Monts Jingting en automne

Shitao (Daoji, 1642-1717)

Dynastie des Qing (1644-1911)
Rouleau vertical Encre sur papier
Signé et daté 1671
86 x 41,7 cm
Anc. Coll. Dubosc
MA 887

 

Ce rouleau, fidèle à la perspective traditionnelle chinoise rendue en étagements de plans successifs, présente un paysage de massifs rocheux boisés, au centre, une cascade se jette dans un cours d’eau. Noyé dans l’abondance des frondaisons, un homme près d’un pavillon contemple le spectacle. Dans un colophon le peintre relate les circonstances de la création : « Là je vis tour à tour des peintures authentiques de Nizan et de Huang Gongwang. Mes jours, dès lors, furent au gré des impressions que j’en conservais ». L’étrangeté de ce paysage avec la montagne sombre enserrée des nuages blancs, est renforcée par le coup de pinceau rapide et nerveux. Cette peinture dépend de l’esthétique chinoise essentiellement préoccupée par « le naturel » et dont l’appréciation porte non sur le résultat fini du tracé mais sur la qualité du geste qui l’a réalisé, valorisant la simplicité.

Construit par cernes fermes qu’habillent une infinité de touches et de valeurs d’encre, ce paysage utilise une technique au pinceau et à l’encre sur papier. Shitao, descendant de la famille impériale des Ming est une figure exemplaire de la longue lignée des peintres-lettrés. Connu sous son nom de moine Daoji, ou sous son nom officiel Shitao « « Flots pétrifiés » », il est un peintre réputé pour ses paysages, mais était aussi architecte-paysagiste, philosophe, poète et calligraphe. Il sut s’inspirer du paysage chinois qui n’est en principe jamais remanié par l’homme, mais est censé manifester la nature à l’état brut, fascinante et effrayante, sous ses formes les plus surprenantes.