Rituels tibétains

Visions secrètes du Ve Dalaï Lama
 

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux et le musée des Arts asiatiques-Guimet, avec le soutien du Crédit Agricole Indosuez.

Le Ve Dalaï Lama (1617-1682) fut une figure politique et religieuse majeure de l’histoire du Tibet. Chef spirituel et temporel du pays, unifié sous son autorité à partir de 1642, il fut le véritable fondateur de la théocratie lamaïque et le Dalaï Lama le plus puissant de tous. Homme politique exceptionnel, grand administrateur et bâtisseur, il fut également un écrivain très prolifique et un maître spirituel hors du commun.

Il consigna par écrit les expériences visionnaires qu’il eut à partir de l’âge de six ans et jusqu’à sa mort. Ce texte confidentiel et réservé à un cercle très limité de lecteurs, ne fut jamais imprimé. Le manuscrit des Visions secrètes qui date du vivant du Ve Dalaï Lama et fait partie de l’importante donation sous réserve d’usufruit consentie en 1989 par Lionel Fournier au musée Guimet, est l’une des quelques versions manuscrites existantes et la plus remarquable par ses illustrations. Lors de l’exposition consacrée à cette donation en 1990, seules trois de celles-ci furent présentées. Cette nouvelle manifestation se propose de les montrer pour la première fois dans leur totalité.

Ces représentations constituent le cœur de l’exposition qui comporte trois sections, rassemblant environ 180 œuvres, souvent inédites et provenant principalement de collections privées européennes :

 une première partie évoque, au moyen de sculptures et de peintures portatives (thang-ka), le Vème Dalaï Lama et quelques-unes des principales divinités et figures religieuses présentes dans ses visions, notamment celle du maître indien Padmasambhava (VIIIe s), qui joua un rôle majeur dans le développement du bouddhisme au Tibet.

 une deuxième partie présente, autour des 67 illustrations sur fond noir du manuscrit, un large ensemble de peintures exécutées selon cette même technique qui se développe à l’époque du Ve Dalaï Lama, son apogée se situant cependant aux XVIIIe et XIXe siècles. Ces peintures noires, encore mal connues et assez peu présentées, constituent un support privilégié pour la représentation de divinités protectrices à caractère courroucé. Plusieurs d’entre elles se manifestent de façon répétée dans les Visions secrètes. Des exemples appartenant à la collection personnelle de Lionel Fournier sont montrés à cette occasion, de même que quelques feuillets provenant d’autres manuscrits, en particulier celui d’une version plus tardive des Visions secrètes, acquise autrefois par Emile Guimet.

 une troisième partie, la plus importante par le nombre de pièces, réunit un groupe d’objets comparables à ceux des dispositifs rituels illustrés dans le manuscrit, ceux-ci étant destinés à des cérémonies liées à diverses divinités ésotériques. Les objets rituels, qui n’ont occupé qu’une place modeste dans les précédentes expositions consacrées à l’art tibétain, sont en effet l’un des points forts de l’exposition. Plusieurs éléments de mobilier liturgique, présents dans les chapelles dédiées aux divinités gardiennes et encore peu connus en Occident, sont également exposés.