Auréoles et mandorles de lumière

 

Auréoles et mandorles de lumière

« Ô toi dont les yeux sont beaux, plein de bienveillance, distingué par la sagesse et la science, rempli de compassion (…), toi dont la lumière n’est interceptée par aucun nuage tu brilles plein de majesté au dessus des mondes » Cette louange issue du Sûtra du lotus de la Bonne Loi - un des plus célèbres textes bouddhiques - dit avec simplicité la beauté du bodhisattva et la lumière dont il rayonne. La sobriété de cette évocation a été amplifiée dans bien d’autres textes grâce à un déploiement de matières précieuses, de lumières et de couleurs très caractéristiques de l’esthétique du Mahâyâna. On apprend par exemple que le corps du bodhisattva Manjushri est pareil à une montagne d’or violet (…) qu’il est orné d’un éclat circulaire, que sa coiffe est ornée du joyau magnifique ; qu’il rayonne de cinq cent couleurs variées…

Comme dans d’autres traditions religieuses, le rayonnement des êtres sacrés est la manifestation de leur maturité spirituelle. Renforçant la beauté des bouddha et des bodhisattva, ce rayonnement témoigne aussi, et de façon plus spécifique au bouddhisme, de leur nature parfaite, pure, libre « de toute nature de soi ». Elle sera rendue dans les images par des auréoles rayonnantes, des mandorles de lumières ou des halos aux couleurs de l’arc en ciel qui témoigneront également du pouvoir compassionnel des êtres sacrés : « Une lumière fut lancée de son corps telle que par elle, tous les maux furent apaisés, toute les inquiétudes détruites toutes les sensations mauvaises anéanties. » Lalitavistara XIX

On découvre dans de nombreux textes que l’éclat des bouddha et des bodhisattva s’étend aux jardins où ils s’installent pour enseigner la Loi. Comme bien d’autres lieux sacrés décrits dans la littérature du Mahâyâna, le jardin de l’éveil du Bouddha et la Sukhâvatî, le paradis de l’Ouest, sont ainsi ornés de gemmes précieuses, de bannières multicolores, de chaînes de clochettes agitées pat le vent, de guirlandes, de diadèmes et de pendentifs magnifiques à l’égal de la lune. Ils décrivent une esthétique lumineuse et colorée, souvent illustrée dans les images tibétaines ou japonaises.

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Le Grand miracle de Shravasti : la multiplication des images, Tibet, toile, xylographie en couleur, détail, musée Guimet, MG 16520.
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Vajradhara entouré de mahâsiddha, Tibet, XVIIe siècle, détrempe, détail, musée Guimet, MG 21243.
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Episodes de la vie du Bouddha Shakyâmuni, Tibet, peinture, xylographie en couleur, détail, musée Guimet, MG 16542.
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Prabhutaratna et Shakyâmuni en conversation, Chine, 518, bronze, musée Guimet, EO 2604.