Documentaire de Maria Stodtmeyer, 2013, 60’, vostf

Reconnu et respecté par les deux Corée, Isang Yun était un compositeur de génie qui a tenté, toute sa vie durant, de jouer les médiateurs entre les deux faces de sa patrie.
Ce film, moyennant des archives souvent inédites, et grâce à des interviews de personnes de son entourage, retrace le parcours de celui qui, partant d’une carrière de professeur de musique dans le Sud, a progressivement investi dans la musique classique, notamment à travers des études au Japon, puis en Allemagne, à la Musikhochshule de Berlin. Son aura finira par très largement dépasser son pays natal pour nourrir une renommée mondiale.
Le drame s’installe dans sa vie quand, en 1967, en pleine guerre froide, il est enlevé par des agents des services secrets sud-coréen, emmené à Séoul, et condamné à perpétuité pour Haute Trahison, essentiellement en raison d’un voyage en Corée du Nord, alors pays frère de l’Allemagne de l’Est. Suite à des protestations internationales, et une pétition de musiciens célèbres, il est libéré en 1969 et obtient la nationalité allemande en 1971. Le Sud l’a réhabilité plus tard en lui consacrant un festival de musique classique qui porte son nom.
Hanté par la politique, Isang Yun ne s’est investi pourtant que dans sa musique, dont il voulait tant qu’elle soit médiatrice entre les frères ennemis coréens. C’est le désir profond de réconciliation qui semble caractériser sa musique, intense et ouvert sur l’avenir. Ses œuvres sont jouées aujourd’hui encore par les plus grandes salles de concert de la planète.