D’octobre 2017 à mars 2018, le comité de sélection interne au musée associant agents d’accueil et de surveillance, administratifs, conservateurs, personnel de la librairie, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes a lu, partagé, débattu, s’est réuni et a finalement arrêté une liste de six ouvrages transmise à un jury. Rendez-vous début juin pour l’annonce du gagnant !

Pour sa seconde édition, le prix Émile Guimet de littérature asiatique a le plaisir d’offrir la présidence du jury à Brigitte Lefèvre, directrice artistique du Festival de Danse de Cannes, présidente de l’Orchestre de chambre de Paris et ancienne directrice du ballet de la danse de l’Opéra de Paris. A ses côtés participent également à élire le second lauréat du prix :

Sophie Makariou, présidente du MNAAG
Florence Evin, journaliste
Alexandre Kazerouni, chercheur à l’Ecole Normale Supérieure
Dominique Schneidre, auteur
Florine Maréchal, librairie à la librairie Le Phénix
Emmanuel Lincot, docteur en histoire et sémiologie de l’image, spécialiste de la culture chinoise contemporaine, professeur à l’Institut Catholique de Paris

Le jury avait la responsabilité de désigner un gagnant parmi les six livres suivants :

Au soleil couchant, Hwang Sok-yong, Corée du Sud, Picquier éditeur, traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet

Au soir de sa vie, un homme se demande s’il n’est pas passé à côté de l’essentiel. Park Minwoo, directeur d’une grande agence d’architecture a la satisfaction d’avoir réussi sa vie et contribué efficacement à la modernisation et l’urbanisation du pays. Né dans une famille pauvre vivant dans un quartier misérable de Séoul, il s’est, grâce à ses talents, arraché à son milieu. L’homme célèbre et sûr de lui qu’il est devenu reçoit un jour un message d’une amie d’enfance qui l’a aimé. Les souvenirs du passé ressurgissent, l’occasion pour lui de s’interroger sur son métier, sur la corruption qui règne dans le milieu de la construction immobilière, sur sa responsabilité dans l’enlaidissement du paysage urbain, sur la violence faite aux expropriés.

 

Le jeu du chat et de la souris, A Yi, Chine, Stock éditeur, traduit du chinois par Mélie Chen

« J’étais l’ange de la mort, j’avais un pouvoir illimité, je pouvais décider de la vie et de la mort de ces passants, et eux, eux qui pensaient que le monde suivait son cours, ne comprendraient pas cette chose absurde et désespérante qui leur arriverait. »

Par une journée ordinaire, dans une petite ville de la Chine provinciale, un adolescent tue de trente-sept coups de couteau sa camarade de classe. Il a méticuleusement préparé son geste, planifié sa fuite, organisé sa défense. Mais pour quelle raison ?

 

Le magicien sur la passerelle, Wu Ming-yi, Taïwan, L’Asiathèque, traduit du mandarin par Gwennaël Gaffric

Sur la passerelle reliant le bâtiment « Ai » et le bâtiment « Hsin » du grand marché de Chunghua, à Taipei, un magicien exerce son art. Le narrateur, qui a une dizaine d’années à cette époque-là, tient un stand de semelles en face de l’illusionniste. Comme ses camarades, il est fasciné par ses tours, dont certains dépassent la mystification habile du prestidigitateur et semblent mener à de mystérieux mondes parallèles. Devenu adulte et toujours hanté par ce troublant personnage, il interroge ceux de sa génération qui ont pu avoir naguère des contacts avec lui. L’évocation du souvenir du magicien donne lieu à une mosaïque de récits, rêves et angoisses existentielles des jeunes Taïwanais.

 

Le Prisonnier, Omar Shahid Amid, Pakistan, traduit de l’anglais par Laurent Barucq

Un soir de décembre, un journaliste américain est enlevé à Karachi. Ses geôliers ont l’intention de filmer son exécution puis de diffuser la vidéo le soir de Noël. Allié des États-Unis, le gouvernement pakistanais est en mauvaise posture. La course contre la montre est lancée. Seuls deux hommes peuvent la remporter : le commissaire D’Souza, chrétien placardisé devenu directeur de prison, et son acolyte d’autrefois, Akbar, un ancien policier détenu à la suite d’une affaire qui a mal tourné. Au cœur d’une société encrassée par la corruption, entre djihadistes et dignitaires véreux, prostituées au grand cœur et politiciens assoiffés de sang, le duo de choc reforme équipe. Et tente de venger les injustices du passé.

 

La colère de Kurathi Amman, Meena Kandasamy, Inde, Plon éditeur, traduit de l’anglais par Carine Chichereau

 » Tu veux que je comprime la tragédie au format Twitter ? Comment peut-on se glisser ainsi au cœur des ténèbres ?  »
Comment transformer un drame en fiction ? Pourquoi écrire sur une tuerie qui a eu lieu il y a plus de quarante ans en Inde et sur ses quarante-quatre victimes oubliées par l’histoire ? À travers les voix aussi diverses que celles des intouchables ou des propriétaires terriens, l’auteur décrit ce massacre, se plaçant sous le patronage de l’irascible déesse Kurathi Amman. Au-delà de l’émotion et de la colère provoquées par ces faits, l’auteur pose la question de la fiction et de ses limites en n’hésitant pas à malmener son lecteur.

 

Les mensonges de la mer, Nashiki Kaho, Japon, Picquier éditeur, traduit du japonais par Corinne Quentin

Sur une île montagneuse au sud du Kyûshû, à la fin des années 1930, un jeune chercheur en géographie humaine entreprend une étude sur les traditions et les croyances locales tombées dans l’oubli. La violence qu’il perçoit dans la destruction des monuments fait écho à la violence des deuils qu’il connaît dans sa propre vie. Cinquante ans plus tard, Akino revient sur la même île alors qu’un grandiose projet de développement touristique menace d’effacer les dernières traces de son antique histoire. Il s’engage alors dans une réflexion sur le temps, les modes de représentation du monde, de la vie, de la mort, forgés par la culture spirituelle japonaise.