Syllabes et formules sacrées

 

Syllabes et formules sacrées

Les formules incantatoires répétées à l’occasion de rituels ou de pèlerinages sont souvent présentes dans les pratiques bouddhiques. Les rituels du bouddhisme himalayen et ceux de plusieurs écoles japonaises notamment ont ainsi recours au pouvoir de la parole grâce à l’utilisation de ces formules sacrées. Une des plus célèbres d’entre elles est le fameux

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gravé sur des milliers de pierres plates le long des chemins de pèlerinages himalayens.

Les formules sacrées peuvent être nommées mantra, dhâranî ou encore vidyâ. Elles sont en premier lieu des incantations protectrices qui éloignent les dangers et raffermissent l’esprit du fidèle.

La récitation des mantra peut être associée à plusieurs fonctions. Soulignant leur origine indienne par leur lien au pouvoir créateur du son, certains mantra, concentrés en une seule syllabe (bîjamantra), donnent naissance à la visualisation d’une déité. D’autres mantra accompagnent des gestes d’offrandes, d’autres encore vivifient le pouvoir d’une figure sacrée invoquée lors d’un rituel.

Les dhâranî ont elles aussi plusieurs qualités. La première, liée à leur étymologie (l’acte de tenir, de porter, de conserver), les investit du pouvoir de la mémoire. Les dhâranî concentrent, retiennent l’ensemble des savoirs et des enseignements sacrés. Elles ont aussi la faculté coercitive d’empêcher, de contraindre, de retenir les racines du mal. Ces dhâranî enfin, propriétés des bodhisattva, protègent leurs détenteurs. Elles préviennent des assauts de Mâra, le seigneur de la mort et du désir.

Les vidyâ enfin, sont des concentrés de savoirs, de connaissances magiques. Prononcées par le Bouddha elles sont capables de protéger et de sauver l’ensemble des créatures. Elles deviennent aussi pour ceux qui les possèdent une énergie capable de détruire les obstacles ou les craintes. Elles préservent enfin les serments de toute transgression.

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Reliquaire et porte reliquaire, Tibet, XVIIIe siècle, Cuir, fer forgé, laiton, textile, musée Guimet, MG 3829.
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Cape de lama tibétain, Tibet, XVIIIe –XIXe siècles, soierie tissée, détail, musée Guimet, MA 11577.
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L’Hommage au Sûtra entre les deux bouddha, Japon, bois doré, Panthéon Bouddhique, MG 4676.