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Étude des stucs et terres crues
d’Afghanistan, des III
e
- VIII
e
siècles
de notre ère découverts en
contexte archéologique
Le choix de l’étude de la matérialité des œuvres s’est,
tout d’abord, porté sur la collection afghane des stucs
et dif férentes terres crues, datant du III
e
siècle au VIII
e
siècle de notre ère. Issues des fouilles de la Délégation
archéologique française en Afghanistan (DAFA) dans
les années 1920–1930, ces sculptures bénéficient
d’une provenance archéologique parfaitement
identifiée grâce à l’encadrement de la convention
franco-afghane de 1922, prévoyant le partage des
découvertes entre les deux États. Leur authenticité est
incontestable. Si le terme « stuc » est généralement
employé dans la littérature scientifique pour les
modelages du site de Hadda, force est de constater
que l’on en ignore la composition exacte. De même,
l’emploi d’une argile verte, attestée par quelques
œuvres de Hadda, n’est pas chronologiquement daté.
En revanche, à Bamiyan et à Fondukistan, le modelage
de terre crue est la norme, avec l’utilisation d’une argile
rouge éclipsant une argile beige à la f in du VII
e
siècle.
Dès lors, connaître la composition des « stucs » et
terres crues de la collection du musée Guimet devrait
permettre, d’une part, de préciser l’occupation
chronologique des dif férents monastères bouddhiques
de Hadda, et, d’autre part, de comparer ces modelages
à ceux d’autres sites tels que Tepe Sardar à Ghazni,
Tepe Narenj à Kaboul, ou d’œuvres sans provenance
archéologique avérée. Quant aux terres crues de
Bamiyan et de Fondukistan, le même changement de couleur d’argile, passant du
beige au rouge, est attesté à Ghazni et dans la région de Kaboul. De telles analyses
sont actuellement menées dans dif férents musées étrangers. Des comparaisons
avec les stucs de la région ancienne du Gandhara, de Peshawar à Taxila dans
l’actuel Pakistan, seraient également possibles. Par ailleurs, au-delà de la
connaissance af f inée des matériaux, ces études devraient également permettre
d’identif ier des circuits de production et de circulation, les artisans se déplaçant
pour embellir les chapelles et les stupas des monastères bouddhiques de l’est de
l’Afghanistan.
Les résultats de ces analyses feront l’objet de publications scientif iques et de
colloques, comme celui organisé conjointement à Naples les 16 et 17 septembre
2025 par lUniversita degli studi lOrientale de Naples lUniversita degli studi
La Sapienza de Rome et lUniversita degli studi de Bologne
Faux et faussaires
dans les antiquités chinoises
Contrairement à la collection afghane dont lauthenticité est avérée certains pans
de nos œuvres nécessitent une étude approfondie de leur matérialité afin
de distinguer les faux des pièces authentiques Ceci est particulièrement vrai dans
le domaine des antiquités chinoises et en particulier de la vaisselle de bronze
retrouvée en contexte funéraire Ces objets ont fasciné les collectionneurs et
Génie aux f leurs, Tapa Kalan, Hadda (Afghanistan), III
e
-IV
e
siècle, stuc MG17190.
© musée Guimet/RMN-GP, Paris/ Thierry Ollivier.