Évenement! - Le Musée Guimet inivite Rina Banerjee

 

Dans le cadre de sa Saison Indienne, printemps-été 2011, le musée Guimet présente l'exposition « Chimères de l'Inde et de l'Occident », œuvres contemporaines de l'artiste américaine d'origine indienne Rina Banerjee.

Installées au cœur des collections permanentes, les compositions hybrides et poétiques de Rina Banerjee entrent en résonance avec les œuvres millénaires du musée. Déroulant jusqu'à nos jours les récits entremêlés de l'Histoire en cours, elles offrent l'occasion de porter un regard renouvelé sur les civilisations asiatiques et leurs relations complexes avec l'Occident.

Analyse d'un face à face esthétique …

 

entretien avec Jacques Giès

« Pourquoi une exposition Rina Banerjee au musée Guimet ?

La réponse sera brève [en regard de ce qui précède] : c'est une œuvre d'aujourd'hui créée par une artiste de la diaspora indienne : le fil historique tiré jusqu'au présent – autrement dit, l'Inde, vivante, comme nous, est vivante dans les œuvres patrimoniales des collections. C'est là l'intemporalité de l'Art. Maintenant, il est loisible à chacun de trouver des échos, selon sa culture indienne. Par exemple, ce fauteuil présenté dans la rotonde de la bibliothèque historique de Guimet : fauteuil du dossier duquel jaillit une trompe d'éléphant, attribut du dieu hindou Ganesha.
Références multiples, notamment de la rencontre de l'Inde avec l'Occidentalisme, dans l'emprunt au fauteuil anglo-indien, ici mis en abîme en quelque sorte dans la grande mythologie indienne. »

© musée Guimet, Paris / Raphaël Chipault/ Benjamin Soligny

entretien avec Caroline Arhuero

« Comment avez-vous élaboré le parcours de l'exposition ?
Le parcours se développe principalement dans les salles du premier étage du musée, au sein de l'Inde des miniatures, dans l'espace néo-classique de l'ancienne bibliothèque, parmi la richesse des coloris, des matières et des techniques des textiles indiens et au cœur des arts religieux et divinatoires de l'Himalaya. Deux œuvres sont également situées au rez-de-chaussée et au troisième étage du musée, révélant ainsi l'étendue du monde indianisé et du monde asiatique à l'instar de l'étendue du regard de l'artiste.
Les œuvres contemporaines de Rina Banerjee et les œuvres anciennes des collections du musée Guimet, principalement issues des sections Asie du Sud-est, Inde, Textile et Arts de l'Himalaya, dialoguent autour de l'utilisation des matériaux composites, des rituels de divination, des notions de syncrétisme et de domination respectives des cultures au cours de l'histoire.
Cette exposition permet de dévoiler la richesse des civilisations, des modes de création et des religions en Asie hier et aujourd'hui et leurs influences dans nos cultures occidentales.

Quels liens se créent entre les collections permanentes et l'œuvre de l'artiste ?
Les liens entre les collections permanentes et l'œuvre de Rina Banerjee se créent par la juxtaposition, la collecte, la mise en relation de symboles et d'éléments constituant les traces des différentes cultures et de leurs mythologies. Ces juxtapositions révèlent aussi un regard contemporain entre « Orientalisme » et «Occidentalisme ».
L'intensité expressive des divinités exposées dans les salles du musée, la force des sujets, la variété des techniques et des matériaux constitutifs des œuvres anciennes comme contemporaines, participent à ce face à face créatif.
Une illustration possible de ces liens peut se lire dans les dessins de l'artiste en regard des miniatures et des mandalas par exemple. Les dessins de Rina Banerjee, tout comme ses œuvres en trois dimensions, font preuve d'une grande richesse dans les sujets, les formes et les coloris. A l'instar de la miniature Moghole, les dessins de l'artiste sont à la fois séduisants et relatent toutes sortes de scènes variées issues d'influences nombreuses et symbolisées par une forme de naturalisme associés à un syncrétisme des symboles.
De même, les mandalas des collections du musée en présentant une multiplicité des formes, des couleurs, un nombre important de déités farouches à plusieurs têtes, plusieurs bras…en révélant une composition précieuse et riche autorisent également une correspondance avec les dessins de Rina Banerjee, l'ensemble de ces créations ouvrant au spectateur des voies possibles de la compréhension. »

fin de page

Découvrez l'œuvre commentée de Rina Banerjee dans le catalogue de l'exposition :

« Titres captivants, exubérants et poétiques ; sculptures tentaculaires et ornementation sanglante ; dessins où les sœurs de cette « Méduse qui rit » rugissent en clignant de l'œil : « l'écriture féminine » de Banerjee incline davantage au sémiotique qu'au symbolique. »
Laura Steward