Le savoir mis en scène dans l’art coréen, livres et objets choisis

Que racontent les livres et les objets savamment disposés dans les intérieurs coréens ?

Comment éclairer les logiques de consommation des sociétés passées et présentes à travers l’accumulation, la mise en scène et l’exposition d’objets choisis ?

En dialogue, quatre spécialistes de l’art coréen éclairent une des grandes thématiques de l’exposition Le savoir en trompe-l’œil.

L’art coréen des chaekgeori - les baromètres du goût. Du 18e siècle à nos jours 

C’est un projet étonnant que d’imaginer des représentations de bibliothèques en trompe-l’œil basées sur la technique occidentale pour protéger la culture confucéenne coréenne. D’une volonté politique, naît un mouvement artistique qui s’inscrira dans l’espace et le temps jusqu’aux créations contemporaines. Ces peintures sont une méditation sur nos désirs à posséder, et reflètent qui nous sommes par leurs arrangements élégants.

avec Arnaud Bertrand, commissaire de l’exposition, ancien conservateur des collections Chine ancienne et Corée au musée Guimet, responsable de la recherche internationale à l’École des arts joailliers

 

Imaginaires, fictions et réalités dans les paravents coréens

Né de la fascination pour la culture des lettrés chinois, le genre pictural des chaekgeori constitue une mise en scène d’un univers idéal peuplé de livres et d’objets précieux venus de Chine. Il se "coréanise" ensuite en intégrant des meubles, des objets du quotidien et des pratiques de lecture propres à la société du Joseon. Parallèlement, la simplification des formes, les compositions géométriques et les jeux de perspective inversée lui confèrent une modernité, parfois proche de l’abstraction.

avec Okyang Chae-Duporge, maîtresse de conférences au département d’Etudes coréennes à l’Université Bordeaux Montaigne

 

Le goût des sciences exactes dans les paravents coréens

Parmi la multitude d’objets qui peuplent les chaekgeori, l’horloge et la montre sont des motifs récurrents. Sur les étagères des bibliothèques, peintes en trompe-l’œil, ils sont parmi les témoignages du goût des sciences exactes et des traités scientifiques en Corée. De nombreux facteurs historiques permettent de comprendre comment cet intérêt s’est développé.

avec Delphine Bourgouin, agrégée de mathématiques, diplômée en Histoire de l’art à Sorbonne Université, Paris

 

Fascination et méfiance : la circulation des savoirs entre la Chine et la Corée à travers les missions diplomatiques  

La Chine et la Corée entretinrent des liens étroits mais ambivalents aux 17e-19e siècles. Leurs échanges prirent notamment la forme d’ambassades, vecteurs d’influences artistiques, dont l’introduction du trompe-l’œil en Corée. Ces relations illustrent la richesse et la complexité des interactions entre les deux États, mais aussi avec l’Europe.

avec Pierre-Emmanuel Roux, maître de conférences à l’Université de Paris Cité, chercheur à l’Ecole française d’Extrême-Orient, Paris

 

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