Diadème d'oracle (dbu-rmog)

Tibet

XVIIe-XVIIIe siècles ( ?)
Métal doré incrusté de pierres semi-précieuses et os
24 x 32 x 25 cm
Donation sous réserve d’usufruit, L. Fournier
MA 5218

 

Le large bandeau, sur lequel se dressent cinq têtes de mort parées chacune d’un fleuron, est équilibré de chaque coté par deux fines tresses diamétralement opposées, et formées de petites perles en os. La couronne est le support d’un décor floral très fouillé, et de motifs en ronde-bosse orfévrés et rehaussés de pierres semi-précieuses bleues et rouges. Les cinq crânes dont les yeux sont figurés par des pierres translucides rouges, ne sont pas sans évoquer les cinq jinas qui ornent les diadèmes de certains officiants bouddhistes népalais et tibétains. De leurs bouches entrouvertes sortent des flammes stylisées avec une grande virtuosité.

Les pendentifs accrochés sur les côtés sont en os d’animal. Ce détail permet de supposer que ce diadème est utilisé dans un contexte dGe-lugs-pa, car l’usage d’os humains est interdit dans les rituels de cet ordre monastique. Ces diadèmes étaient portés par les oracles en transe lors des rituels de divination. Ils n’étaient pas posés directement sur la tête de l’officiant, mais sur un chapeau matelassé.

Les rituels du bouddhisme ésotérique sont variés et complexes et entraînent l’emploi d’instruments spécifiques. Leur typologie, cependant, ramène à un petit nombre de formes de base. Ces objets accompagnent les gestes liturgiques, servent à la préparation des offrandes faites aux divinités, ou sont en rapport avec des rituels d’exorcisme.

Texte d’après G. Béguin.