Introduction

 
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Introduction

Phénomène tout à la fois religieux, intellectuel et culturel, le bouddhisme s’est exprimé jusqu’à nos jours par une multitude d’enseignements, de pratiques et de formes artistiques. Né en Inde au VIe avant J.-C., il s’est progressivement diffusé hors de son pays d’origine par voie de terre, en direction de la Chine septentrionale, de la Corée et du Japon ; par voie de mer aussi, en direction de Ceylan puis de la péninsule indochinoise et de la Chine méridionale. La diversité de ses expressions s’explique donc en partie par la vitalité de ses contacts avec d’autres traditions religieuses et d’autres cultures que sa culture d’origine. Elle s’explique également par la vigueur spirituelle et intellectuelle de ses maîtres qui, à travers les siècles, ont enrichi les enseignements reçus.

Par delà cette diversité, les communautés bouddhiques se rassemblent toutes autour d’enseignements fondateurs essentiels, énoncés par le Bouddha. Elles se rassemblent aussi autour de grands symboles, de conventions iconographiques qui, de l’Inde au Japon, renvoient les fidèles aux valeurs essentielles du bouddhisme et permettent d’identifier ses personnages les plus éminents.

Les œuvres des collections du musée Guimet permettent d’entrer dans l’imaginaire bouddhique et de découvrir la signification de symboles importants comme celui du lotus, de la roue de la Loi, du stûpa, du vajra… Elles permettent aussi de comprendre le sens et le pouvoir - des mudrâ - les gestes effectués par les bouddha, les bodhisattva et d’autres personnages présents dans les images sacrées.

Symboles et gestes bouddhiques

Des symboles…

Les plus anciennes images bouddhiques connues datent du IIe siècle avant J.-C. Pendant plus de deux siècles, l’art bouddhique préféra ne pas représenter le Bouddha sous sa forme humaine et choisit de signifier sa présence par la simple empreinte de ses pieds ou par des insignes de dignité comme le trône, le parasol, etc.

L’importance nouvelle de la dévotion et la multiplication des figures sacrées donnèrent bientôt lieu à l’utilisation de plusieurs symboles. Motifs isolés, ils rappelèrent un moment de la vie du Bouddha historique ou firent référence à de grands concepts religieux. Placés dans les mains des êtres sacrés - bouddha ou bodhisattva – ils furent chargés de désigner l’identité, les qualités ou les pouvoirs de leur possesseur.

Dans l’art bouddhique, les symboles peuvent se multiplier en frise, se combiner et former le décor d’un temple par exemple. Ils peuvent aussi être réunis sur un autel dédié à un bouddha et devenir ainsi des offrandes. L’accumulation des symboles acquiert une véritable efficacité rituelle et spirituelle, réitérant par leur présence l’énoncé des enseignements qu’ils véhiculent.

Le lotus, la roue du Dharma, le vajra comptent parmi les symboles les plus éminents et les plus signifiants du bouddhisme.

Des gestes…

Au début de l’ère chrétienne, trois grandes écoles de sculpture de l’Inde donnèrent presque simultanément naissance à l’image du Bouddha sous sa forme humaine. L’Eveillé apparut bientôt dans des images narratives ou des représentations autonomes, représenté dans différentes postures, effectuant différents gestes codifiés. Ces gestes codifiés sont appelés mudrâ. Ils ont plusieurs fonctions. Une mudrâ permet d’identifier un personnage sacré. Elle permet aussi de préciser les qualités de son action compatissante ou des vœux secourables qu’il formule pour le salut de ses fidèles.

Le terme mudrâ est souvent traduit par « sceau ». Une mudrâ est ainsi un geste qui scelle, qui confirme et qui garantit une action ou une parole rituelle. Les mudrâ peuvent être effectuées par des officiants lors de cérémonies d’hommage au Bouddha, lors de récitations de textes sacrés ou lors des nombreux rituels qui se sont notamment développés au sein du bouddhisme himalayen.

Dans l’art bouddhique les mudrâ peuvent être effectuées par le Bouddha historique Shakyâmuni, par de nombreux autres bouddha, par les êtres d’éveil et de compassion que sont les bodhisattva. Elles peuvent aussi être effectuées par des moines ou des maîtres célèbres.