La Bataille d'Ichi no Tani

Japon
17ème siècle (Époque d'Edo)
170X384 cm
Papier, encre, pigments, feuille d’or
Titre de l'alerte Œuvre non exposée actuellement

Une forteresse encerclée, une mer intérieure scintillante, des falaises abruptes et des combats héroïques minutieusement dessinés : chaque nuage d’or, chaque personnage peint de ce paravent raconte l’une des batailles décisives de l’histoire médiévale japonaise, au 12ème siècle, entre les clans Taira et Minamoto.

Au 17ème siècle, au Japon, on assiste à l’émergence de nombreux paravents représentant trois batailles qui se sont déroulées à la fin du 12ème siècle, lors des guerres dites de Genpei. Le paravent de la Bataille d’Ichi no Tani, conservé au musée Guimet, s’inscrit pleinement dans cette production inspirée du Dit des Heike, un grand récit épique fondateur de la littérature japonaise.

Instruments de prestige, ces peintures d’histoire étaient le résultat de commandes aux meilleurs artistes de l’époque, en particulier les peintres de l’école Kanô. Les paravents ainsi réalisés faisaient souvent partie des trousseaux de mariage des jeunes filles de la noblesse guerrière qui les transmettaient ensuite à leurs enfants. Ces objets participaient à la mise en scène d’un récit visuel à la gloire d’ancêtres rêvés et servaient également à légitimer le pouvoir de ceux qui les possédaient.

La bataille d’Ichi no Tani oppose deux clans guerriers reconnaissables à leurs bannières, rouges pour les Minamoto et blanches pour les Taira. La composition du paravent s’organise autour de la forteresse des Taira, dressée au pied d’une falaise dominant la mer Intérieure. Ce panorama retrace avec précision le déroulement de la bataille : les assauts des Minamoto contre la forteresse des Taira, les nombreux duels qui se déroulent sur le rivage, puis la débâcle des Taira prenant la fuite sur des bateaux. 

Parmi les nombreuses scènes représentées, dans la partie gauche du paravent, figure l’un des épisodes les plus célèbres et les plus émouvants : le duel opposant le vétéran samouraï Naozane du clan des Minamoto au jeune guerrier Atsumori du clan adverse. Ce passage important de la bataille a été adapté au théâtre nô. 

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