Les 26 et 27 janvier 2026, Guimet - musée national des arts asiatiques a accueilli le colloque Communiquer avec les dieux, consacré aux formes de médiation entre les humains et les divinités à travers les objets rituels. Cet événement était coordonné par Corinne Debaine-Francfort (CNRS, ArScAn), Adeline Herrou (CNRS, Lesc) et Claire Vidal (Université Lyon 2, IAO) dans le cadre du projet Ganying, avec la Villa Guimet.
Pendant deux jours, près d’une centaine de participants se sont interrogés sur les façons « d’entrer en résonnance avec les dieux » à partir des objets rituels servant de support à cette communication, et de leurs usages contemporains au regard des pratiques religieuses passées.
Souvent étudiée de manière monodisciplinaire, la complexité du panthéon chinois, caractérisé par une grande diversité d’entités et de pratiques, a été abordée dans une perspective résolument transversale. Les communications ont ainsi mobilisé des approches historiques, archéologiques, ethnologiques et muséologiques afin d’interroger ce qui définit un objet rituel : sa forme, les matériaux qui le composent, les techniques de fabrication qui lui confèrent sens et efficacité, mais aussi les gestes et les usages qui permettent son « activation ».
Ces journées ont également été l’occasion de présenter certaines ressources du musée. Arnaud Bertrand, conservateur en charge des collections Chine et Corée, a présenté la galerie consacrée à la Chine ancienne, tandis que Cristina Crameroti, conservatrice de la bibliothèque, a présenté aux participants le riche fonds du musée Guimet à travers plusieurs textes religieux, parmi lesquels le Sutra du Lotus et le Sutra du Diamant, ainsi que des recueils de dharaṇi, des textes taoïstes et des ouvrages consacrés aux talismans.
Le colloque a attiré un large éventail de spécialistes, travaillant non seulement sur la Chine mais aussi sur d’autres aires culturelles d’Asie orientale et himalayenne, notamment le Japon, la Corée, le Népal et le Vietnam.
Ces deux journées ont ainsi contribué à renouveler les regards sur les objets rituels, au croisement de la recherche scientifique et des collections muséales et offert un espace de réflexion sur la place des objets dans les pratiques religieuses asiatiques et sur la manière dont ils permettent de rendre présentes — et agissantes — les divinités.