Le Grand Départ

Monde indien
2ème siècle
100 x 92 x 18 cm
Calcaire marmoréen
Le grand départ
Légende

Photo (C) RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) / Hervé Lewandowski

_en_alert_title Œuvre exposée actuellement au Musée Guimet - Iéna

Relevant de la première iconographie bouddhique dite "aniconique", cette plaque de revêtement de stupa illustre le Grand Départ du prince Siddhartha - qui deviendra ensuite le Bouddha historique Shakyamuni, fuyant, à la nuit tombée et en secret, le palais royal de Kapilavastu et la vie séculière, afin de rechercher la vérité et parvenir à l’Éveil.

La scène est dominée par la présence centrale de Kanthaka, le cheval du prince Siddhartha, dûment harnaché, mais sans cavalier. Afin de suggérer la présence virtuelle de Siddhartha chevauchant sa monture ont été figurés – à droite – un porteur de parasol (chattra), insigne de souveraineté et de dignité et – en partie haute – un porteur de chasse-mouches (dont la tête est brisée) et deux adorateurs, les mains jointes en un geste d’hommage. Devant le cheval marche l’écuyer du prince, Chandaka, vêtu de la courte tunique plissée propre à sa profession. Quatre génies ou yaksha, gardiens des portes et des villes, complètent la scène, qui soutiennent de leurs mains les sabots de Kanthaka, afin d’étouffer le bruit de sa course et de protéger la fuite du prince Siddhartha. Celui-ci, bénéficiant ainsi de l’aide des divinités, franchira sans encombre le palais et la ville endormis, dont les lourdes portes s’ouvriront sur son passage mues par le souffle des dieux.

On notera que les plaques de revêtement de stupa illustrant le Grand Départ adoptent presque toujours une disposition et une orientation analogues au relief du musée Guimet, le cheval Kanthaka étant généralement figuré de profil gauche et passant à gauche. Cette orientation semble dictée par la coutume indienne de la pradakshina, ou la circumambulation rituelle autour du stupa, édifice sacré conservant des reliques du Bouddha, effectuée par le fidèle dans le sens solaire et en tenant toujours le monument à sa droite. Ainsi, les épisodes figurés et ordonnés suivant le principe de la narration continue cher aux sculpteurs de l’Inde, se déroulent-ils dans le sens même de la marche du dévot, afin que ce dernier puisse en percevoir l’enchaînement logique ou chronologique.

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