cérémonies et sa
place dans un temple une tombe ou sur un autel détudier les rapports entre textes
os oraculaires manuscrits et images représentées sur les objets Ce projet
de recherche est également prévu en coopération avec le centre de recherche
ArScAnCNRS mais aussi avec lUniversité Lyon2 et le centre de recherche
LESCCNRS