Sugkyi Nyima
Opéra tibétain

L’opéra tibétain ou « aché lhamo » semble remonter à la culture pré-bouddhiste bönpo. Etymologiquement, les aché lhamo sont des êtres humains habillés en divinités féminines. Cette forme d’opéra offre un exemple de la fusion entre la tradition millénaire bön et le bouddhisme. Les techniques vocales utilisées sont issues de cette ancienne culture d’essence chamaniste, qui s’est mis au service de la parole du Bouddha. Les chants sont des incantations ponctuées par le tambour et les cymbales et accompagnés de danses décrivant des cercles magiques. Chants et danses consacrent le lieu du spectacle et répandent sur l’assistance des bénédictions. La mise en scène est toujours simple, ce qui permet d’actualiser les livrets les plus mythologiques et d’allier tradition et modernité.
Traduit au 8ème siècle par des érudits qui adaptèrent commentaires bouddhistes et littérature sanskrite à la langue tibétaine, l’opéra Sugkyi Nyima fut remanié au 15ème siècle par Thangtong Gyelpo.
Né au Tibet, élève puis professeur au Tibetan Institute of Performing Arts, conservatoire fondé par le Dalaï Lama à Dharamsala, Tenzin Gönpo présente un extrait de Sugkyi Nyima, accompagné par Caroline Roy pour les traductions. Maître d’une tradition ancestrale, il sait intégrer d’autres cultures afin de travailler avec des artistes dont les plus contemporains sont la chorégraphe Carolyn Carlson, le poète écrivain André Velter et l’écuyer scénographe Bartabas.