1/ Vous avez intitulé votre nouvelle programmation « La nature des lettrés », pourriez-vous nous en dire un peu plus sur ce titre ?
L’exposition sur les Rochers des lettrés nous invitait, de toute évidence, à nous intéresser à ces lettrés, à ce qu’ils ont représenté dans l’histoire de la Chine, dans la pensée chinoise, mais aussi à ce qu’ils sont devenus.
En fait, le titre de la programmation est à double sens.
En chinois, il faudrait le traduire à la fois par 文人之本質 (la nature, l’essence des lettrés, ce qu’ils sont) et 文人之山水(la Nature dans son rapport avec les lettrés).
Nous aborderons les deux volets dans ce programme.
La Nature chinoise, à travers les montagnes sacrées, si chères aux lettrés, les jardins et les rochers…
Mais aussi, dans une simultanéité avec l’exposition, la pensée des lettrés, le taoïsme, les arts qu’ils pratiquent : écriture, peinture, calligraphie, musique…
Et ce, jusqu’aux évolutions récentes : la place de la littérature dans le cinéma chinois, la calligraphie contemporaine, le Prix Nobel de littérature Gao Xingjian prenant la caméra…
2/ Comment avez-vous procédé pour choisir les différents types de manifestations qui seront présentés durant les prochains mois ?
Comme à l’habitude, nous avons visionné des dizaines de films, dressé des listes de conférenciers, recherché des spectacles musicaux d’inspiration taoïste ou des musiciens lettrés susceptibles d’illustrer notre propos…
Le plus difficile reste toujours le moment de la sélection, du choix final, car il faut rester au plus près de notre thématique, tout en élaborant un discours cohérent, une progression, un véritable cheminement de manifestation en manifestation.
3/ Quels seront les temps forts de cette programmation ?
Je ne peux faire autrement que de dire qu’ils le sont tous, car l’idéal est bien entendu de suivre la globalité de la programmation dans sa logique afin d’explorer la thématique.
Mais je comprends bien que certaines personnes doivent faire des choix…
« La voie du Tao » dévoile la relation profonde des Chinois à la Nature. Il faut absolument voir ce documentaire et, bien entendu, ne pas rater les trois conférences qui nous donneront les autres clés de cet évènement : « Voyage au pays des lettrés » par Catherine Delacour, « Rochers étranges et pierres de rêve : le goût des lettrés chinois » par Yolaine Escande et « Musique des lettrés chinois » une conférence en musique avec François Picard, ethnomusicologue, et You Li-yu, lettrée et joueuse de guqin.
Pour les films, « Promenade en Chine », tourné en 1932, est un documentaire rare qui évoque une Chine révolue. Il vient d’être restauré par les Archives Françaises du Film et il y aura bien peu d’autres occasions de le voir.
« La rizière », est le premier film en langue Dong ! Un inédit à ne pas rater…
Le cinéma chinois, héritier de l’opéra, a une longue tradition littéraire. Nous allons le découvrir à travers des films anciens comme « La princesse à l’éventail de fer », premier film d’animation du cinéma chinois en 1941, des opéras comme « La rose de Pushui », film muet de 1927, « La rose de Wouke Aka », opérette pingju, « Le pavillon aux pivoines », opéra kunqu, des grands classiques : « Le sorgho rouge », « Vivre », « La véritable histoire d’Ah Q », deux films adaptés de Lao She : « Ma vie » et « La maison de thé », ainsi que des films plus récents : « Portrait de femmes chinoises » et « Les petites fleurs rouges ».
Enfin n’oublions surtout pas les rendez-vous avec le lettré contemporain, Gao Xingjian, prix Nobel de littérature, peintre, dramaturge et cinéaste…
Je m’arrête là… à grand regret.
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