Tube cong à sept étages

Chine
Vers 2500 avant J.-C., époque Néolithique, culture de Liangzhu
H. 19,5 cm
Jade
Image d'un cong, tube de section carrée creusé en cylindre
Légende

 

Photo (C) RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) / Thierry Ollivier

_en_alert_title Œuvre exposée actuellement au Musée Guimet - Place d'Iéna

Quantité de tubes cong en jade néphrite, accompagnés de disques bi, sont enterrés dans les grandes tombes réservées aux membres de hauts rangs dans la culture de Liangzhu (3200-2200 avant notre ère) en Chine du Sud-Est.

Le cong est un tube de section carrée creusé en cylindre. Au milieu de chacune des faces, est ménagée une surface plane en une bande verticale. Aux quatre angles, de part et d’autre de l’arête centrale, sont représentés des masques énigmatiques. Chaque masque se compose de trois bandes horizontales en léger relief : dans la partie supérieure deux registres évoquent une chevelure et une coiffe, et une bouche sur la bande inférieure. Des yeux à peine visibles sont dessinés par un cercle et abrités sous la coiffe. Cette représentation, très schématique ici, témoigne de l’évolution tardive de ce motif dans la culture néolithique de Liangzhu.

Sur l’une des faces est gravée un double cartouche rectangulaire surmonté d’un oiseau aux traits partiellement effacés et à l’intérieur duquel est tracé le dessin d’un oiseau aux ailes et à la queue déployées. Les chercheurs interprètent ce motif comme celui d’un autel de sacrifice, sur lequel est perché un oiseau, emblème totémique des peuples du bas Yangzi. En haut et en bas, au pourtour de la pièce, sont gravées quelques ébauches de signes. Ces motifs, extrêmement rares, sont néanmoins présents sur certains autres cong et bi de la même culture, et désignent ces pièces comme objets de culte, instruments de communication entre le prêtre-chaman et les êtres surnaturels.

Sous les Zhou de l’Est (à partir du 7ème siècle avant notre ère), la magie va s’effacer devant le rituel mis au service de l’État. Ainsi, il est écrit dans le Zhou Li (Les Rites des Zhou), texte postérieur de près de 2000 ans à la culture de Liangzhu, : "le maître des cérémonies religieuses rend hommage au ciel avec le bi vert, il rend hommage à la terre avec le cong jaune"

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