Japon, images d'acteurs, estampes du Kabuki au 18e siècle

Du 15 avril au 6 juillet 2015
 

« Japon, images d’acteurs, estampes du kabuki au 18e siècle», puisant au très riche fonds d’estampes du musée national des arts asiatiques – Guimet, accompagne
l’exposition « Du Nô à Mata Hari, 2000 ans de théâtre en Asie » et, loin d’épuiser le sujet, en explore un moment spécifique.

Le Japon occupe une place singulière dans l’histoire du théâtre mondial ; créateur de formes d’art total nous lui devons le nô et le kabuki, ce dernier, objet d’une attention particulière de la part des maîtres de l’estampe. C’est que, peu ou prou, l’art de l’estampe et le kabuki s’incarnent fondamentalement en un même lieu – Edo, l’antique Tokyo – et atteignent leur pleine maturité en un même temps. Dans le quartier de Yoshiwara se concentrent les théâtres de la capitale après le grand incendie
de 1657. Le kabuki, destiné à un large public à l’inverse du nô, praxis essentiellement aristocratique, y prend sa forme classique après l’institution par décret shogunal, en 1653, d’une classe professionnelle d’acteurs, exclusivement masculins. Un répertoire varié organisé en grands genres, le chant, une gestuelle parfaitement codifiée, un maquillage dramatisant les traits et l’expression des sentiments, de spectaculaires et inattendus costumes à effets « transformistes », un espace scénique tout à fait particulier sont autant de caractéristiques de l’art du kabuki.

Accompagnant son succès, l’image est partout, sous la forme de programmes annonçant les spectacles, ou sous celle de pleines pages en format oban véhiculant, tels nos modernes magazines, l’engouement pour un grand nom de la scène. Le kabuki ne néglige aucun des outils à la disposition du spectacle ; il fut ainsi une source inépuisable
d’images, de l’illustration des grands rôles à la description physique et psychologique singulière d’acteurs désormais célèbres. Le paradoxe est que, de cet art total qui fut, à sa réception en Europe, une source majeure d’inspiration de nos metteurs en scène – on songe à Mnouchkine – et de nos cinéastes – tel Eisenstein – ne demeure pour nous que la gloire des peintres. C’est le nom de Sharaku qui brille pour un Européen au firmament du kabuki tandis que nous ne savons pas nommer acteurs ou caractères.


Informations pratiques

Exposition présentée au musée national des arts asiatiques –Guimet, du 15 avril au 6 juillet 2015.
Rotonde du 2e étage. Accès avec le billet d’accès aux collections permanentes.