Konpira-San, Sanctuaire de la mer - Trésors de la peinture japonaise.

Du 15 octobre au 8 décembre 2008
 
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Sanctuaire de Konpira, île de Shikoku, Japon © Keiichi Kawamura/ KOTOHIRA-GU

1/ PROPOS DE L’EXPOSITION

L’exposition se propose de montrer, pour la première fois en dehors du Japon, l’essentiel des œuvres, pour la plupart des peintures murales de grande envergure (cloisons coulissantes et paravents) participant de l’architecture intérieure des bâtiments du sanctuaire de Kotohira-gû. La présentation muséographique de celles-ci tend à rendre compte le plus fidèlement possible de cette dimension singulière de l’aménagement des espaces intérieurs au Japon, appliqué ici à la sphère religieuse.

Ce sont donc de grands noms de la peinture japonaise qui sont évoqués, au travers d’œuvres célèbres dont beaucoup sont aujourd’hui classées Bien Culturels Importants. Si de rares paravents permettront d’illustrer les grands courants de la création picturale à l’époque Momoyama, notamment l’école Kanô (« Cèdres et Mont Fuji », paravent attribué à Kanô Eitoku) et l’école Tosa (paire de paravents illustrant des scènes du Genji Monogatari attribuées à Tosa Mitsumoto), ce sont surtout deux grands noms de la peinture du XVIIIe siècle qui seront par le biais de cette exposition magistralement représentés : Maruyama Ôkyo (1733-1795) et Itô Jakuchû (1716-1800). Des peintures à l’huile de Takahashi Yuichi (1828-1894) témoigneront de la portée des influences occidentales sur la création picturale de l’ère Meiji.

2/ LE SANCTUAIRE DE KOTOHIRA-GU

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Sanctuaire de Konpira, île de Shikoku, Japon © Keiichi Kawamura/ KOTOHIRA-GU

Le sanctuaire shintô de Kotohira-gû (ou Konpira-san), point de convergence du culte des montagnes et de croyances relatives à la divinité gardienne des transports maritimes et protectrice des dangers de la mer, fut dès l’époque de Heian (794-1185) un centre de dévotion important, particulièrement populaire et fréquenté à partir du XVIIe siècle. Lieu de pèlerinage célèbre, Kotohira-gu apparaît aussi comme un foyer de création artistique très actif, conservant dans l’enceinte de ses bâtiments de nombreux témoignages picturaux de l’époque d’Edo.

En effet, au Japon avant la seconde moitié du XXème siècle, il appartenait aux temples bouddhiques ou aux sanctuaires shintô de soutenir la culture et la création artistique.

Au XIVème siècle, le sanctuaire est rebaptisé Konpira-san. Ômono-nushi-no-kami, en effet la divinité shintô originellement vénérée au sanctuaire de Kotohira, est identifiée à la divinité bouddhique Konpira et prend le nom de Konpira daigongen (ce qui signifie la manifestation sur terre du dieu Konpira). Cette dénomination est abandonnée en 1868 et remplacée par son appellation première de Kotohira-gû.

Le sanctuaire possède une collection de 6000 œuvres constituées d’achats et de dons, de la part des pèlerins en prière au dieu de Konpira ou en remerciement.

3/ L’ARCHITECTURE :

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Sanctuaire de Konpira, île de Shikoku, Japon © Keiichi Kawamura/ KOTOHIRA-GU

Le sanctuaire de Kotohira-gu est de style sho’in. Il se caractérise par un bâtiment compact structuré par des cloisons coulissantes en papier tendu sur une armature en bois (nommé les fusuma). Le vestibule de l’entrée, étaient utilisés comme une salle d’attente pour les domestiques et les vassaux des seigneurs. Ces derniers étaient reçus dans la grande pièce officielle se situant plus avant. A l’arrière se trouve le shoin (le « cabinet de travail »), petite pièce dont le nom a été repris pour évoquer le style de cette architecture. Souvent décorée, elle est réservée au maître de la demeure.

Les tatami, des matelas en paille recouverts d’une natte tressée, sont un élément central, ils représentent l’unité spatiale du bâtiment et sont disposés sur les planchers de bois.

Un vocabulaire spécifique se rapporte à cette architecture, ainsi les portes coulissantes s’appellent des fusuma, et les espaces situés au-dessus de ces portes se nomment ranma ou naga-oshi.

Notons enfin que cette architecture s’inscrit dans un espace végétal où le jardin prend une place importante et complémentaire du bâtiment.

 

4/ LES ARTISTES

Différents artistes ont contribué à la décoration du sanctuaire.

Maruyama Ôkyo (1733-1795) est né dans le village de Tampa Anoo (actuellement un quartier de Kyoto nommé Kameoka). Il est sensibilisé à la perspective occidentale en dessinant des paysages japonais pour un système d’images stéréoscopiques permettant de voir en relief. Il intègre l’école Kano, dans l’atelier d’Ishida Yûtei.
Il réalise l’intérêt de la peinture inspirée de la nature et dessine dans ses carnets plantes, animaux et paysages, il est influencé par la botanique. Il est ainsi marqué par l’esprit positiviste.
Il associe des effets décoratifs à des thèmes traditionnels, issus notamment de l’école chinoise, tout en cherchant à représenter de manière objective la nature.

Itô Jakuchû vécut au XVIIIème siècle, c’est peintre originaire de Kyôto. Il hérite de l’affaire familiale de grossiste en fruits et légumes, qu’il décide finalement de transmettre à son frère cadet afin de se consacrer à la peinture. Il peint des sujets humbles comme des fleurs, des animaux ou des éléments naturels communs, qu’il observe chaque jour.
Après un passage dans un atelier d’un peintre Kanô, il copie des peintures chinoises. Il est également influencé par l’esprit positiviste du XVIIIème siècle qui privilégie l’observation de la nature. Ses peintures de fleurs s’inspirent ainsi à la fois du style traditionnel chinois mais également d’ouvrages de botaniques.

Takahashi Yuichi (1828 - 1894) est né au sein d’une famille de guerriers au Japon. C’est à l’âge de 11 ans qu’il apprend la peinture auprès d’un maître nanga, une école fondée sur la peinture classique chinoise. Dans les années 1860, il découvre et étudie la peinture à l’huile à partir de lithographies et d’ouvrages techniques sur la peinture occidentale.
Ses sujets de prédilection sont le portrait, la nature morte et le paysage, le thème des saisons et des paysages. Du point de vue stylistique, il compose l’image d’une manière traditionnelle au Japon, il adopte notamment dans ses natures mortes un point de vue élevé, suggérant un étagement des éléments sur la peinture.

Takubo Kyôji est un artiste contemporain qui a étudié à l’université, sa théorie artistique suppose de s’imprégner du lieu où l’œuvre a été créée pour pouvoir la comprendre. Il s’intéresse à la décoration des monuments et cherche à créer une union entre l’architecture et la peinture.

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Tsubaki (Camélias T1155) Takubo Kyōji (né en 1949) (2005-2008) Pastel gras sur papier Ensemble de panneaux coulissants, Shiro-shoin Chaque panneau : H. 183 cm ; l. 135 cm Sanctuaire de Konpira, île de Shikoku, Japon © Keiichi Kawamura/ KOTOHIRA-GU

Ainsi, dans son œuvre, Takubo Kyôji tente de capter l’esprit traditionnel du lieu en le faisant revivre grâce à la création contemporaine.
Il est l’auteur de quatorze fusuma de 25m de long en tout sur 4m de haut ornés de camélias rouges sur un fond de feuillages verts, achevés en octobre 2008. Ainsi que deux grandes fresques en carreaux de céramique d’Arita, représentant des camélias bleus.

 

5/ LES SALLES

L’Omote-shoin est le pavillon situé à l’avant du bâtiment, il remonte à l’ère Manji (1658-1661) et servait à recevoir les visiteurs.

La salle des grues / Maruyama Ōkyo : la salle des grues était également appelée la « Salle des émissaires », elle servait de salle d’attente pour ces derniers et leurs serviteurs, ainsi que de salle de rencontre pour les marchands ou les artisans. Les portes coulissantes sont décorées de peintures, réalisées par Maruyama Ōkyo, elles représentent des grues.
La composition se lit de gauche à droite, jouant avec le dessin de grues, symbole d’immortalité depuis la Chine antique, que le regard accompagne de la terre vers le ciel.

La salle des tigres / Maruyama Ōkyo : cette salle était également utilisée pour recevoir les émissaires, elle pouvait en outre servir d’espace de théâtre ou de concert. Elle est composée de 16 portes coulissantes décorées par des peintures représentant des tigres, symboles de l’Ouest dans la cosmologie chinoise antique. Certaines parties inférieures étant ornées de rochers et de bambous.

La salle des sept sages : elle était destinée à accueillir les émissaires importants comme les représentants de daimyos et de nobles. Les peintures figurent les « sept sages dans une bambouseraie », sujet souvent illustré dans la peinture chinoise de personnage du IIIe et Ive siècles. Les parties inférieures sont quant à elles décorées de « Jeunes bambous le long de la rivière » et « Rochers et bambous »

La salle des paysages / Maruyama Ōkyo : elle se compose d’une grande surface dont une partie surélevée appelée « Jōdan-no-ma » et une pièce secondaire. Les visiteurs de haut rang y étaient reçus. Les peintures sur les panneaux représentent des paysages dont la réalisation date d’octobre 1794.

La salle du Mont Fuji / Murata Tanryō (époque Meiji) : Espace composé de deux pièces. La pièce principale est décorée de paysages, figurant essentiellement le Mont Fuji, et réalisés à l’encre de Chine, La pièce secondaire représente des scènes de chasse à courre.

L’Oku-shoin : Lieu de vie privée pour le supérieur du temple bouddhique Konkō-in, intendant (bettō) du sanctuaire de Konpira. On suppose que le bâtiment remonte à l’ère Manji (1658-1661) avec de nombreuses transformations dans la salle surélevée.

La salle des saules / Itō Jakuchū puis Gan Tai : les panneaux coulissants de cette salle sont ornés par des arbres, des saules au feuillage imposant autour desquels volent des aigrettes blanches.

La salle des iris / Itō Jakuchū puis Gan Tai : sur un fond d’or, la décoration de cette salle représente des iris au bord de l’eau et de canards, certaines parties supérieures étant ornées de papillons.

La salle du printemps / Itō Jakuchū puis Gan Tai : Les panneaux sont décorés de plusieurs arbres, des pins, et les espaces supérieurs représentent des collines arrondies. Avant sa rénovation par Gan Tai, cette salle se nommait la « Salle des paysages ».

La salle surélevée « des fleurs » / Itō Jakuchū : l’ensemble des cloisons de la pièce est décoré d’environ 201 fleurs peintes, organisées de manière ordonnée.


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