Ming, l'age d'or du mobilier chinois.

19 mars – 14 juillet 2003
 

L’époque Ming (1368-1644) correspond à un temps d’apogée dans les civilisations de l’Asie orientale. Quintessence d’un art de vivre extrêmement raffiné, le mobilier en représente l’expression la plus aboutie. Nés dans les villes-jardins au sud du fleuve, le Jiangnan, entre Nankin et Shanghai, ces meubles fonctionnels, d’une simplicité et d’une remarquable beauté , sont créés par des ébénistes qui, même dans la postérité, garderont l’anonymat. Longtemps ignorés en Occident, il faudra attendre les années 1930 pour découvrir ces ouvrages d’exception. L’école danoise y puise alors largement son inspiration. Cependant, leur influence s’inscrit déja en filigrane dans le mobilier Louis XV.

Pour la première fois en Europe, l’exposition Ming, l’age d’or du mobilier chinois présente une centaine de pièces rarissimes émanant de la collection Lu Ming Shi, la seule conservée hors de Chine concernant le mobilier Ming du XVIe et XVIIe siècle qui puisse actuellement offrir une vision complète de cet âge d’or de l’ébénisterie chinoise.

PARCOURS DE L’EXPO

Les oeuvres sont regroupées dans trois galeries successives afin d’offrir un panorama exhaustif. La première galerie propose une approche technique de ce mobilier en apparence simple mais aux assemblages complexes. Des traités d’ébénisterie, des épures, des exemples concrets, des outils explicitent un savoir-faire rarement égalé. La deuxième galerie passe en revue les différents types de mobilier et leurs déclinaisons. Depuis les tabourets les plus élémentaires jusqu’aux sièges les plus sophistiqués. On mesure ainsi les infinies variations élaborées par les ébénistes Ming. Couches, tables, écrans, cabinets, consoles, armoires sont créés pour satisfaire une élite lettrée au goût exigeant.

La dernière galerie, la plus vaste des trois, présente des ensembles constituant le point d’orgue du développement de cette exposition. Les meubles ont été choisis en fonction de leur rapport subtil avec la nature. En effet, plus que tout autre, les artisans Ming excellèrent dans l’exaltation des essences les plus précieuses, en particulier le huali, cette variété de bois de rose. Ils surent en magnifier les veines, clarifier les dessins, renforçant l’éclat par la pose d’une laque transparente. Ce mobilier,à la fois d’intérieur et d’extérieur, a été conçu pour la contemplation de la nature dont il célèbre les forces les plus secrètes. Cette vénération respectueuse de la nature se retrouve dans les pierres de lune et les rochers de lac que les lettrés aimaient à collectionner. L’exposition comporte un certain nombre de ces chefs-d’oeuvre de l’univers minéral qui font écho à ceux construits en bois.