Scène de danse 

18ème-19ème siècle (Époque d'Edo)
126X236 cm
Papier, encre, pigments
Titre de l'alerte Œuvre non exposée actuellement

Ce paravent à quatre feuilles représente des couples de danseurs saisis dans le mouvement. Dans une composition pleine de rythme et de légèreté, d’admirables danseuses et danseurs en tenue traditionnelle évoluent avec grâce et élégance, un éventail à la main. 

Huit personnages, vêtus de kimonos aux couleurs éclatantes, sont réunis deux par deux sur chaque feuille. Leur disposition est pensée de façon à créer une continuité d’une feuille à l’autre sans jamais tomber dans la répétition. Les danseurs qui sont placés plus haut, en arrière-plan, sont saisis de face tandis que les quatre placés plus bas, les plus proches du spectateur, apparaissent de dos ou de trois-quarts.

La gestuelle est gracieuse, les corps se penchent et se tournent, créant une éblouissante chorégraphie visuelle. Les visages sont concentrés ou rieurs, les bras semblent onduler sous nos yeux, les manches des kimonos s’agitent et s’envolent, les jambes se soulèvent en rythme. En observant le paravent dans sa globalité, la nature de la danse se dévoile : il s’agit d’une ronde qui se déploie sur l’ensemble des quatre feuilles.

A la vivacité des mouvements, s’ajoute la beauté des vêtements, dont les tissus déploient de larges motifs variés obtenus selon différentes techniques. Le peintre montre également l’étendue de son savoir-faire dans le décor des éventails dépliés qui sont autant d’univers picturaux à eux seuls. Certains évoquent l’automne, avec une lune géante se levant derrière des lespédèzes ou un paysage au lavis survolé par d’oies sauvages ; d’autres suggèrent le début de l’année, avec des branches de prunus en fleurs ou encore un héron dont la blancheur rappelle la neige.

Ce type d’iconographie émerge dans la peinture au 17ème siècle, typique de ce qu’on appelle l’ukiyo ou « monde flottant », qui donne à voir un monde paisible où l’on s’amuse librement. On rencontre alors des scènes de danseurs dans différents contextes, en plein air lors d’une sortie, en ville à l’intérieur d’une résidence, ou sur une scène de théâtre.

Ce paravent de provenance prestigieuse a été acheté en 1892 par le fondateur du musée, Émile Guimet, auprès du grand marchand d’art japonais Hayashi Tadamasa.

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