Le geste de l’absence de crainte, de la rassurance

 

Le geste de l’absence de crainte, de la rassurance : abhayamudrâ

Le geste de l’absence de crainte – main levée, paume de face, doigts serrés – témoigne d’un des aspects de la perfection du don : celui de l’octroi de la confiance et de l’apaisement. Il désigne les êtres saints du bouddhisme comme des refuges, des points d’appui. Omniscients, ayant dépassé les illusions et acquis l’expérience de la cessation de la souffrance, ils offrent protection et sécurité à leurs fidèles. Ils éloignent les craintes et les souffrances, ils abolissent les doutes qui retardent l’entrée dans la voie du Dharma, la Loi bouddhique.

Le geste de l’absence de crainte est associé au Bouddha Shakyâmuni, à plusieurs bodhisattva dont Avalokiteshvara - le bodhisattva de la compassion par excellence - et Târâ , le bodhisattva féminin. Considérée au Tibet comme la suprême sagesse, mère de tous les bouddha et protectrice de tous les êtres, elle est celle qui sauve des grandes craintes. « La Déesse, tenant le lotus bleu dans sa main répète : ne crains rien, ne crains rien. C’est pour protéger le monde que je fus créée par les Vainqueurs. Dans les régions sauvages, sous la menace des armes, partout où l’on est inquiété par le danger, que l’on se remémore mon nom ; je protègerai à jamais tous les êtres et les conduirai par delà le flot immense de leurs craintes. » Les cent huit noms de Târâ

Le geste de l’absence de crainte symbolise enfin dans certains textes, cinq qualités acquises par les bodhisattva : la confiance, le courage, la vigilance, la concentration et la sagesse.

(JPG)
Bodhisattva Avalokiteshvara, Pakistan, IIIe siècle, bronze, musée Guimet, MA 12128.
(JPG)
Bouddha marchant, Thaïlande, XVIe –XVIIe siècles, bronze, détail, musée Guimet, MA 12137.
(JPG)
Buddha Amoghasiddhi, Réplique du mandala de Toji, Japon, bois laqué, doré et bois polychrome, Panthéon Bouddhique, MG 2036.
(JPG)
Bouddha debout, Afghanistan, calcaire, musée Guimet, MG 17281.