Manjushrî

Népal

Dynastie Malla (1200-1768)
XIIIe siècle
Cuivre doré et incrusté
H : 55.9 cm
MA 5031

 

Cette statuette raffinée, représentant probablement Manjushrî, le bodhisattva « de la sagesse », adopte une position élégamment ondulante en triple flexion (tribhanga), qui accentue les formes de sa taille et de ses cuisses. De sa main droite, cette déité exécute le geste de l’argumentation (vitarka mudrâ) qui lui est associé et de sa main gauche elle tient la tige d’une fleur à présent disparue. Si cette figure est Manjushrî, l’élément tenu dans sa main droite devait être alors un lotus bleu, peut-être surmonté du livre de la sagesse suprême et de l’épée tranchant l’ignorance. Produite dans la vallée de Katmandou par le peuple Newar, cette pièce porte les caractéristiques de leur art par sa grande élégance, que tempère cependant une certaine stylisation, et par les incrustations de pierres semi-précieuses, révélatrices du goût des Népalais pour les ornementations luxueuses et qui se développeront par l’exubérance dès le siècle suivant.

En partie disparues, elles consistent en pièces de verre ainsi que de lapis lazuli et de grenat, et rehaussent un travail exécuté dans un cuivre de grande pureté. La quantité d’or présente dans le métal peut avoir fait l’objet d’un don votif, à l’origine de la création de cette image qui faisait peut-être partie d’une triade composée d’un Buddha flanqué de deux assistants bodhisattva.

C’est ici un remarquable exemple de la statuaire métallique de l’apogée de l’art des Newars pendant la période du « Malla ancien » (1200-1482). On doit à cette population l’essentiel des créations de l’art népalais, dont les canons esthétiques sont inspirés de l’art indien, et qui influence celui de l’Himâlaya dès le début de notre ère. Durant cette époque, l’accroissement du commerce avec le Tibet permit l’émergence d’une classe sociale élevée généreuse envers les fondations bouddhiques, et génératrice d’un mécénat important.

Texte d’après N. Bazin et G. Béguin.