Trouvées dans l’est de l’Afghanistan, ces sculptures appartenaient aux piliers déterminant les aires sacrées des temples des Kafirs, tout pénétrés d’anciennes croyances indiennes et iraniennes. Ces deux sculptures de bois proviennent du temple de Shitwe, village perché à 2600 m dans la vallée du Karun, décrit par le Britannique Robertson avant 1896. Femme et homme à cheval sont des ancêtres intercédant auprès des divinités.

Idoles kafirs: cavalier tenant un flambeau et femme assise
Afghanistan; Kafiristan (actuel Nouristan)
19ème siècle; bois de pin; don de l’émir d’Afghanistan, Amanullah, lors du premier partage franco-afghan à l’issue des fouilles réalisées sur le site de Païtava par Joseph Hackin pour la DAFA en 1925, MG 2461; MG 24162

Le Kafiristan, pays des Kafirs, est la dernière zone de l’Afghanistan où se maintinrent des croyances antérieures à l’islam. Ce « pays des païens » (kafir) fut converti par la force en 1896 par l’émir Abd al-Rahman Durrani lors d’une expédition militaire. La région fut rebaptisée pour cela Nouristan, « pays de la lumière (divine) ». Les maisons des prêtres kafirs furent alors détruites mais il en demeurait encore quelques-unes en 1954. L’ethnologue italien Fosco Maraini fit alors des photos de ces temples et des populations du Nouristan tandis que Paolo Graziosi travaillait sur les Kalash ou Kalasha, populations similaires de la zone de Chitral au Pakistan.

Ces « Kafirs de l’Hindu-kush » ont passionné plus d’un chercheur ; c’est le cas de George Scott Robertson (1852-1916) qui leur consacra sous ce titre un ouvrage. Avant lui, le général français Court, au service du souverain sikh du Pendjab Ranjit Singh, signale en 1828 des divinités kafirs en pierre, portant des masques de métal. Malheureusement aucune n’a survécu. Mais leur première mention revient au voyageur britannique Elphingstone, en 1815, qui décrivit également ces divinités de pierres. Lorsque Fosco Maraini publie « Les derniers païens » cela fait déjà longtemps que ces populations ont disparu car les peuples et leurs cultures sont fragiles et mortels.