Projections des films primés par le jury international du 32e Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul, le plus important et le plus ancien des festivals de cinéma asiatique d’auteur en Europe.
La Société des Amis du musée Guimet (SAMG) s’est à nouveau associée au Festival de Vesoul pour remettre deux prix couronnant la qualité des films présentés : le « Prix des Amis d'Emile Guimet » ainsi qu’un « Prix coup de cœur des Amis du musée Guimet ».
Mercredi 4 mars à 20h Li Chevalier, encre et âme
de Bernard Louargant (France - Chine)
Durée : 47 min - VF.
Prix du public Documentaire
Projection en présence du réalisateur et de Li Chevalier, temps d’échange avec le public à l’issue du film.
Née à Pékin en 1961, Li Chevalier est une artiste plasticienne franco-chinoise au parcours singulier et à l'œuvre intense puisant son inspiration dans les cultures d'Asie et d'Europe. Utilisant l'encre de Chine, l'eau et le sable, elle compose sur sa toile un mélange subtil qui laisse une place importante au hasard, à l'imprévu. En associant la plastique orientale à la tradition humaniste occidentale, l’artiste a ouvert un nouveau champ d’explorations esthétiques et sensorielles toujours à la recherche de la beauté perdue.
Jeudi 5 mars à 20h Full Plate
de Tannishtha Chatterjee (Inde)
Durée : 1h49 min - VOSTFR
Prix du Public Fiction et Coup de Cœur des Amis d’Émile Guimet
Amreen a été femme au foyer pendant 18 ans, jusqu’à ce qu’un accident improbable durant Holi (la fête indienne des couleurs) ne laisse son mari, Imtiaz, handicapé à vie. Contrainte de subvenir aux besoins du foyer et d’assurer l’éducation de leurs trois enfants, Amreen doit désormais travailler. Sa voisine, Sarita, cuisinière dans plusieurs foyers, cherche quelqu’un pour la remplacer durant les deux mois où elle sera absente. Malgré l’opposition de son mari qui refuse de la voir travailler à l’extérieur, Amreen saisit l’occasion. Cependant, son identité musulmane et le fait qu’elle porte le voile constituent un obstacle majeur à son embauche, la plupart des foyers où elle pourrait travailler étant hindous. Une famille, Parul et Vinod, fait exception : ouverte d’esprit, elle privilégie une cuisine saine à toute considération religieuse. Sa seule exigence est le respect d’un régime strictement végan, un univers dans lequel Amreen n’a aucun repère. Full Plate retrace alors les difficultés d’Amreen, partagée entre les exigences de son nouvel emploi et les responsabilités qu’elle continue d’assumer à la maison.
Vendredi 6 Mars à 20h Kurak
de Erke Dzhumakmatova et Emil Atageldiev (Kirghizistan)
Durée : 1h29 min - VOSTFR
Grand Prix, Prix de la Critique et Prix du Jury Lycéen
Une jeune femme, travaillant secrètement comme camgirl, devient la cible de chantage de la part d'un officier des forces de l'ordre corrompu. Terrifiée par l'idée d'une exposition publique, elle est contrainte d'entamer une relation intime avec lui. Une mère, dont la fille de 18 ans s’est suicidée après avoir été droguée et violée et dont les images de ces violences ont été diffusées en ligne, cherche désespérément à obtenir justice, mais se heurte à une enquête défaillante. Ces destins sont tissés avec celui de Jamila, journaliste TV de premier plan, célèbre pour son soutien à l'égalité des sexes mais aussi la maîtresse d'un homme politique influent. Kurak est un réquisitoire acerbe contre le milieu patriarcal et la mentalité qui perpétuent la violence contre les femmes.
Samedi 7 Mars à 20h Riverstone
de Lalith Rathnayake (Sri Lanka)
Durée : 2h - VOSTF
Cyclo d’or, Prix des Amis d’Émile Guimet et Mention spéciale de la Critique
Dans les paysages montagneux de la chaîne des Knuckles au Sri Lanka, un convoi de police de trois officiers est chargé d'escorter un jeune prisonnier jusqu'à son village dans la région de Riverstone. La destination est sombre : l'objectif tacite de la mission est l'exécution extrajudiciaire du suspect. Au fil de ce voyage, la tension monte non pas entre les policiers et le prisonnier, mais à l'intérieur du convoi. Les trois officiers, malgré leur mission commune, sont distraits par leurs propres dilemmes moraux, leurs angoisses personnelles et leurs motivations secrètes. Le jeune prisonnier devient, de manière ironique, un miroir de l'hypocrisie et de la moralité chancelante de ses geôliers. « Dans notre pays, il est très courant que l’État, qui devrait faire respecter l’état de droit, le bafoue au contraire. Le peuple est resté silencieux face à ces meurtres pendant longtemps. » Lalith Rathnayake