Cette exposition présente des œuvres de nature à heurter la sensibilité d’un public jeune ou non averti

Exposition au Musée national des arts asiatiques - Guimet
du 13 Avril au 5 Septembre 2016

Une histoire singulière à l’encre de Chine (Bokuju Kitan) (Marvelous Tales of Black Ink, Bokuju Kitan) , 2007, encre traditionnelle (sumi) sur photographie noir et blanc, H. 101,6 cm ; L. 152,4 cm, The RBS Collection
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Musée Guimet - Araki

Une histoire singulière à l’encre de Chine (Bokuju Kitan) (Marvelous Tales of Black Ink, Bokuju Kitan), 2007, The RBS Collection
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Fête des anges : scènes de sexe (Feast of Angels : Sex Scenes) 1992 impression ultérieure directe RP H. 45,4 cm ; L. 60,1 cm Taka Ishii Gallery, inv. NA-PH_AbA_014 cm
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Musée Guimet - Araki

Fête des anges : scènes de sexe (Feast of Angels : Sex Scenes) 1992 impression ultérieure directe RP
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Voyage à Tokyo (Tokyo Story) 1989 épreuve argentique, noir et blanc H. 50 cm ; L ; 60 cm kamel mennour, Paris,
inv. NA166 © Nobuyoshi Araki / Courtesy kamel mennour, Paris

Musée Guimet - Araki

Voyage à Tokyo (Tokyo Story) 1989 épreuve argentique, noir et blanc
inv. NA166 © Nobuyoshi Araki / Courtesy kamel mennour, Paris

Musée Guimet - Araki
ARAKI
13 Avril - 5 Septembre 2016

Figure incontournable de la photographie contemporaine japonaise, Nobuyoshi Araki est connu mondialement pour ses photographies de femmes ligotées selon les règles ancestrales du Kinbaku - l’art du bondage japonais -, pratique qui puise ses origines au XVe siècle. Cette exposition retrace cinquante années de son travail en plus de 400 photographies et compte parmi les plus importantes consacrées à Araki en France. Un choix très important sera extrait des milliers de photographies que l’artiste a réalisées de 1965 à 2016, depuis l’une de ses séries les plus anciennes intitulée Théâtre de l’amour en 1965 jusqu’à des oeuvres inédites, dont sa dernière création de 2015 réalisée spécifiquement pour le musée sous le titre Tokyo-Tombeau. Après une première découverte de la presque totalité des livres conçus par Araki suivie d’une introduction aux grandes thématiques de son oeuvre – les fleurs, la photographie comme récit autobiographique, sa relation avec son épouse Yoko, l’érotisme, le désir, mais aussi l’évocation de la mort -, l’exposition évoquera son studio, laboratoire d’idées. Véritable journal intime d’un grand plasticien de la photographie pour qui « photographier est avant tout une façon d’exister », l’exposition se déploiera selon un parcours thématique, depuis les séries consacrées aux fleurs, la scène de Tokyo, ou encore le Voyage sentimental, illustration de son voyage de noce en 1971, suivie du Voyage en hiver en 1990, année du décès de son épouse.

À mi-parcours de l’exposition, le visiteur s’introduit dans l’atelier d’Araki et découvre la démesure de sa production photographique, mise en regard d’oeuvres issues des collections du MNAAG : estampes, photographies et livres anciens, illustrant les liens que l’artiste a entretenus avec la permanence d’une inspiration japonaise. Empreint de poésie et de recherche plastique, l’oeuvre d’Araki repose également sur une expérimentation incessante. Ainsi les codes et stéréotypes du médium sont revisités par l’artiste qui intervient sur ses propres négatifs ou recouvre parfois ses images de calligraphies ou de peinture, dans un geste audacieux, souvent teinté d’humour. Conçue à partir d’oeuvres provenant de collections privées et publiques (Tokyo, New York, Paris…), complétée des archives de l’artiste, cette exposition donnera à voir et à comprendre l’enracinement de l’art d’Araki dans la culture traditionnelle japonaise.


Présidente du MNAAG
Sophie Makariou

Commissariat
Jérôme Neutres et Jérôme Ghesquière

ARAKI
13 April - 5 September 2016

A major figure in contemporary Japanese photography, Nobuyoshi Araki is known worldwide for his photographs of women bound according to the ancestral rules of Kinbaku – the Japanese art of bondage – a practice going back to the 15th century. This exhibition retraces fifty years of his work in over 400 photographs and is one of the most important ever devoted to Araki in France. This highly significant selection, drawn from thousands of photographs the artist took between 1965 and 2016, ranges from one of the oldest series titled Theatre of love in 1965 up to hitherto unpublished works, including his latest creation in 2015, specially produced for the museum and titled Tokyo-Tombeau. Starting from the discovery of almost all the books Araki ever made, followed by an introduction to the main themes of his work – flowers, photography as autobiography, his relation with his wife Yoko, eroticism, desire, but also the evocation of death – the exhibition unfolds thematically, from the series devoted to flowers, the Tokyo scene, or again the Sentimental Journey illustrating his honeymoon trip in 1971, followed by the Winter Journey in 1990, the year of his wife’s death.

Midway through the exhibition visitors are led into Araki’s studio where they discover the extent of his photographic production, confronted with works from the MNAAG collections: prints, old photographs and books, illustrating the artist’s relations with the permanence of his Japanese inspiration. Steeped in poetry and formal research, Araki’s work is also backed up by endless experiments. The medium’s codes and stereotypes are revisited by the artist who manipulates his own negatives or occasionally covers his images with calligraphy or painting, in a bold gesture, often with a dash of humour. Planned with works held in private and public collections (Tokyo, New York, Paris…), completed with the artist’s archives, this exhibition helps to see and understand that Araki’s art is rooted in traditional Japanese culture.


President of MNAAG
Sophie Makariou

Curators
Jérôme Neutres and Jérôme Ghesquière







Voyage d’hiver 6 (Winter Journey 6),1989 (27/12/89) épreuve gélatino-argentique, H. 35,4 cm  L. 43,2 cm, collection de la Maison Européenne de la Photographie, Paris. Don de la société Dai Nippon Printing Co. Ltd, Japon, inv. MEP 1995.142 © Nobuyoshi Araki

Musée Guimet - Araki

Voyage d’hiver 6 (Winter Journey 6),1989 (27/12/89) épreuve gélatino-argentique
Don de la société Dai Nippon Printing Co. Ltd, Japon,
inv. MEP 1995.142 © Nobuyoshi Araki

Photo © Sophie Lawani / MNAAG

Musée Guimet - Araki

Photo © Sophie Lawani / MNAAG

Photo © Sophie Lawani / MNAAG

Musée Guimet - Araki

Photo © Sophie Lawani / MNAAG

Photo © Sophie Lawani / MNAAG

Musée Guimet - Araki

Photo © Sophie Lawani / MNAAG

Photo © Sophie Lawani / MNAAG

Musée Guimet - Araki

Photo © Sophie Lawani / MNAAG

Kinbaku (Bondage), 1979,
épreuve gélatino-argentique ultérieure, H. 42,7 cm; L. 53,2 cm, Taka Ishii Gallery, inv. NA-PH_AbA_036
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Musée Guimet - Araki

Kinbaku (Bondage), 1979, épreuve gélatino-argentique ultérieure
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Sans Titre, épreuve Cibachrome, H. 60 cm ; L. 90 cm, Kamel Mennour, Paris, inv. NA249
© Nobuyoshi Araki

Musée Guimet - Araki

Sans Titre, épreuve Cibachrome, H. 60 cm ; L. 90 cm, Kamel Mennour, Paris, inv. NA249
© Nobuyoshi Araki

Imparfait-Futur (past tense-Future) , 1979-2011/2012 épreuve gélatino-argentique , H. 27 cm; L. 40,6 cm, Taka Ishii Gallery, inv. NA-PtF_39
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Musée Guimet - Araki

Imparfait-Futur (past tense-Future) 1979-2011/2012 épreuve gélatino-argentique
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Nobuyoshi Araki

Nobuyoshi Araki est né à Tokyo en 1940. Il étudie la photographie et la mise en scène de cinéma au département d’ingénierie de l’université de Chiba dont il est diplômé en 1963. Il travaille ensuite pendant neuf ans pour l’agence de publicité Dentsu où il rencontre en 1968 Yoko Aoki, qu’il épouse en 1971. Avant Théâtre de l’amour (1965), la plus ancienne série présentée dans l’exposition, il réalise Satchin (1963), distinguée par le Taiyo Award, qui rassemble les portraits d’enfants de Shitamachi, le quartier de Tokyo où il a passé son enfance et qu’il quitte en 1977. Araki documente ainsi tous les instants de sa vie qu’il rassemble régulièrement en « journal intime », un genre nouveau en photographie, qui ouvrit la voie à des artistes comme Sophie Calle et Nan Goldin. Parmi les nombreuses séries de photographies qui ont contribué à la notoriété internationale d’Araki, figurent notamment Voyage sentimental (1971), qui retrace son voyage de noce, suivi de Voyage d’hiver (1990), qui fixe au jour le jour l’agonie de Yoko jusqu’à sa mort ; les séries de fleurs organiques, et, bien sûr, les célèbres images de kinbaku, l’art japonais du ligotage. Au cours d’une carrière particulièrement prolifique, Araki a publié plus de 500 livres de photographies. C’est la première rétrospective qui lui est consacrée par un musée en France.

Nobuyoshi Araki was born in Tokyo in 1940. He studied in the Department of Engineering at Chiba University with a focus on photography and film, graduating in 1963. He then worked nine years for the advertising firm Dentsu, where in 1968 he met Yoko Aoki whom he married in 1971. Before Theater of Love (1965), the earliest series shown in this exhibition, he produced Satchin (1963) that won the Taiyo Award, an ensemble of portraits of children of Shitamachi, the district in Tokyo where he grew up and that he left in 1977. Araki documents all the moments of his life and then assembles them in a « Private Diary », a new photographic genre, that showed the way to artists like Sophie Calle and Nan Goldin. The many series of photographs that contributed to Araki’s worldwide fame include in particular Sentimental Journey (1971), that documents his honeymoon trip, followed by Winter Journey (1990), that day after day records Yoko’s sickness up to her death; the suite focused on flowers’ reproductive organs //orgasmic flowers// and, of course, the famous images of kinbaku, the Japanese bondage art. During his extremely prolific career, Araki published over 500 books of photographs. This is the first retrospective that a museum in France has devoted to him.






Voyage sentimental (Sentimental Journey), 1971, épreuve gélatino-argentique, H. 35,4 cm ; L. 43,2 cm, collection de la Maison Européenne de la Photographie, Paris. Don de la société Dai Nippon Printing Co. Ltd, Japon, inv. MEP 1995.126
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Musée Guimet - Araki

Voyage sentimental (Sentimental Journey ), 1971, épreuve gélatino-argentique
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery




Imparfait – Futur (Past tense – Future), 1979-2011/2012, épreuve gélatino-argentique, H. 27 cm ; L. 40,6 cm, Taka Ishii Gallery, inv. NA-PtF_04
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Musée Guimet - Araki

Imparfait – Futur (Past tense – Future), 1979-2011/2012, épreuve gélatino-argentique
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Les thématiques du parcours de l'exposition "Araki"
1.
BIBLIOTHÈQUE

Prolifique liste de livres et d'ouvrages consacrés à Araki et à ses oeuvres.

2.
FLEURS

En 1973, Araki fait ses premières photographies de fleurs à l’occasion d’Ohigan, fête bouddhiste japonaise célébrée aux équinoxes de printemps et d’automne. Ses bouquets fanés, pris en noir et blanc sur fond blanc, évoquent la vie qui se retire, l’agonie des fleurs présentées aux ancêtres pour leurs parfums ; leurs couleurs ou leurs formes expriment le passage de la vie à la mort. À l’inverse, les plans rapprochés de fleurs en couleur, en grand format, sont une ode à l’érotisme, aux organes génitaux, à la magie de leur union et exaltent la vie. Le cadrage resserré plonge notre regard au cœur du sujet afin d’en faire ressortir le moindre reflet de lumière sur la matière lisse, brillante et parfois humide des pétales, ou celle, visqueuse, de la fleur gorgée de sève juste avant qu’elle ne décline. La sophistication des pellicules de prises de vues et la subtilité des supports de tirage subliment le sujet en un récital de couleurs et de formes.

In 1973 Araki took his first photographs of flowers on the occasion of Ohigan, a Japanese Buddhist festival celebrated during the spring and autumn equinoxes. His wilted bouquets, shot in black and white on a white ground, evoke the waning of life. The death throes of the flowers offered to the ancestors for their fragrances, their colours or their forms express the transition from life to death. Conversely, the large-format colour close-ups of flowers are a hymn to eroticism, genitalia, the magic of their union, and glorify life. The close-up framing plunges our eye into the depths of the subject in order to bring out the slightest reflection of light on the smooth, glowing and occasionally moist material of the petals or the more viscous one of the sap-filled flower just before it wilts. The sophistication of the films used for the shots and the subtlety of the print media sublimate the subject into a tale of colours and forms.

Fleurs (Flowers), 1985 / 2008, impression numérique, H. 153,7 cm ; L. 101,6 cm, collection privée, New York
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Musée Guimet - Araki

Fleurs (Flowers), 1985 / 2008, impression numérique
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery




3.
Voyage sentimental (Sentimental Journey), 1971, épreuve gélatino-argentique, H. 35,4 cm ; L. 43,2 cm, collection de la Maison Européenne de la Photographie, Paris.Don de la société Dai Nippon Printing Co. Ltd, Japon, inv. MEP 1995.126
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery
Musée Guimet - Araki

Voyage sentimental (Sentimental Journey ), 1971, épreuve gélatino-argentique
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

VOYAGE SENTIMENTAL / VOYAGE D'HIVER

« La photographie, c’est la vie. Et la vie est un voyage sentimental », aime dire Araki. De cette idée vient le titre de sa plus célèbre série d’images, Voyage sentimental (1971), récit fondateur de son œuvre, roman-photo de sa lune de miel avec le grand amour de sa vie, son épouse Yoko. Ce voyage initiatique, dans l’intimité d’un jeune couple, constitue la base de tout son œuvre érotique. La passion amoureuse d’Araki et Yoko est brisée tragiquement en 1990, par la mort de la jeune femme. Araki poursuit le voyage photographique de leur histoire d’amour en photographiant l’agonie puis la dépouille et les funérailles de sa femme dans un second volet de leur roman privé, Voyage d’hiver (1990). Comment le désir et la mort ne pouvaient-ils pas dès lors planer sur toute la photographie d’Araki, construite sur une telle passion ? « L’érotisme est l’approbation de la vie jusque dans la mort », écrit Georges Bataille. Ces séries consacrées à Yoko sont le prélude indispensable à une lecture plus juste et plus profonde de l’érotisme d’Araki.


“Photography is life. And life is a sentimental journey”, Araki is fond of saying. This notion led to the title of his most famous series of images, Sentimental Journey (1971), a founding narration of his work, a photo romance of his honeymoon with the great love of his life, his wife Yoko. This initiatory journey into the intimacy of a young couple is the base of all his erotic work. Araki and Yoko’s passion was tragically shattered in 1990 by the young woman’s death. In a second chapter of their private voyage, Winter Journey (1990), Araki pursued the journey of their love story by photographing his wife’s death throes, and then her remains and funeral. Indeed from then on how could desire and death not loom over all of Araki’s photography, built upon such a passion? “Eroticism is the affirmation of life, even in death”, Georges Bataille wrote. These series devoted to Yoko are the indispensable prelude to a truer and more profound interpretation of Araki’s eroticism.

4.
KINBAKU

Araki a multiplié au cours de sa carrière les photographies de femmes ligotées, ce jeu de sexe et de cordes étant même devenu souvent sa signature stylistique. Au Japon, le kinbaku, ligotage érotique, a sa source dans le hojôjutsu, un art martial ancestral dont on se servait pour attacher les mains des prisonniers par des liages très savants. Araki détourne ces traditions pour en faire un jeu artistique. Pas de trace de souffrance sur les visages des femmes ligotées d’Araki, et pas plus d’extase. Metteur en scène, Araki crée par le ligotage une suspension du geste, sorte d’arrêt sur image avant même l’acte de photographier, un peu à la manière du théâtre Kabuki, longs arrêts dans le mouvement d’un geste pour en souligner l’intensité et la beauté (miiye). « La photographie, elle aussi, ligote les gens et les met dans une boîte… La photo prend sa source dans le kinbaku, dans l’acte de ficeler des choses et des événements » dit Araki, « D’ailleurs, je ligote les modèles moi-même, et, après la session photo, c’est moi qui défais les liens… »


Throughout his career Araki produced a great many photographs of bound women, the play of sex and ropes that often became the mark of his style. In Japan, kinbaku, erotic binding, originated with hojôjutsu, an ancestral martial art used for binding the hands of prisoners with highly skilled knots. Araki diverts these traditions, turning them into an artistic game. There is no sign of pain on Araki’s bound women’s faces, nor of rapture. Like a stage or film director, by binding Araki creates a suspension of gestures, a sort of freeze frame even before the act of photography, that recalls Kabuki theatre, with its long pauses in the motion of a gesture to emphasise its intensity and beauty (miiye). “Photography, it as well, binds people and puts them in a box… The photograph originates from kinbaku, from the act of binding things and events”, Araki claims. “Moreover, I bind the models myself, and after the photo session, I undo the bonds…”

Kinbaku (Bondage)1979, épreuve gélatino-argentique ultérieure, H. 42,7 cm ; L. 53,2cm, Taka Ishii Gallery, inv. NA-PH_AbA_036
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Musée Guimet - Araki

Kinbaku (Bondage)1979, épreuve gélatino-argentique ultérieure
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

5.

Kazumasa Ogawa (1860-1929) F52 Lotus , épreuve à l'albumine sur papier, 1877-1882 inv. AP11815, musée national des arts asiatiques – Guimet
© Musée national des arts asiatiques – Guimet (dist. RMNGP)/Photo : MNAAG

Musée Guimet - Araki

Kazumasa Ogawa (1860-1929) F52 Lotus , épreuve à l'albumine sur papier, 1877-1882 inv. AP11815, musée national des arts asiatiques – Guimet
© Musée national des arts asiatiques – Guimet (dist. RMNGP)/Photo : MNAAG

PHOTOGRAPHIES ANCIENNES DU MUSÉE GUIMET

« La photo de collection de hojôjutsu du 19e siècle que vous présentez dans l’exposition, qui montre un prisonnier de dos savamment attaché, et que vous exposez avec mes photos, traduit bien dans quelle histoire s’inscrivent mes images. C’est une photo qui date de l’ère Meiji, je pense. C’est comme une carte postale, un souvenir du Japon. Elle doit avoir été prise à Yokohama. Des photos de ce type, même au Japon, je n’ai jamais eu l’occasion d’en voir. »
Nobuyoshi Araki

« Mes premières photos de fleurs étaient d’ailleurs des fleurs de cimetière, higan bana. (…) J’ai demandé au moine du cimetière de ne pas les jeter et je les ai prises en photo avec une planche blanche à l’arrière-plan. » Face aux fac-similés des photos de fleurs colorisées prises au Japon au 19e siècle, conservées au musée Guimet, Araki a une réaction à la fois de surprise et de confirmation : « Vous voyez, ce ne sont pas des fleurs fraîches. Ce sont aussi des higan bana. »
Nobuyoshi Araki



“The 19th-century hojôjutsu collection photograph that you are presenting in the exhibition, showing the rear view of a skilfully bound prisoner, and that you are showing with my photographs, fully expresses the history to which my pictures belong. It is a photograph that dates to the Meiji period, I believe. It is like a postcard, a souvenir of Japan. It was probably taken in Yokohama. I have never had the opportunity to see photographs of this kind, even in Japan.”
Nobuyoshi Araki

"My first photographs of flowers in fact were graveyard flowers, higan bana. (...) I asked the cemetery warden not to throw them away and I photographed them against a white board."[…]On seeing the facsimiles of the hand-coloured photos of flowers taken in Japan in the 19th century, Araki reacted with astonishment, while confirming that "You see, they are not fresh flowers. They, too, are higan bana." Nobuyoshi Araki

6.
L’ATELIER D’ARAKI

Araki pratique la photographie comme on respire, sans interruption. Il prend des clichés partout, tout le temps. « C’est certain que je ne peux pas vivre sans un appareil photo […]. C’est une façon de vivre. Prendre des photos est aussi naturel pour moi que la respiration. Le son du déclencheur est comme le battement du cœur. Je ne pense pas du tout en termes de productivité. Je fais juste des photos en soi. » Dans la rue, chez lui, avec ses amis, à table, de jour, de nuit, Araki cherche en permanence ce « moment juste », l’essence de la photographie, le « kaïros du désir » suivant le terme de Roland Barthes. Depuis plus de cinquante ans, Araki enregistre ainsi son existence, faisant de la photographie une sorte de miroir de sa vie. Théâtre de l’amour (1965) présente une série de cent clichés qui inaugure cette pratique intimiste de la photographie.


Araki practices photography like breathing, uninterruptedly. He takes shots everywhere, all the time. “It is obvious that I cannot live without a camera […]. It’s a way of life. Taking a picture is as natural for me as breathing. The click of the shutter release is like the heartbeat. I do not in the least think in terms of productivity. I just do photographs for their own sake.” In the street, at home, with friends, eating, day and night, Araki constantly seeks the “right moment”, the essence of photography, the “kaïros of desire“, in Roland Barthes’ words. For over fifty years now Araki has recorded his existence this way, making photography a sort of mirror of his life. Theater of Love (1965) presents a series of a hundred prints that introduced this intimist practice of photography.


Nu Tokyo (Tokyo Nude), 1989/2005, épreuve gélatino-argentique H. 58,3 cm ; L. 46,6cm, Taka Ishii Gallery, inv. NA-TN 004
© Nobuyoshi Araki/Photo : Thierry Ollivier/Courtesy Taka Ishii Gallery

Musée Guimet - Araki

Nu Tokyo (Tokyo Nude), 1989/2005, épreuve gélatino-argentique
© Nobuyoshi Araki/Photo : Thierry Ollivier/Courtesy Taka Ishii Gallery

7.

Une histoire singulière à l’encre de Chine (Bokuju Kitan) (Marvelous Tales of Black Ink [Bokuju Kitan] , 2007, encre traditionnelle (sumi) sur photogra¬phie noir et blanc H. 101,6 cm ; L. 152,4cm,The RBS Collection
© Nobuyoshi Araki/Courtesy Taka Ishii Gallery

Musée Guimet - Araki

Une histoire singulière à l’encre de Chine (Bokuju Kitan) (Marvelous Tales of Black Ink [Bokuju Kitan] , 2007
© Nobuyoshi Araki/Courtesy Taka Ishii Gallery

PHOTOGRAPHIES CALLIGRAPHIEES ET PEINTES

Les photographies calligraphiées de la main d’Araki permettent à l’auteur de faire référence, souvent sous la forme de jeux de mots, à des œuvres littéraires voire cinématographiques ou à des événements de sa vie. Son intervention sur l’image renforce le caractère autobiographique de l’œuvre, elle est une signature projetant l’artiste comme acteur au-devant de la scène. Elle donne à l’image son caractère unique, une façon de singulariser une partie de son œuvre vis à vis d’autres aspects traités sous forme de séries.


Les épreuves aux sels d’argent sont monochromes. Si au début le coloriage fut limité à quelques parties de l’image, notamment au visage, il s’est, dans le temps, plus généreusement imposé, adoptant plus ou moins les teintes originales du sujet. L’avènement de la photographie couleur n’a en rien réfréné le désir des photographes d’intervenir sur leurs épreuves. Le coloriage, qui consistait dans un premier temps à combler ce que la technique ne pouvait obtenir, a évolué en une démarche plasticienne inventive, franchissant les frontières entre les deux médiums. Araki explore les ressources de la peinture en l’appliquant en pleine pâte ou très fluide, ménageant la transparence des couleurs afin de préserver ce jeu de cache-cache qu’il entretient avec la sous-couche argentique. Dans un geste précis, il renforce le sens de ses photographies ou à l’inverse joue de celles-ci comme d’un support où la peinture évolue en toute liberté, indifférente à ce qu’elle recouvre.

The photographs with calligraphy in Araki’s hand enable the author, often playing on words, to refer to literary or film works or events of his life. His intervention on the image heightens the autobiographical character of the work, is a signature projecting the artist as an actor on frontstage. It gives the picture its uniqueness, a way to singularise part of his work compared to other aspects treated in series.


Prints with silver salts are monochrome. If at first hand-colouring was limited to a few parts of the picture, particularly the face, in time it became more widespread, more or less adopting the subject’s original colours. The advent of colour photography did not in the least repress photographers’ urge to intervene on their prints. At first, the colouring that replaced what technique could not obtain became an inventive visual approach, overcoming the frontiers separating the two media. Araki explores the resources of paint by applying it in thick or very fluid layers, carefully handling the colours’ transparency to preserve the hide-and-seek game he plays with the silver layer underneath. With an accurate gesture, he emphasises the meaning of his photographs, or conversely plays with them as with a support where paint can shift about freely, indifferent to what it covers up.


8.

Scènes de ciel (Sky Scenes), 1991/2000, impression directe RP H. 28 cm ; L. 42,3cm,Taka Ishii Gallery, inv. NA-PH_AbA_018
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Musée Guimet - Araki

Scènes de ciel (Sky Scenes), 1991/2000, impression directe RP
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

CIEUX

Les ciels photographiés par Araki ont une valeur sentimentale. Depuis la mort de sa femme Yoko en 1990, il prend tous les jours en photographie un fragment de ciel, espace où sa bien-aimée est maintenant censée se trouver. Deux ciels ne sont jamais semblables, les combinaisons de formes et de couleurs sont infinies. Ainsi, Araki continue d’entretenir avec Yoko une conversation qu’il n’a jamais interrompue car le vocabulaire formel dont il use est une inépuisable ressource. Si le ciel lui paraît trop triste, il le peint, s’il est trop silencieux, il le calligraphie. Il photographie le lieu dans lequel il se retirera et où il se trouve déjà en partie, regardant non plus tête vers le haut mais vers le bas. Cette série n’est pas sans rappeler les Équivalents d’Alfred Stieglitz, « un équivalent extérieur de ce qui a déjà pris forme en moi ». La juxtaposition des épreuves, fixées à même le mur sans cadre, accrochage voulu par Araki, renvoie aux dimensions infinies du sujet et à l’inachèvement de la série.


The skies photographed by Araki have a sentimental value. Every day since his wife Yoko’s death in 1990, he photographs a fragment of sky, the space where supposedly his beloved is now. Two skies are never alike, the combinations of shapes and colours are infinite. By doing so Araki continues to have with Yoko a conversation that was never interrupted because the formal vocabulary he uses is a boundless resource. If the sky looks too sad, he paints it, if it is too silent, he calligraphs it. He is photographing the place where he will withdraw one day and where he already partly is, no longer looking upwards but downwards. This series somehow recalls Alfred Steiglitz’s Equivalents, “an outer equivalent of something already taking form within me”. The juxtaposition of the prints, put directly on the wall without frames, the hanging that Araki requested, recalls the infinite dimensions of the subject and the incompleteness of the series.

9.
TOKYO TOMBEAU

« J’ai déjà un pied dans la tombe, dit Araki. J’essaie d’imaginer à quoi pourraient ressembler les photos que je prendrai après ma mort… » C’est ainsi que le photographe a conçu spécialement pour l’exposition du MNAAG la série inédite Tokyo Tombeau, qu’il a souhaité lui-même présenter comme une peinture japonaise sur rouleau, en juxtaposant les images les unes à côté des autres, sans encadrement, tout en longueur. Accrochée ainsi comme un maki (rouleau horizontal) photographique, la série en noir et blanc est composée de clichés de ses débuts et de nouvelles images : êtres chers (dont Yoko), souvenirs forts, d’étranges figures artificielles, projection d’un monde après la mort. Il s’agit, pour Araki, au soir de son existence, de (re)dessiner ainsi tout son chemin de vie. S’il a choisi le titre Tokyo Tombeau, c’est parce que, comme il l’explique, « Tokyo est un cimetière, ou un parc d’attractions. En fait, je ne sépare pas le paradis et l’enfer. Pour moi, si le paradis n’inclut pas des éléments d’enfer, ce n’est pas le paradis ».


“I already have one foot in the grave”, Araki says. “I try to imagine what the photographs I shall take after I die will look like…” This is how the photographer specially conceived for the MNAAG exhibition the new series Tokyo Tombeau (Tokyo Tomb), that he himself wished to display like a Japanese scroll painting, placing the images beside one another, unframed, lengthwise. The black and white series, hung like a photographic maki (horizontal scroll), features prints of his early days and new images: loved ones (including Yoko), vivid memories, strange artificial figures, projection of a world after death. For Araki, at the close of his existence, it means (re)designing the entire journey of his life. If he chose the title Tokyo Tombeau, it is because, as he explains, “Tokyo is a cemetery or an amusement park. Actually I do not separate Heaven and Hell. For me, if Heaven does not include the elements of Hell, it is not Heaven.”

Imparfait – Futur (Past tense – Future), 1979-2011/2012, épreuve gélatino-argentique, H. 27 cm ; L. 40,6 cm, Taka Ishii Gallery, inv. NA-PtF_30
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Musée Guimet - Araki

Imparfait – Futur (Past tense – Future), 1979-2011/2012, épreuve gélatino-argentique,
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Programmation

VISITES COMMENTÉES


INTRODUCTION DE L’EXPOSITION ARAKI


Du 20 avril au 5 septembre 2016
Samedi et dimanche à 14h, 15h et 16h
Durée : 20 min Gratuit
Sans réservation préalable dans la limite des places disponibles.
R.-V. : MNAAG, niveau rez-de-jardin devant l’auditorium.



PRÉSENTATION DE LA SAISON PHOTO AU MUSÉE GUIMET


Le lundi, jeudi et vendredi à 14h du 20 avril au 25 juin
Durée : 1h /Tarif : 4.20€/ Tarif réduit : 3.20€ (hors droit d’entrée)
Sans réservation préalable dans la limite des places disponibles.
R.-V. : MNAAG, niveau rez-de-jardin devant l’auditorium.

Pour plus d’information sur les visites commentées resa@guimet.fr



 
CINÉMA

Cinéastes japonais inédits

Hitonari Jinsei Tsuji

Hitonari Tsuji alias Jinsei Tsuji est très connu au Japon comme chanteur, musicien et écrivain (9 livres publiés en France, Prix Femina Etranger en 1999). Il est aussi réalisateur (7 films à son actif), nous verrons ses deux plus récentes réalisations.

Mercredi 13 avril à 12h15
Paris Tokyo paysage
Fiction de Jinsei Tsuji, 2013, 1h31, vostf, inédit

Junya et Nanami sont tous deux réalisateurs. Lui est à Paris, elle est au Japon. Ils ont vécu et travaillé ensemble pendant quinze ans puis se sont séparés. Leur relation se poursuit de façon épistolaire aujourd’hui, ils continuent de s’écrire des lettres sous forme de vidéo, des lettres comme un journal intime filmé mais qui parlent surtout de leur manque l’un de l’autre, même s’ils ne se l’avouent pas. Ils font des rencontres, chacun de leur côté.

Vendredi 15 avril à 12h15
The undying dream we have
Fiction de Jinsei Tsuji, 2014, 1h47, vostf, inédit

Yuji, un célèbre metteur en scène de théâtre, déprime et se détourne de sa troupe. Il se replie sur lui-même enfermé dans une relation fusionnelle avec Aki son ex-actrice principale. Hina, la soeur d’Aki rôde autour de l’appartement mais aussi autour de l’atelier de thérapie de son père, déterminée à vouloir révéler les secrets. Ce film du réalisateur, écrivain et compositeur Jinsei Tsuji « flotte » entre présent et passé, réel et onirisme.

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Hitoshi Matsumoto

Hitoshi Matsumoto est un humoriste japonais, acteur, chanteur, réalisateur, écrivain et animateur de télévision. C’est l'oeuvre la plus folle et inclassable du cinéma japonais, il allie le surréalisme au burlesque : « C’est ma mission sur terre : trouver par quel moyen je peux me débarrasser de toutes les conventions du cinéma ».

Lundi 18 avril à 12h15
Big Man Japan
Fiction de Hitoshi Matsumoto, 2007, 1h53, vostf, inédit

Dai Sato est l’ultime descendant d’une illustre famille japonaise qui a toujours veillé au maintien de la paix dans son pays. Il mène aujourd'hui une vie ordinaire et solitaire. Plus personne ne croit en ce héros déchu et pathétique, abandonné par sa femme et sa fille, et apeuré par ses adversaires. Il est pourtant le dernier à pouvoir protéger le Japon des monstres géants qui l’assaillent et dont il peut atteindre la taille sous l’effet de fortes décharges électriques.
Festival de Cannes : Quinzaine des réalisateurs 2007

Mercredi 20 avril à 12h15
Symbol
Fiction de Hitoshi Matsumoto, 2009, 1h33, vostf, inédit

Un Japonais se réveille un beau jour, seul, dans une pièce blanche et immense, sans porte ni fenêtre. Lorsqu’il appuie sur l’une des protubérances en forme de petit pénis fixés sur les murs, une brosse à dent rose apparaît comme sortie de nulle part et enclenche une série d’événements étranges... Parallèlement, au même moment, au Mexique, le catcheur « Escargot man » se prépare à livrer un combat déterminant pour sa carrière.
Festivals : Toronto, Pusan, Deauville.

 
Mercredi 27 avril à 12h15
Saya Zamurai
Fiction de Hitoshi Matsumoto, 2011, 1h43, vostf, inédit

Kanjuro Nomi est un samouraï sans sabre, répudié par tous et errant misérablement sur les routes avec sa fille depuis qu’il a refusé de combattre. Tombé entre les mains d’un seigneur aux désirs excentriques, il est condamné à mort, à moins de relever un ultime défi : faire naître un sourire sur le visage triste du jeune prince. Chaque matin, pendant 30 jours, il met donc en scène un nouveau spectacle.
Festival : Locarno


Satoshi Miki

Presque inconnu en France, Satoshi Miki est un scénariste et réalisateur à l'univers complètement décalé, maître de la comédie absurde.

Vendredi 29 avril à 12h15
Adrift in Tokyo (Tenten)
Fiction de Satoshi Miki, 2007, 1h41, vostf, inédit

Fumiya, un étudiant endetté, reçoit la visite du créancier Fukuhara, qui lui propose un étrange marché : il effacera les dettes de Fumiya si celui-ci accepte de marcher avec lui, à travers Tokyo, pour se rendre au commissariat central afin de confesser un crime qu’il regrette. N’ayant pas d’autres options, le jeune homme accepte. Leur ballade sera semée de rencontres plus loufoques les unes que les autres, et surtout la découverte d’une partie d’eux-mêmes.






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ARTISTES JAPONAIS CONTEMPORAINS

Différents documentaires nous présenteront le processus de création chez quelques artistes contemporains japonais. De l’imaginaire à la conception, nous allons tenter de découvrir l’intimité de la pensée créatrice singulière de l’esthétique japonaise.


PHOTOGRAPHES

Lundi 2 mai à 11H00 (2 films)
Nobuyoshi Araki
Documentaire William Klein et J.-P. Krief, 2000, 13'

Dans ce court métrage, le photographe japonais Nobuyoshi Araki commente en voix-off son désir boulimique de photographier le monde dans son immédiateté.


Arakimentari
Documentaire de Travis Klose, 2004, 1h15, vostf, inédit

Qu’est-ce qu’un photographe ? Qu’est-ce que la photographie ? Quel cadre ? La photo est-elle la mémoire ? Photographier un ami ? Un amant ? En couleur ? En noir et blanc ? Ce film nous donne à voir le photographe au travail, sa personnalité, son énergie créative et surtout la diversité de son travail en un mot : son regard. Le film est ponctué des commentaires de ses admirateurs dont Björk et Takeshi Kitano.

Lundi 2 mai à 14h00
L’héritage de Frida Kahlo
Documentaire de Kotani et Miyako Ishiuchi, 2015, 1h50, vostf, inédit

La photographe Miyako Ishiuchi (Prix International de la Fondation Hasselblad en 2014) au travail, dans la maison de Frida Kahlo au Mexique où elle photographie les objets personnels de l’artiste mexicaine, qui ont été retrouvés 58 ans après sa mort, en 2012. Un lien, une connivence complice naissent entre les deux artistes...

PLASTICIENS

Mercredi 11 mai à 11h00
Akio the Cat
Documentaire de Joëlle Janssen, 2009, 50’

Musicien, inventeur, constructeur d’instruments de musique, Akio Suzuki est un artiste en quête du son et de l’espace. Son travail a été présenté à travers le monde entier... Nous allons vivre avec lui, dans une vallée des Cévennes ardéchoises, et participer à la naissance de son installation « Oto date ». En pleine nature, il écoute, observe, cherche des points d'écho afin d’établir un parcours sonore, bucolique et poétique.

Mercredi 11 mai à 14h00
Tadashi Kawamata (3 films)

Tadashi Kawamata, plasticien, s’intéresse aux questions d’urbanisme, il réalise des oeuvres in situ à travers le monde entier, il a participé à de nombreuses exposition internationales. Les films nous présentent trois installations réalisées en France.


Le passage des chaises
Documentaire de Gilles Coudert, 1997, 15’

Paris, chapelle Saint-Louis, Hôpital de la Salpêtrière. « Le Passage des chaises » est la rencontre extraordinaire entre un lieu et l'artiste japonais Tadashi Kawamata. Après une observation entomologique de la circulation des personnes, de leur passage, il empile des milliers de chaises en forme de spirale qui s’élève : « Les chaises sont comme un corps, elles disent l’histoire de l’être humain ».

Tadashi Kawamata, les chaises de traverse
Documentaire Gilles Coudert, 1998, 25'

Tadashi Kawamata a pour projet une installation monumentale : deux « accumulations » de chaises dans deux lieux distants de 35 kilomètres, l'une à l'hôtel Saint-Livier à Metz, l'autre à la synagogue de Delme. A ses côtés, les étudiants des écoles d'art et d'architecture de Metz et de Nancy, attentifs, l'interrogent et s'affairent à la construction de l'oeuvre.

Tadashi Kawamata
Documentaire de Gilles Coudert, 2000, 26’

À Évreux, l'artiste japonais Tadashi Kawamata a proposé de réaliser une passerelle reliant les quatre bâtiments épargnés lors des bombardements de 1940 : la mairie, le théâtre, l’ancien musée et le beffroi du XIe siècle. Ce film propose un montage accéléré et ludique des travaux, de la construction à l’inauguration, commenté par les habitants de la ville.

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COUTURIERS

Vendredi 13 mai à 12h15
Issey Miyake
Documentaire d’Éric Cloué, 1984, 51’

Matières, corps et vie quotidienne sont les thèmes de prédilection du japonais Issey Miyake, créateur qui ne se définit ni comme artiste, ni comme couturier. Ce film, qui date de 1984, nous entraîne au Japon à la découverte de ses sources d'inspiration et de sa façon de travailler. Il créé un univers vestimentaire ludique où la personne qui porte le vêtement est aussi le créateur.

ÉCRIVAINS

Mercredi 18 mai à 11h00
Yukio Mishima (1925-1970)
Documentaire Jean-Claude Lubtchansky, 1995, 52'

Portrait d’un écrivain à la personnalité et au destin hors du commun. Yukio Mishima (de son vrai nom Hiraoka Kimitake) fait ses études de droit et commence très jeune à écrire. Il éprouve assez vite une double fascination, celle de l'Occident et de ses écrivains d'une part, et de la tradition du Japon d'autre part. Parrainé par Kawabata, il connaît le succès dès la publication de Confession d'un masque, premier roman autobiographique. Narcissique, ambigu et provocateur, il écrit abondamment, traduit, adapte, met en scène et se met en scène. Yukio Mishima aspire à « faire de sa vie un poème ». S'efforçant de ressusciter l'idéal d'art et d'action de ses ancêtres samouraïs, il tente de confondre son destin avec celui du Japon.


IL ÉTAIT UNE FOIS… L’EMPIRE DES SENS

Jeudi 26 mai à 18h30
Il était une fois... L'Empire des sens
Documentaire de David Thompson, 2010, 52'

Le film nous donne la genèse et les clefs pour mieux appréhender le contexte politique et sociétal du film d’Oshima, à travers le making-of et les interviews du cinéaste, de l’équipe de tournage et le point de vue de différents réalisateurs qui témoignent du choc novateur du film dans l’évolution du cinéma. C’est à partir d’une commande du producteur Anatole Dauman qu’Oshima écrivit ce film « pornographique » où le désir et l’amour prennent une vertu politique ; une représentation du sexe qui combat alors la censure japonaise - le film y est encore interdit aujourd’hui dans sa version intégrale.

L’empire des sens (Ai no corrida)
Fiction de Nagisa Oshima, 1976, 1h42, vostf

Tokyo dans les années 1930. Kichizo, propriétaire d'une auberge, vit une passion sans limites avec sa servante Sada Abe. La relation du couple évolue vers une possession charnelle à la recherche de la jouissance suprême. Adapté d’un fait divers qui défraya la chronique en 1936, L’Empire des sens est réalisé en pleine période de libération sexuelle, avec des scènes de sexe non simulées, c’est aussi le premier film japonais qui met en scène le désir d’une femme.

Mercredi 18 mai à 14h00
Junichirô Tanizaki (1886-1965)
Documentaire de Didier Deleskiewicz, 1997, 52'

Lorsqu'il meurt en 1965, Junichirô Tanizaki a la réputation d'être « le plus japonais des écrivains japonais ». Pourtant, cet auteur inclassable et sulfureux eut bien du mal à imposer sa voix discordante dans le monde des lettres de son pays. Après sa mort, Sartre, ébloui par la lecture du Journal d'un vieux fou, le fit connaître en France en publiant ce court roman dans Les Temps modernes.


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LA NUIT DU CINÉMA ÉROTIQUE JAPONAIS

Soirée présentée et animée par Agnès Giard, écrivain, journaliste et docteur en anthropologie, et rédactrice du truculent blog de Libération « Les 400 culs ». Son premier ouvrage, L'Imaginaire érotique au Japon, traduit en Japonais, est classé au 4e rang des meilleures ventes de livres étrangers. Suivent un dictionnaire (Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon) puis un livre de design répertoriant objets de culte, gadgets et sextoys étonnants (Les Objets du désir au Japon). Agnès Giard publie ensuite, grâce à la Villa Kujoyama, une anthologie critique : Les histoires d'amour au Japon. Des mythes fondateurs aux fables contemporaines.


Vendredi 27 mai 2016 à 18h30
La barrière de la chair (Nikutai no mon)
Fiction de Seijun Suzuki, 1964, 1h30, vostf

Dans les ruines du Japon de l’après-guerre où le marché noir est roi, cinq prostituées, Sen, Mino, Roku, Machiko et Maya jurent de n’avoir aucune relation sexuelle sauf avec leurs clients. Machiko, n’ayant pas tenu sa promesse, est torturée par les quatre autres filles. Survient alors Shintaro, un homme poursuivi par la police pour avoir tenté de tuer un soldat américain. Les cinq filles décident de le protéger… En perte de vitesse, menacée par la banqueroute, la célèbre Nikkatsu se lance dans la production de séries romantiques pornographiques. En 1964, elle peut encore compter sur le style très personnel de Seijun Suzuki, futur cinéaste culte. Ciblé avec succès pour un public amateur d'exutoires à ses fantasmes, La barrière de la chair est un véritable chef-oeuvre du cinéma érotique.


20h30
Le marché sexuel des filles (Shikijo Mesu Ichiba)
Fiction de Noboru Tanaka, 1974, 1h23, vostf

Osaka, dans un quartier pauvre, Tome vit de ses charmes. Elle partage sa vie avec sa mère, prostituée sur le déclin, et son frère handicapé mental. C’est tout un monde et ses personnages miséreux qui sont dépeints dans un film où pour survivre tout le monde doit se vendre.

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22h30
Tokyo decadence (Topazu)
Fiction de Ryu Murakami, 1992, 1h47, vostf

Ai, jeune Japonaise romantique, rêve du grand amour. Pour conquérir l'homme de sa vie, une voyante lui conseille de porter une topaze rose au doigt. Ai est aussi une call-girl spécialisée dans le sadomasochisme, une perle qui se soumet aux désirs les plus extravagants de sa clientèle…
Quatrième film de Ruy Murakami, connu surtout comme romancier (Les bébés de la consigne automatique, Kyoko, Bleu presque transparent...) le film dépeint les dérives des fantasmes urbano-érotiques dans un Tokyo froid et fou.







ARTISTES JAPONAIS CONTEMPORAINS

CINÉASTES

Mardi 31 mai à 12h15
AK
Documentaire de Chris Marker, 1985, 1h11

En 1984, Akira Kurosawa investit les pentes du Mont Fuji pour tourner Ran, transposition dans le moyen-âge japonais du Roi Lear de Shakespeare. Chris Marker l'a suivi pour en tirer AK, entre journal de tournage et portrait. Chris Marker pose un regard humble mais distancé sur les méthodes de celui qu'il compte parmi les plus grands cinéastes alors vivants.

Mercredi 1 juin à 12h15
Takeshi Kitano l'imprévisible
Documentaire de Jean-Pierre Limosin, 1999, 1h08'

Takeshi Kitano, « l'imprévisible », a plus d'une corde à son arc : réalisateur, auteur, il est aussi peintre, comique et présentateur TV. S'il évoque ici ses activités parallèles, il s'explique surtout sur le contenu et la fabrication de ses films, qui mêlent poésie burlesque, violence sèche et tragique discret. Un portrait complet, à la fois psychanalyse cinématographique et discours de la méthode.


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JEUNE PUBLIC

Dimanche 5 juin à 15h
Un été avec Coo (à partir de 6 ans)
Film d’animation de Hara Keiichi, 2008, 2h15, version française

Kôichi, jeune écolier, trouve une pierre dans une rivière et décide de la rapporter chez lui. En la lavant il découvre un drôle d’animal : c’est un kappa, un esprit de l’eau. La famille de Kôichi l’adopte et le surnomme Coo.




ARTISTES JAPONAIS CONTEMPORAINS

CINÉASTES

Mercredi 8 juin à 12h15
Rien ne s'efface
Documentaire de Laetitia Mikles, 2008, 51'

Une caméra Super-8, un ex-voto et une photo prise huit ans plus tôt sont les viatiques du dialogue engagé par Laetitia Mikles avec la cinéaste Naomi Kawase qu’elle rencontre chez elle, à Nara, dans cet environnement dont on comprend vite qu’il fournit à ses films leur matière/matrice principale. De nombreux extraits mettront en lumière les thèmes chers à la cinéaste comme la famille, l’absence ou le souvenir.




Tadao Ando, architecte du silence
Documentaire de Jean Antoine, 2003, 29’

Un architecte autodidacte élabore dans son atelier où règne un ordre absolu, un style fait de rigueur et de dépouillement. Le mélange de la tradition japonaise et du modernisme se matérialise dans une conception de l'habitat où les êtres humains pourront trouver la quiétude et échapper à la vie assourdissante d'Osaka.


ARCHITECTES

Mercredi 15 juin à 12h15 (2 films)
Shigeru Ban, architecte de l’urgence
Documentaire de Michel Quinejure, 2000, 52’

Portrait d'un jeune architecte, Shigeru Ban, inventeur d'un habitat d'urgence : un abri économique, léger et résistant, destiné à des populations déplacées par la guerre ou par des catastrophes naturelles. De Kobe à Istanbul, Michel Quinejure révèle le parcours de l'architecte japonais, qui témoigne avec ferveur de son désir d'aider les plus démunis.


CHORÉGRAPHE

Vendredi 17 juin à 12h15
Saburo Teshigawara, danser l’invisible
Documentaire d’Elisabeth Coronel, 2005, 58’

La parole est entièrement confiée au chorégraphe japonais Saburo Teshigawara dans ce documentaire qui le suit entre le Japon et la France. À Tokyo, Paris et Lille où il prépare et conduit les répétitions de deux créations pour l’Opéra de Lille en 2004, Kazahana et Prelude for Dawn – qui résulte d’un atelier avec de jeunes aveugles. Puis à Yokohama où il tourne le premier volet de Perspectives Study.


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CONFÉRENCES

Vendredi 27 mai à 12h15
L’érotisme japonais est-il érotique ?
Conférence publique et gratuite par Agnès Giard, anthropologue, chercheuse associée au Sophiapol

Il existe au Japon une industrie de love dolls, des poupées grandeur nature conçues pour susciter le désir. Curieusement, ces produits sexuels haut de gamme se présentent sous la forme fantomatique de jeunes filles aux regards vides et aux corps incomplets… Est-il seulement possible de les « utiliser » ? Confrontant les humains à la question de la solitude, ces ersatz moulés dans les postures d’une attente sans fin, fournissent un modèle représentatif de ce qui est considéré comme excitant et attirant dans la société actuelle. En étudiant la façon dont ces love dolls sont fabriquées, vendues puis utilisées, Agnès Giard tentera de dégager quelques caractéristiques de la culture érotique japonaise contemporaine.





Pour plus d’information sur la programmation cinéma et conférence auditorium@guimet.fr
EXPOS
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Orient/Asie - Aller\Retour

13 avril - 27 juin 2016

Le MNAAG dévoile ses trésors photographiques du 19• siècle à l'époque contemporaine et invite à un voyage dans l'espace et dans le temps qui témoigne de l'arrivée, depuis l'Orient le plus proche jusqu'à la plus lointaine Asie d'une invention européenne : la photographie. Rapidement adopté, notamment grâce au tourisme, ce média nous livre d'exceptionnels témoignages sur les visages, les villes et les paysages de mondes disparus ou profondément transformés. À ce riche panorama documentaire et artistique s'ajoute une somme de photographies contemporaines inédites due aux photographes Marc Ribaud, Suzanne Held, Bohnchang Koo ou Takashi Arai.


Pour la première fois depuis sa réouverture en 2001, le MNAAG explore, sous la forme d'un voyage, son exceptionnelle collection photographique. À travers 156 photographies, dont la plus grande partie remonte au 19' siècle et au tout début du 20' siècle, un itinéraire se dessine depuis la proche Algérie jusqu'au Japon. Suivant les lignes de steamers traversant la Méditerranée, jusqu'à la Grèce et à l'Égypte, haut lieu des origines du tourisme mondial, poursuivant avec les progrès du chemin de fer et l'arrivée de l'Orient-Express à son terminal de la gare de Sirkeci (1883), la photographie est aussi l'histoire du raccourcissement des distances entre les continents du vieux monde. En 1869 est percé le canal de Suez qui permet de gagner plus d'un mois sur le temps de navigation vers l'Asie. Le fonds suit l'histoire du musée, à son origine musée des religions se concentrant peu à peu sur les vastes horizons de l'Asie.

Telle une invitation aux voyages, ce récit en images aux multiples visages et paysages - parfois inattendus - rend tangible les mutations et les permanences de ce monde, sa diversité extrême, ses soubresauts historiques et sa tension vers le futur.

Image précieuse et mémorielle avant d'être documentaire, la photographie est également présente au musée par le biais de l'activité des missions archéologiques françaises qui portèrent un autre regard, informé et profond, tant sur les vestiges de son passé que sur les aspects de sa modernité. l:Afghanistan en fut un terrain d'expérimentation tout particulièrement important.

Continuant la route, sont ensuite abordés les différents aspects des Indes, alors sous domination britannique ; plus d'une vingtaine d'épreuves proposent une traversé du sous-continent indien à travers l'oeuvre de photographes célèbres comme Beata, Tripe et Bourne. le voyage se poursuit vers Ceylan, la Birmanie et les toutes premières photographies du Siam, avant celles des découvreurs d'Angkor, de la Cochinchine et du Tonkin, domaines pour lesquels le musée conserve des photographies sans pareil.

L’abord du monde chinois rend aigue la présence croissante des puissances européennes ; le grignotage de la Chine au 19e siècle constitue autant de territoires, enclaves d'une modernité importée avant son adaption, qui contraste fortement avec la capture d'images d'une Chine impériale semblant figée pour l'éternité. Un rare panorama de Singapour (vers 1874) est attribué à Sachtler, il voisine avec des photographies de Macao et de Hong Kong. L.:lndonésie et les Philippines poursuivent avant de conclure avec la Corée, photographiée en 1908 vue par un jeune photographe, Corpet, mais également présente à travers l'oeil contemporain d'un de ses plus grands photographes, Bohnchang Koo. Enfin, pour le Japon, les collections photographiques du musée sont sans équivalent dans le monde. Dès son ouverture~ sous pression occidentale à partir de 1854, Le Bas, Beata, Jansen introduisent la nouvelle technique. Très vite une première génération de photographes japonais Tamamura, Suzuki s'en emparent. Plusieurs albums seront déployés sur plusieurs mètres ainsi que quelques petits albums de poche à destination des touristes. La photographie contemporaine y est également évoquée avant d'opérer un retour sur l'oeil photographique de Marc Ribaud qui a annoncé choisir le musée Guimet comme récipiendaire de l'intégralité de son oeuvre photographique. Il fut le témoin privilégié et plein d'humanisme des changements que connut la Chine communiste qui nous semble elle-même aujourd'hui largement d'hier.









Afghanistan, Ria HACKIN (1905-1941) Bamiyan, femme de cette même tribu afghane [Faraki], coiffure de petites tresses serrées retombant sous le voile sur les épaules, remarques aussi les manches garnies de petits cabochons en argent Novembre 1934 Épreuves modernes d'après un négatif au gélatine-bromure d'argent DAFA012

Musée Guimet - Araki

Afghanistan, Ria HACKIN (1905-1941) Bamiyan, femme de cette même tribu afghane [Faraki] Épreuves modernes d'après un négatif au gélatine-bromure d'argent DAFA012

Présidente du MNAAG
Sophie Makariou

Commissariat
Jérôme Ghesquière











Inde Anonyme Élephanta Maharashtra, 1875 Épreuve à l'albumine sur papier AP15401

Musée Guimet - Araki

Inde Anonyme Élephanta Maharashtra, 1875 Épreuve à l'albumine sur papier AP15401

Orient/Asie - Aller\Retour

13 April - 5 September 2016

The MNAAG reveals its photography treasures, from the 19th century to the contemporary period, and invites on a journey across time and space that, from the nearest Orient to the farthest Asia, bears witness to the arrivai of a European invention: photography. Soon adopted, notably thanks to tourism, this medium offers us outstanding testimonies on the faces, the cities and landscapes of vanished or deeply transformed worlds. This rich documentary and artistic survey is completed by a treasury of unpublished contemporary photographs by Marc Riboud, Suzanne Held, Bohnchang Koo or Tarashi Arai.


For the first time since it reopened in 2001 the MNAAG explores, through the form of a journey, its exceptional photographie collection. 156 photographs, most of which go back to the 19'h and 20'h centuries, trace an itinerary that goes from nearby Algeria to Japan. Following the lines of the steamers crossing the Mediterraneen ali the way to Greece and Egypt- the birthplace of world tourism -, proceeding with the progress of the railway and the arrivai ofthe Orient Express at its last stop, the station of Sirkeci (1883), photography a Iso tells the history of the shrinking of distances between the continents of the old world. ln 1869 the Suez Canal was dug, allowing to gain over a month in the navigation time towards Asia. The collection accompanies the history of the museum, originally a museum of religions, gradually focusing on the vast horizons of Asia. like an invitation to the voyage, this tale told in pictures, with its many faces and landscapes- at times unexpected- allows to touch the mutations and permanencies of this world, its extreme diversity, its historie upheavals and its striving towards the future. A precious and memory-laden image before being documentary, the photograph is also present in the museum through the French archaeological missions. They cast a different eye, informed and profound, on the vestiges of the past as weil as the aspects of modernity. Afghanistan was a particularly significant field for experiments. Continuing the journey, different aspects of lndia, under British rule at the ti me, are displayed; twenty or so prints propose a crossing of the lndian continent through the works of famous photographers like Beata, Tripe and Bourne. The trip goes on towards Ceylan, Burma and the very first photographs of Siam, before those of the discoverers of Angkor, Cochin China and the Tonkin, areas for which the museum holds unparalleled photographs.

The approach to the Chinese world emphasises the European powers' growing presence; the whittling away of China in the 19th century cuts out so many territories, enclaves of a modernity imported before being adopted, that strongly contrasts with the screen captures of an imperial China apparently frozen forever. A rare view of Singapore (ca. 1874) is attributed to Sachtler, next to photographs of Macao and Hong Kong. lndochina and the Philippines proceed before ending with Korea, photographed in 1908 by a young photographer, Corpet, but also present through the contemporary eye of one of its greatest photographers, Bohnchang Koo.

Last, for Japan the museum photography collections are unrivalled in the world. As soon as the country opened up, under Western pressures as of 1854, Le Bas, Beate, Jansen introduced the new technique. Very soon a first generation of Japanese photographers- Tamamura, Suzukiadopted it. Several albums will be unfolded over several metres, as weil as a few pocket albums made for tourists. Contemporary photography is shawn as weil, before returning to the camera eye of Marc Ribaud, who has announced that he has chosen the Musée Guimet as recipient of his entire photographie oeuvre. He was the privileged and humanistic witness of the changes undergone by a Communist China that today appears to largely belong to yesterday.


President of MNAAG
Sophie Makariou

Curators
Jérôme Ghesquière



Chine LAI FONG (vers 1839-1890) South gate Pekin [La porte Sud à Pékin] 1879 Épreuves à l'albumine sur papier AP15090

Musée Guimet - Araki

Chine LAI FONG (vers 1839-1890) South gate Pekin [La porte Sud à Pékin] 1879 Épreuves à l'albumine sur papier AP15090




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Carte blanche à Shouchiku Tanabe

13 avril - 19 septembre 2016

Après la carte blanche à Lee Bae, le MNAAG invite un artiste japonais à imaginer pour le musée une création unique et éphémère. L’oeuvre monumentale de l’artiste japonais Tanabe Shouchiku III est présentée dans la rotonde couronnant le musée et offrant une vue sur le ciel et le patrimoine de Paris.


Tanabe Shouchiku III représente la quatrième génération d’une lignée de maîtres vanniers japonais initiée en 1890. Né Tanabe Takeo en 1973, il reçoit le nom d’artiste de Shouchiku, signifiant en japonais « petit bambou ». Son savoir-faire lui est transmis par son père qui lui enseigne l’art traditionnel de la vannerie – part de l’art floral japonais (ikebana) – et il utilise une technique de tressage en grosses mailles, procédé traditionnel familial. Formé également à l’Osaka Craft High School et à l’université des arts de Tokyo, il crée dans un style propre des objets utiles ou des formes pures, parfois en lien avec d’autres artistes, dont la laqueuse Sasai Fumie. Tanabe Shouchiku III, qui innove dans une complète fidélité à une quête devenue adage familial – « En relevant de nouveaux défis on crée la tradition » –, donne également une dimension monumentale toute particulière à son art. Il a exposé dans de nombreuses galeries et institutions et son travail est présent dans plusieurs collections de musées tant au Japon qu’en Europe et en Amérique. Il s’agit de sa première exposition dans un musée en France.

En 2017, Tanabe Shouchiku III prendra le nom de Chikuunsai IV ou « nuage de bambou », quatrième du nom. Quatrième sculpture végétale élaborée par Tanabe Shouchiku III, cette installation est réalisée à partir de 8000 tiges de bambou calibrées. Symbole de bon augure tout comme le pin ou le prunier, le bambou est une incarnation de l’esthétique japonaise. Il se dresse haut et droit, ses feuilles produisant dans le vent un son naturel et apaisant. L’artiste emploie exclusivement des tiges de bambou tigré (torachiku) ou de bambou noir, constamment réutilisées. Ces bambous ne poussent qu’en un endroit du Japon, où le sol leur confère ces tigrures uniques. Ces brins de torachiku parlent ainsi de l’enracinement en un lieu mais aussi de la virtualité inépuisable de leur déplacement dans le temps et dans l’espace. Création sculpturale, proprement spatiale, l’installation évoque des formes organiques. Elle met en évidence cinq grands éléments japonais : la terre (chi), l’eau (sui), le feu (ka), le vent (fû), le vide (kokû). C’est dans ce dernier élément que l’artiste puise son inspiration, sa philosophie du vide s’inscrivant parfaitement dans l’espace dédié de la rotonde que l’artiste qualifie de « dôme du musée », situé au dessus de la bibliothèque historique et largement ouvert sur le ciel de Paris.


Présidente du MNAAG
Sophie Makariou

Commissariat
Michel Maucuer

After the Carte Blanche to Lee Bae, MNAAG is inviting a Japanese artist to imagine for the museum a unique and ephemeral creation. The monumental work by the Japanese artist Tanabe Shouchiku III is shown in the Rotonda that crowns the museum and offers a view on the Paris sky and patrimony Tanabe Shouchiku III is the fourth generation of a long line of Japanese bamboo masters arisen in 1890. Born Tanabe Takeo in 1973, he was given the artist name Shouchiku, meaning “little bamboo” in Japanese. He received his mastery from his father, who taught him the traditional art of basket-weaving – a part of Japanese floral art (ikebana) – and he uses a wide-mesh weaving technique, a traditional family process. Also trained at the Osaka Craft High School and the Tokyo University of Arts, he creates in his own style useful objects or pure forms, occasionally with other artists, including the lacquer artist Sasai Fumie.

Tanabe Shouchiku III, who innovates while remaining entirely true to a quest that has become a family saying – “In taking up new challenges you create tradition”–, also gives his art a very special monumental dimension. He has shown in many galleries and institutions and his work is present in several museum collections in Japan as well as in Europe and America. This is his first exhibition in a museum in France. In 2017 Tanabe Shouchika III will take the name Chikuunsai IV or “bamboo cloud” the Fourth.

This fourth vegetal sculpture created by Tanabe Shouchiku III, this installation is made out of 8000 calibrated bamboo stems. A good luck symbol like the pine and the plum, bamboo epitomises Japanese aesthetics. It grows straight and tall and its leaves produce in the wind a natural and soothing sound. The artist uses exclusively stems of Tiger bamboo (torachiku) or black bamboo, that he constantly reutilises. These bamboos grow in only one place in Japan, where the soil gives them this singular mottling. These strips of torachiku thus speak of rootedness in a place but also of the infinite potentiality of their travels in time and space. A truly spatial sculpture creation, the installation evokes organic forms. It highlights five important Japanese elements: earth (chi), water (sui), fire (ka), wind (fû), void (kokû). It is from this last element that the artist draws his inspiration. His philosophy of the void fits perfectly in the chosen space of the Rotunda, that the artist calls the “museum dome”, located over the historic library and largely open onto the sky of Paris.


President of MNAAG
Sophie Makariou

Curators
Michel Maucuer













Kokû,2016 Installation en bambou tigré Musée national des arts asiatiques – Guimet
© Shouchiku Tanabe / Photo : Tadayuki Minamoto Kokû

Musée Guimet - Araki

Kokû,2016 Installation en bambou tigré Musée national des arts asiatiques – Guimet
© Shouchiku Tanabe / Photo : Tadayuki Minamoto Kokû

Paysages avec couleurs (Colourscapes), 1991, impression numérique, H. 101,6 cm ; L. 125,8 cm, Yoshii Gallery, inv. YG-10907-NA
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery.

Musée Guimet - Araki

Paysages avec couleurs (Colourscapes), 1991, impression numérique
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery.

Sentimentalisme en photographie (Personal Sentimentalism in Photography),,2000, épreuve gélatino-argentique
© Nobuyoshi Araki / Photo: Thierry Ollivier / Courtesy Taka Ishii Gallery.

Musée Guimet - Araki

Sentimentalisme en photographie (Personal Sentimentalism in Photography),,2000, épreuve gélatino-argentique
© Nobuyoshi Araki / Photo: Thierry Ollivier / Courtesy Taka Ishii Gallery.

67 Retour arrière (No. 159) (67 Shooting Back (No.159), 2007 / 2008, impression directe RP, H. 152,4 cm ; L. 101,6 cm, Yoshii Gallery, inv. YG-10797-NA.
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

Musée Guimet - Araki

67 Retour arrière (No. 159) (67 Shooting Back (No.159), 2007 / 2008, impression directe RP
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery

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Musée Guimet - Araki

LE CATALOGUE DE L’EXPOSITION

ARAKI NOBUYOSHI

Coédition Gallimard / Musée national des arts asiatiques – Guimet
Sous la direction de Jérôme Neutres
Relié, 304 pages, 690 illustrations
Prix de vente : 39,90 euros
Réalisé à l’occasion de la première exposition rétrospective en France consacrée à l’un des plus grands maîtres de la photographie contemporaine japonaise, cet ouvrage anthologique retrace cinquante années de création de Nobuyoshi Araki : de la série « Théâtre de l’amour » (1965), en passant par les images emblématiques consacrées à l’art du kinbaku, jusqu’à la création inédite Tokyo Tombeau, que l’artiste vient d’achever – création originale pensée pour l’événement au musée national des arts asiatiques – Guimet.
La préface de Tadao Ando et les essais de Philippe Forest, Jérôme Ghesquière, Michael Lucken, Sophie Makariou, et Jérôme Neutres nous donnent les clés pour comprendre l’enracinement de l’art d’Araki – dont l’oeuvre est une véritable fenêtre sur le Japon contemporain – dans la culture traditionnelle.

Sommaire :
La conviction de Nobuyoshi Araki par Tadao Ando
Madame Bovary enchaînée ou l’art martial d’Araki par Sophie Makariou
Le tombeau d’Araki. Rencontre avec Nobuyoshi Araki par Jérôme Neutres
Fleurs de vie
Yôko, mon amour
Kinbaku
Araki écrivain par Philippe Forest
L’Atelier d’Araki
Un face-à-face inédit par Jérôme Ghesquière
OEuvres de la collection du musée national des arts asiatiques – Guimet
Dialectique sentimentale par Michael Lucken
Araki peintre
Tokyo Tombeau

Mécène

L’exposition bénéficie du soutien de :



Musée Guimet - Araki  



 
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Réalisation : www.studiolwa.com

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