Après plusieurs mois de travaux, le jardin de l’hôtel d’Heidelbach ouvre de nouveau ses portes aux visiteurs du Musée national des arts asiatiques – Guimet pour des visites-conférences et événements exceptionnels.

Ce nouveau paysage, création de l’architecte franco-japonaise Agnès Latour-Kurashige, associée à l’historien d’art Jean-Sébastien Cluzel permet désormais d’accueillir plus généreusement le  public pour différents évènements culturels, de protéger et de mettre en lumière l’exceptionnel pavillon de thé qu’il abrite. Sa conception résolument contemporaine, la pureté de ses lignes, la qualité de ses matériaux offrent un nouvel espace ouvert et lumineux tout en préservant l’esprit d’intimité essentiel à la voie du thé.

Le nouveau jardin

Cette création contemporaine aux lignes concentriques dessine une placette qui rassemble les visiteurs et les invite la rencontre. Les nuances chromatiques des matériaux, notamment la pierre de Bourgogne, font dialoguer avec sobriété les façades de l’hôtel d’Heidelbach et celles du pavillon de thé construit en 2001. Une pierre levée située au cœur d’un îlot de mousse et de gravier de  marbre blanc rappelle les jardins secs du Japon. La composition végétale – cerisiers du Japon, azalées, prêles, bambous nains, pins nana gracilis, fougères –,  joue sur le principe japonais du cacher-montrer : dissimulant une partie du pavillon, dévoilant de nouveaux angles de vue selon le parcours emprunté.

En surplomb de cette placette, le pavillon de thé qui s’offre désormais davantage au regard, est protégé par  une discrète clôture de bambou que seuls les hôtes conviés au partage du thé sont invités à franchir. Ils empruntent alors un chemin ponctué d’emmarchements en pierre, d’une lanterne et d’une vasque de pierre. Le jardin les amène ainsi à prendre pleinement conscience de leur environnement immédiat, préparant les sens et l’esprit à l’harmonie d’un partage hautement esthétisé : la cérémonie du thé.

Le pavillon de thé

Le pavillon de thé – ou chashitsu –_ a été dessiné par l’architecte Nakamura Masao. Il fut bâti en 2001 par les meilleurs artisans japonais placés sous l’égide du maître-charpentier Yamamoto Takaaki. Ce pavillon est conçu pour que les différentes écoles de thé japonaises puissent y pratiquer les cérémonies du thé suivant leurs propres usages et traditions.

La chashitsu du MNAAG est tenue au Japon pour une des réalisations les plus exceptionnelles de ce genre. Son architecture se veut l’expression d’un idéal de paix et de modestie. Elle n’en demeure pas moins un exemple de raffinement extrême dans le choix des différents bois employés, dans le soin apporté à chaque détail. Ainsi les fenêtres sont-elles fermées par un clayonnage de fines tiges de bambous nouées par des lianes de glycine…

Les cérémonies de thé qui se déroulent dans ce jardin permettent de comprendre l’importance que les Japonais attachent à la communion avec la nature et à la qualité des relations humaines.Elles offrent un moment privilégié pour goûter un des aspects les plus accompli de l’art de vivre japonais, structuré par quatre principes :

wa : harmonie

kei : respect

sei : pureté

jaku : sérénité.