Sublimes matières - À travers 5 000 ans de création en Chine

Du 26 mars au 9 juin 2014
 

Exposition (dossier) présentée au musée national des arts asiatiques – Guimet, du 26 mars au 9 juin 2014

A l’occasion du cinquantenaire des relations diplomatiques franco-chinoises. (Rotonde du 2e étage et salles des collections « Chine »).

Sublimes matières, à travers 5 000 ans de création en Chine », retrace l’itinéraire d’un siècle de collections nationales d’art chinois constituées au musée national des arts asiatiques - Guimet, depuis sa fondation en 1889.L’exposition propose une exploration poétique célébrant 5000 ans de création à travers les matières emblématiques que sont la soie, le jade, le bronze, les laques, le papier et l’encre, la porcelaine.

Un monde de formes et de matières

L’exposition suit une progression chronologique permettant d’admirer l’évolution artistique et culturelle de la Chine à travers les âges, et le recours récurrent à des matériaux qui en sont la quintessence. Elle évoquera les divers voyages en Chine de son fondateur, Émile Guimet, et la formation progressive des collections d’art chinois du musée. Le visiteur sera ainsi transporté au cœur d’une civilisation qui aura su bouleverser le cours de l’Histoire humaine et celui de l’art par ses nombreuses découvertes telles que la porcelaine, le jade, le bronze, la soie, la laque, ainsi que l’encre et le papier…. Ce sont 5 000 ans de créations qui se déclinent ainsi par le recours répété aux mêmes matériaux, à travers un répertoire de formes variées.

« Sublimes matières » soulignera plus particulièrement l’approche originale des artistes chinois à travers le travail spécifique de ces matériaux chers à l’esthétique chinoise, symboles de sa créativité artistique. Une sélection d’œuvres permettra, en outre, d’aborder l’histoire des techniques, d’approfondir certaines thématiques propres à l’art chinois et sans cesse perpétuées. L’écriture, élément fondateur et central de la civilisation chinoise, apparaît sur les bronzes archaïques, avant de donner les grandes créations calligraphiques sur papier. L’art du pinceau et de l’encre engendre, à côté des calligraphies, les plus grands-chefs d’œuvre de la peinture chinoise. Les teintes nuancées du jade, matériau recherché depuis la plus haute antiquité chinoise, suscite au 12e siècle des imitations en céramique, les «  céladons », où les collectionneurs de l’époque Song (960-1279) recherchent l’aspect doux et chaleureux, la transparence du jade. Ce jeu d’échos entre les matières, ces constantes citations de formes et de motifs forment un fil conducteur de l’exposition, celui de toute l’histoire du céleste empire.

Exploration-parcours à travers la Chine, «  Sublimes matières » invitera le public à découvrir ou à redécouvrir sous un angle nouveau, un ensemble de chefs-d’œuvre inégalés conservés dans les collections nationales.

Une présentation de photographies anciennes des missions Chavannes (1907) et Segalen (1909 et 1914) relatera, en outre, les prémices du regard occidental sur la Chine et introduit à l’exposition et la figure du fondateur du musée, Émile Guimet (1836-1918). Dans ce cadre est exposée une exceptionnelle paire de vases en porcelaine qui lui fut offerte par l’impératrice Cixi en 1877.
 

De formidables précurseurs

Émile Guimet, visionnaire, voulait créer un musée d’histoire comparée des religions. S’inscrivant dans ce prolongement, les collections réunies au musée, restituent une vision scientifique de l’art chinois, fondée sur les travaux d’archéologues – parmi lesquels Segalen et Chavannes –, totalement dissociée de l’engouement pour les chinoiseries, très en vogue jusqu’au 19e siècle. En 1945, les collections asiatiques du Louvre sont versées au fonds du musée Guimet, qui se voit enrichit d’objets d’art d’une qualité exceptionnelle, dont les céramiques réunies par Ernest Grandidier. Dans le sillage de ce collectionneur, grâce à la générosité de donateurs et à une politique d’acquisition, nombre d’œuvres intègreront sur 125 ans, le musée national des arts asiatiques – Guimet. Elles forment aujourd’hui le cœur d’une collection unique et essentielle par ses apports tant en histoire de l’art que pour l’archéologie chinoise.


 

CREDITS

Photo (haut de page) :

Mouflon monté par un enfant
Chine, Dynastie Qing, 18e siècle
Jade sculpté
MNAAG, Paris ; MG 95