Haniwa

Epoque Kofun (250-650) dite époque des Grandes Sépultures

Kofun Tardif (VIe siècle)
Terre Cuite
H : 1,20m
MA 1338

 

Coiffée d’un casque, vêtue d’une robe, cette figure représente un guerrier. Impassible. Les yeux et la bouche qui composent son visage impassible ne sont que de simples trous percés dans l’argile. Elle porte un pantalon très bouffant resserré aux genoux, des gantelets et un poignard passé dans sa ceinture. L’attention portée aux détails permet de supposer qu’il s’agit ici d’un guerrier noble et son style porte à croire qu’il provient de la région septentrionale du Kantô. Debout, juché sur un cylindre, cette oeuvre est en fait un haniwa, littéralement « cylindre de terre » dévolu à l’usage funéraire surmonté en général de figurations d’hommes, de prêtresses, d’animaux saisissants de réalisme, et voisinant avec des images de boucliers, de maisons, de coupes à offrandes ou de simples formes tubulaires. Une très grande variété de physionomies, de costumes chez ces personnages, est le reflet d’une hiérarchie sociale bien établie.

Toutes ces figures sont réalisées au colombin et travaillées avec des spatules. A cette époque, les haniwa sont placés au sommet du tumulus kofun en cercle ou en qudrilatère. Ceux évoquant des personnages et des animaux se trouvent à l’extrémité de l’avant corps, ils font obstacle au profane et au maléfique. De plus, ils célèbrent sous une forme symbolique la cérémonie de passation du pouvoir spirituel d’un souverain au suivant. En tant que témoins et acteurs de la cérémonie, ils attestent qu’elle fut accomplie sur le site même et lui confèrent un caractère perpétuel.

Leur fonction symbolique a fait l’objet de plusieurs interprétations : ils pourraient faire obstacle au profane et au maléfique ; une hypothèse y a vu la représentation des cérémonies de passation du pouvoir spirituel d’un souverain au suivant.

Dès la fin du IIIe siècle, de grandes sépultures sous tumulus sont construites dans tout le Japon et témoignent d’une organisation de la société en classes sociales bien distinctes, dirigées par des chefs locaux à qui étaient réservées ces tombeaux. L’arrivée du bouddhisme amenant des changements dans les modes d’inhumation entraînera la disparition des haniwa.