D’octobre 2018 à février 2019, le comité de sélection interne au musée et associant agents d’accueil et de surveillance, administratifs, personnel de la librairie, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes s’est réuni et a finalement arrêté la sélection suivante :

Pour sa troisième édition, le prix Émile Guimet de littérature asiatique a le plaisir d’offrir la présidence du jury à Adrien Goetz, membre de l’Institut, historien de l’art et romancier. A ses côtés participent également à élire le troisième lauréat du prix :

Sophie Makariou, présidente du MNAAG
Brigitte Nicolas, Conservateur en chef du patrimoine, conservateur du musée de la Compagnie des Indes à Lorient
Pierre Singaravélou, historien français spécialiste des empires coloniaux et de la mondialisation
Isabelle de Vendeuvre, maître de conférence à l’ENS
Jeong Eun-jin, maître de conférences en langue et littérature coréennes
Nina Martinet, libraire à ICI librairie

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Encouragez donc les garçons, Eun Hee-kyung, Corée du Sud, L’atelier des cahiers, traduit du coréen par Hélène Lebrun et Yun Yennie

Yeonwu vit seul avec sa mère depuis le divorce de ses parents. Après leur déménagement, il fait la connaissance de Taesu, futur camarade de classe. La musique qui s’échappe du casque de ce dernier, son cœur qui bat sur ce rythme, c’est le début de tout. Nouvelle amitié, rencontre avec Chaeyeong, fille craintive, premiers émois, premier amour, séparation forcée, retrouvailles… De l’été à l’hiver, puis de l’hiver au printemps…
À travers ce roman d’apprentissage dans l’hyper-modernité sud-coréenne, l’auteure dresse un portrait sans complaisance de la génération des parents des protagonistes, dont certains ont rompu avec les traditions familiales et d’autres  se satisfont de leur rôle social, tandis que leurs enfants, n’ayant plus de repères solides, sont à la recherche d’eux-mêmes.

La somme de nos folies, Shih-li Kow, Malaisie, Zulma, traduit de l’anglais par Frédéric Grellier

Il arrive rarement qu’un déluge fasse de l’ombre à une éclipse solaire. Il n’empêche, cette année-là, par un curieux concours de circonstances, Beevi, vieille dame fantasque, volontiers revêche, terriblement attachante, hérite d’une grande demeure et adopte Mary Anne, débarquée de son orphelinat. Aidée de Mary Anne et de l’extravagante Miss Boonsidik, Beevi reconvertit la bâtisse – quatre tourelles, dix toilettes, des bibelots à foison et un jardin extraordinaire – en bed & breakfast pour touristes égarés…
La Somme de nos folies est la chronique absolument tendre, libre, drôle, profonde, incisive, d’un petit monde presque sans histoire quelque part en Malaisie, aujourd’hui. Une somme de folies très humaines, comme un concentré de vie, dans ce qu’elle offre de plus lumineux.

L’incessant bavardage des démons, Ashok Ferrey, Sri Lanka, Mercure de France, traduit de l’anglais par Alice Seelow

« Il faisait froid et humide dans la chapelle de Christ Church College et le Diable frissonnait discrètement sur son banc, caché derrière une grosse colonne romane.
Parmi les fidèles, le Diable entend alors un étudiant asiatique parler de sa ville natale, Kandy, au Sri Lanka, où «il fait vingt-sept degrés à l’ombre, toute l’année…»
Il décide aussitôt d’y suivre le jeune Sonny, qui rentre chez lui pour présenter à sa famille la ravissante italo-américaine dont il est épris. Ce dernier, entre son insupportable mère qui avait d’autres projets pour lui, une ex-amoureuse bien décidée à le reprendre dans ses filets, son impétueuse épouse et les interventions du Diable, résolu à pourrir la vie de tout le monde, va avoir fort à faire – au milieu de problèmes bien réels et d’autres qui le sont nettement moins…

Portée-la-Lumière, Jia Pingwa, Chine, Stock, traduit du mandarin par Geneviève Imbot-Bichet

Entouré par les monts Qinling, dans la province du Shaanxi, se trouve le Bourg-des-Cerisiers. Portée-la-Lumière, jeune femme aussi ravissante que brillante, vient d’y être nommée responsable de l’administration. Assistée de la fidèle Zhuzi, elle doit veiller à l’ordre et à l’« harmonie » sociale et répondre aux multiples doléances des villageois, qu’il s’agisse d’une infestation de poux ou de la construction d’une nouvelle usine supposée apporter la prospérité économique. Mais le cœur tendre de Portée-la-Lumière pourrait bien la conduire à sa perte.
Dans ce roman colossal, Jia Pingwa peint un saisissant tableau de la Chine rurale, du petit peuple des campagnes et des nombreuses tensions et contradictions qui fissurent le vernis de la fameuse « harmonie » censée régner dans le pays.

Une forêt de laine et d’acier, Natsu Miyashita, Japon, Stock, traduit du japonais par Mathilde Tamae-Bouhon

« Un parfum de forêt, à l’automne, à la tombée de la nuit. Le vent qui berçait les arbres faisait bruisser les feuilles. Un parfum de forêt, à l’heure précise où le soleil se couche. À ceci près qu’il n’y avait pas la moindre forêt alentour. Devant mes yeux se dressait un grand piano noir. Pas de doute possible : c’était bien un piano, laqué et imposant, au couvercle ouvert. À côté se tenait un homme. Il m’adressa un regard furtif, sans un mot, avant d’enfoncer une touche du clavier. De la forêt dissimulée dans les entrailles de l’instrument s’élevèrent une nouvelle fois ces effluves de vent dans les feuilles. La soirée s’assombrit un peu plus. J’avais dix-sept ans. »

Le gagnant sera dévoilé début mai !