Disparition de Jean-François Jarrige

 

Président honoraire du musée national des arts asiatiques-Guimet

Jean-François Jarrige, Président honoraire du musée national des Arts asiatiques – Guimet, s’est éteint le 18 novembre à l’issue d’une longue maladie.

Il aura marqué de son aura l’histoire du musée dont il fut, entre 1986 et 2008, le directeur puis le premier président après la transformation en établissement public en 2004. En 2001, il avait inauguré, avec le Président Chirac, le musée rénové sous la houlette des architectes Henri et Bruno Gaudin.

Protohistorien de formation, il avait entamé sa carrière par l’étude des civilisations de l’Indus et de leurs antécédents, participant à plusieurs fouilles dans le Baluchistan pakistanais entre 1963 et 2000. Il fut le directeur de la Mission archéologique de l’Indus et fouilla notamment à  Pirak, Mehrgarh et Nausharo.

En 1970, il fut l’un des fondateurs de la European Association for South Asian Archaeology qui organise des colloques bisannuels sur l’archéologie et l’histoire de l’art du sous-continent indien.

Docteur en archéologie (1971), directeur de recherche au CNRS (1985), il intégra le corps des conservateurs du patrimoine en 1986, date à laquelle il prit la direction du musée sans jamais renoncer à une activité de recherches archéologiques et à l’enseignement qu’il dispensait à l’Ecole du Louvre. Il fut en effet le directeur du Centre de Recherches archéologiques Indus-Baluchistan du CNRS, sis au musée Guimet, et publiait encore récemment un ouvrage consacré aux fouilles de Nindowari, appuyé en cela par son épouse Catherine.

Travailleur infatigable, on doit à Jean-François Jarrige de nombreuses synthèses sur l’archéologie du Baluchistan interrogeant avec pertinence les relations de ses sites avec l’archéologie mésopotamienne, la nature de la civilisation de l’Indus, etc. Promoteur du rayonnement de l’archéologie française à l’étranger il était secrétaire général de la commission consultative des recherches archéologiques à l’étranger (ministère des Affaires étrangères).

En parallèle de son abondante activité de recherches, il mena au musée national des arts asiatiques – Guimet une dynamique politique d’enrichissement des collections. Il fit réinstaller en 1994 l’ensemble sans équivalent en Europe du « Panthéon bouddhique japonais », dont le mandala du Toji rapporté par Emile Guimet en 1877. Enfin il dirigea la programmation en vue de la réouverture d’un musée profondément rénové en 2001. Il y fut le promoteur d’expositions de  prestige au rang desquelles on citera tout particulièrement le très grand succès que fut Afghanistan : Les trésors retrouvés (2006-2007) ; cette manifestation amenait en pleine lumière les chefs-d’œuvre miraculeusement conservés des plus prestigieuses découvertes archéologiques d’un pays sortant à peine du chaos.

Il était aussi, par tout cela, un homme engagé dans son temps, très sensible aux souffrances d’une région qu’il connaissait intimement et dont il regardait, non sans inquiétude, le devenir.

Conservateur général honoraire du patrimoine, Jean-François Jarrige était Membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, qu’il présida en 2008, Commandeur de la Légion d'honneur, de l'Ordre national du Mérite, des Arts et Lettres et des Palmes académiques ; il était décoré de l’ordre pakistanais de l’Etoile.


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