Dans le cadre de la cinquième édition du Prix Émile Guimet de littérature asiatique , découvrez les dix ouvrages sélectionnés en juillet 2021 par notre comité de lecture. Parmi eux, cinq seront choisis au mois de septembre pour constituer la sélection finale.

Le Prix est soutenu par Priti Paul avec l’aimable assistance du Apeejay Trust à l’occasion du centenaire d’Oxford Bookstore.

L’usine

de Hiroko Oyamada (auteure japonaise)

L’Usine, un gigantesque complexe industriel de la taille d’une ville, s’étend à perte de vue. C’est là qu’une femme et deux hommes, sans liens apparents, vont désormais travailler à des postes pour le moins curieux. L’un d’entre eux est chargé d’étudier des mousses pour végétaliser les toits. Un autre corrige des écrits de toutes sortes dont l’usage reste mystérieux. La dernière, elle, est préposée à la déchiqueteuse de documents. Très vite, la monotonie et l’absence de sens les saisit, mais lorsqu’il faut gagner sa vie, on est prêt à accepter beaucoup de choses… Même si cela implique de voir ce lieu de travail pénétrer chaque strate de son existence ?

Christian Bourgeois, traduit du japonais par Silvain Chupin

Les Disparus de la Purple Line

de Deepa Anappara (auteure indienne)

À 9 ans, Jai regarde un peu trop de séries policières et se croit beaucoup plus futé que ses amis Pari et Faiz. Tous les trois vivent avec leurs familles dans une mégalopole indienne noyée dans le smog, entre la décharge et les allées grouillantes du Bhoot Bazar. Quand un de leurs camarades de classe manque à l’appel et que les autorités ferment les yeux, Jai décide d’employer ses talents de détective, acquis au fil des épisodes de Police Patrol, pour mener l’enquête. Le trio s’aventure ainsi sur la Purple Line, la ligne de métro locale, et dans les coins les plus dangereux de la ville. Mais ce qui n’était au début qu’un jeu tourne vite au drame lorsque les disparitions s’enchaînent, jusqu’à toucher Jai en plein cœur.

Les presses de la cité, traduit par Elisabeth Peellaert

Lune de papier

de Mitsuyo Kakuta (auteure japonaise)

Rika Umezawa est une femme de quarante ans. Issue d’un milieu confortable, après avoir mis fin à une première histoire d’amour, elle quitte son emploi puis se marie. Assumant avec détermination sa toute nouvelle condition d’épouse elle ne cherche pas de travail et s’applique à correspondre aux attentes d’un homme. Mais alors que celui-ci la délaisse un peu, lui fait des réflexions désobligeantes sur ses dépenses pourtant modestes, sur ses quelques projets de loisirs entre amies – des sorties dont il aurait, dit-il, la charge “en plus du reste” –, la jeune femme, perplexe mais respectueuse, décide de s’émanciper légèrement.

Actes Sud, traduit du japonais par Sophie Rèfle

Trois jours dans la vie d’un Yakuza

de Hideo Okuda (auteur japonais)

Kabukichô, Tokyo, Japon. Quartier des plaisirs tokyoïte et fief des yakuzas. C’est aussi le foyer d’adoption de Junpei Sakamoto, 21 ans, jeune homme fringant et débrouillard et nouvelle recrue du clan mafieux Hayata. En dépit de sa relative inexpérience, Junpei se voit confier une mission, une vraie, par ordre direct du boss : éliminer un membre important d’une faction rivale, le clan Isoe. Avec trois jours devant lui pour abattre sa cible, le jeune yakuza décide de profiter de ses dernières heures dans les rues de Kabukichô.

L’Observatoire, traduit du japonais par Mathilde Tamae-Bouhon

Perles

de Chi Ta-wei (auteur chinois – taiwanais)

Avec « Perles », l’auteur interroge les dérives de nos sociétés techniciennes et la normativité de nos identités. Une foule d’êtres insolites, sirènes, faunes, androïdes, mangeurs d’insectes, enquêteurs intergalactiques, rôdent dans les pages de ce recueil de nouvelles. Avec son écriture expérimentale mais toujours sensible, Chi Ta-wei invente des mondes à venir qui, tout en ressemblant étrangement au nôtre, révèlent les poisons qui le rongent et s’efforcent d’en trouver les antidotes.

L’Asiathèque, traduit par O.Bialais, G.Gaffric, C,Jortay


Sur le balcon

de Ren Xiaowen (auteure chinoise)

La première partie de l’histoire se passe dans un vieux quartier où la maison du jeune Zhang Yingxiong est, comme les autres, promise à démolition ; son père refuse toutes les propositions de dédommagement, il se met à boire et meurt d’une crise cardiaque. Après son décès, sa veuve signe l’offre de compensation et la maison est rasée. Zhang Yingxiong est alors saisi d’un désir obsessionnel de vengeance. Embauché comme serveur dans un restaurant dont une fenêtre donne sur l’appartement de l’homme chargé des expulsions dans le quartier, qu’il juge responsable du décès de son père, il observe avec des jumelles la vie du fonctionnaire et de sa fille sur le balcon d’en face…

L’Asiathèque, traduit par Brigitte Duzan

L’Ode au chou sauté

de Areno Inoue (auteure japonaise)

Dans la banlieue de Tokyo, trois femmes tiennent une petite boutique de plats à emporter. La cuisine y est familiale ; et bien que joyeuses et sympathiques, elles n’ont, pour les clients qui poussent la porte, rien d’extraordinaire. Ce sont des femmes qui prennent de l’âge, des femmes invisibles. Mais lorsqu’elles cuisinent, on comprend que se joue quelque chose de profond et d’intime. La cuisine devient le lieu de la réconciliation. Avec le passé d’abord mais surtout avec soi.

Picquier, traduit du japonais par Patrick Honnoré

Ret Samadhi- Au-delà de la frontière

de Geetanjali Shree (auteure indienne)

Ret Samadhi est l’histoire d’Amma, mère, grand-mère et veuve de 80 ans, qui sans un mot abandonne un beau jour la maisonnée de son fils aîné chez qui elle vit, comme le veut la tradition. Retrouvée par la police, elle sera ensuite hébergée par sa fille journaliste et célibataire, qui lui offre une toute nouvelle forme de liberté et d’amour. Elle s’ouvre alors au monde, aidée dans sa métamorphose par une curieuse aide-soignante, Rosy, qui s’avère être une transgenre issue de la communauté des Hijras. Mais l’intense amitié qui lie les deux femmes est brutalement interrompue, ce qui marque un nouveau tournant dans la vie d’Amma ; l’octogénaire, aussi farfelue qu’attachante, décide alors de partir pour le Pakistan, entraînant sa fille dans cette folle aventure.

Editions Des Femmes-Antoinette Fouque, traduit de l’hindi par Annie Montaut

Pluie

de NG Kim Chew (auteur malaisien)

La pluie s’abat sur la forêt vierge malaisienne. Le tumulte emplit tout le ciel et la terre, comme s’il n’y avait plus ni jour ni nuit, ni début ni fin. Noyée sous le déluge, en bordure d’une plantation d’hévéas, se tient une petite maison qui abrite une famille de migrants chinois, le père, la mère et leur petit garçon Sin. Ce soir-là, les chiens aboient soudain furieusement, le père change de visage : un tigre rôde autour de la maison.

Picquier, traduit du du chinois par Pierre-Mong Lim


Le carnet d’enquête d’un beau gosse nécromant

de Jaehan Jung (auteure coréenne)

Bienvenue au cabinet secret de Nam Hanjun, alias Beau Gosse, pseudo-chaman et authentique escroc. Avec ses deux complices, Hyejun, sa petite-sœur hackeuse de génie et Sucheol, dit Mammouth, détective privé, ils offrent à leur riche clientèle des  » divinations  » sur mesure qui font leur succès. Un soir, une cliente les appelle après avoir cru apercevoir un fantôme dans sa cuisine. Quand ils arrivent leur présence attire l’attention d’un voisin qui prévient la police. Une jeune inspectrice se rend sur place, Ye-eun, experte en arts martiaux, que ses collègues surnomment justement le fantôme tant elle est rapide et discrète. Dans la cave de la maison, elle découvre le cadavre d’une adolescente recherchée depuis un mois. .

Editions Matin Calme, traduit du coréen par Han Yumi et Hervé Péjaudier