Enceinte extérieure d’Angkor Vat

Photographies
1866-79
24 x 29.9 cm
Négatif sur verre au collodion
Enceinte extérieure d’Angkor Vat
Légende

Enceinte extérieure d’Angkor Vat, Cambodge, 1866–79 Émile Gsell

_en_alert_title Œuvre non exposée actuellement

Les innombrables photographies d’Angkor Vat prises par les touristes qui se pressent chaque année pour admirer les vestiges de l’architecture khmère, dans la province de Siem Reap au Cambodge, n’ont pas entamé la majesté de ce temple dédié à Vishnou et bâti au début du 12ème siècle à la demande du roi Suryavarman II. On imagine aisément l’émotion des premiers visiteurs européens au milieu du 19ème siècle, arrivés dans le contexte des velléités impériales françaises et britanniques, parmi lesquels se trouve le photographe alsacien Emile Gsell (1839–1879).

Probablement arrivé en Asie du Sud-Est à la fin des années 1850 dans le cadre de son service militaire, Gsell s’établit après sa décharge en 1865 comme photographe professionnel à Saigon, capitale de la Cochinchine française prise au Đại Nam sept ans auparavant (aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville, Vietnam). Il n’est pas le premier à y ouvrir un atelier photographique mais un talent certain et des liens privilégiés avec les officiers de marine aux commandes de l’administration coloniale lui assurent un succès commercial incontesté jusqu’à sa mort en 1879.

Aux racines de sa réussite, on trouve des photographies réalisées à Angkor Vat en juin 1866, quelques semaines seulement après celles de l’écossais John Thomson, alors qu’il accompagne la première étape de la mission d’exploration du Mékong (1866–68). Contrairement à Thomson, Gsell retourne plusieurs fois à Angkor au cours des années suivantes, établissant un portfolio conséquent dans lequel cette photographie porte le numéro 40.

Aidé par la beauté du site, Gsell réalise ici une composition d’un grand équilibre, associant la végétation environnante à l’architecture pour proposer une synthèse visuelle harmonieuse d’Angkor Vat. Les nombreuses contraintes de la photographie au collodion en climat tropical (matériel encombrant, lourd et fragile ; chimie capricieuse, sensible à la température et à l’humidité) augmentent encore les mérites de cette photographie, dont la richesse des demi-teintes indique une maîtrise totale du procédé. Les dégradations visibles de l’émulsion révèlent le parcours chaotique et malheureusement inconnu de cette plaque, découverte sur un terrain vague marseillais à la fin des années 1970 avec 120 autres négatifs du même auteur, acquis par la Société des Amis du Musée Guimet en 1997.

Don de la Société des Amis du Musée Guimet

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