Édito - Art contemporain au Musée Guimet

 

Depuis plus de deux ans, le Musée Guimet s'ouvre à la création contemporaine et expose dans ses salles des artistes d'aujourd'hui. Histoire d'un projet innovant !

Repères chronologiques

17 juin au 19 octobre 2009 :
« God Pound » ou le « dépôt des Dieux » de Hung-Chih Peng
10 juin au 7 septembre 2009 :
« De neige d'or et d'azur » de Chu Teh-Chun
7 juillet au 15 novembre 2010 :
« Perpétuel Paradoxe » de Rashid Rana
29 septembre au 13 décembre 2010 :
« Déplacements #1 » de Chen Zhen
20 octobre 2010 au 24 janvier 2011 :
Partie contemporaine au sein de « Costumes d'enfants -Miroir des grands
– Hommage à Krishna Riboud ».

25 mai au 26 septembre 2011 :
« Chimères de l'Inde et de l'Occident » de Rina Banerjee

entretien avec Jacques Giès

« Pourquoi exposer l'art contemporain au musée Guimet ?
Pour la raison toute simple que le musée Guimet a vocation de traiter les arts et les civilisations d'Asie, que ces sujets sont nécessairement à envisager sur les longues périodes : depuis les « temps profonds» (révélés par les fouilles archéologiques) jusqu'au seuil de notre temps, voire, et c'est ici le projet ambitieux : notre temps même. J'ajoute que l'idée de confrontation (entre les oeuvres historiques et les créations, expressions, contemporaines), si elle peut naitre sous le regard du visiteur, n'est pas notre argument essentiel. C'est en cela que la présence, sous forme d'événements, de l'art contemporain à Guimet, se distingue de comparables présentations dans d'autres institutions muséales.
Il s'agit pour nous de mettre un point final à l'Orientalisme – cette interprétation eurocentrique des cultures « autres », ici notamment, l'Asie, pour, modestement, nous ouvrir au « témoignage » de ce que les nations lointaines créent aujourd'hui sous le régime de l'Art. »

« Quelles sont les perspectives du musée Guimet dans le domaine contemporain ?
Exprimer l'art contemporain au musée Guimet – expressions vives des longues histoires culturelles, particulières à chacune des nations d'Asie –, forme l'un des volets primordiaux du nouveau projet scientifique et culturel défini à la fin de l'année 2008 et mis en œuvre dès le printemps 2009, voici trois ans. Depuis, sept noms d'artistes contemporains couvrant un vaste horizon (Chine, Taïwan, Pakistan, Inde, Japon, Corée), ont été portés à la connaissance du public, que ce soit par des monographies, prenant place dans les salles muséales, ou par l'une de leurs œuvres figurant au sein d'une exposition patrimoniale. »

entretien avec Caroline Arhuero

« En quoi l'art contemporain peut-il en être une des voies de la compréhension des civilisations d'Asie d'hier et d'aujourd'hui ?
La proximité spontanée des œuvres contemporaines et patrimoniales du musée nous permet de comprendre qu'il n'y a pas un regard mais des regards, pas une voie mais des voies de la compréhension.
La diversité des formes de l'art aujourd'hui et la diversité des modes d'appréhension de l'art nous permettent d'élargir les frontières de notre perception, mais aussi de comprendre que l'audace créative révèle des questions fondamentales, parfois communes, tant dans les temps anciens que contemporains.
Rina Banerjee s'inspire des symboles de son Inde natale, ainsi que des symboles de la culture américaine et, plus largement, de la culture occidentale. Elle nous révèle la place actuelle du multiculturalisme et la façon dont l'Occident, s'est parfois approprié les emblèmes des cultures autrefois colonisées, pour les transformer en une nouvelle iconographie populaire. L'artiste nous permet aussi de cerner nos civilisations Occidentales, leurs modes de lecture et de compréhension des autres civilisations. »

fin de page