Statue du luohan Tâmrabhadra

Chine septentrionale

Dynasties Liao-Jin (Xe-XIIIe siècle)
Terre cuite glaçurée
H : 123 cm
Don T.T.Tsui
MA 6323

 

Le terme luohan (sanskrit arhat) qualifie les disciples directs du Buddha, parvenus en Nirvâna, et l’idéal de la quête bouddhique. Cette statue du méditant hiératique au chapelet d’une rare qualité, traduit la quiétude particulière de la concentration, faite de vigilance et de détermination. Par la monumentalité et l’équilibre de la figure, la vérité plastique du corps et du kâsâya qui le drape, l’expressivité caractéristique de la période Liao-Jin (Xe-XIIIe siècle) dans le portrait hautement individualisé, cette oeuvre manifeste d’une filiation avec la tradition réaliste de l’époque Tang (618-907). La comparaison avec des gravures d’arhats exécutés sous les Song du Nord (960-1127) permet l’identification de cette statue avec celle du sixième disciple, Danmoluobatuo (Sanskrit : Tâmrabhadra), envoyé par le Buddha à Ceylan.

L’oeuvre résulte du syncrétisme entre l’art des sculptures en terre séchée réservées aux statues de culte aux époques précédentes, et l’art de la céramique, utilisant la glaçure des « trois couleurs », dans la tradition chinoise des substituts funéraires.

La figure appartenait à l’origine à un groupe monumental d’arhats, réalisé dans le même médium, révélé au début du siècle dans le sanctuaire rupestre dit de la « Montagne des Huit immortels », près de Yizhou, au sud de Pékin ; sinon dans celui de Yixian, au Liaoning. Toutes ces statues ont en commun de figurer les saints hommes parvenus à l’Eveil, sur des socles de rocaille : allusion aux lieux d’élection de leur méditation.A cette création sculpturale, fidèle à l’art de la fin des Tang mais avec un réalisme nouveau, fait écho une statuaire contemporaine, à Yungang (Shaanxi) et au Gansu. Elles viennent confirmer que, la Chine du Nord sous les dynasties étrangères dites « barbares » était alors le centre d’une culture bouddhique florissante, qui avait déserté la Chine « légitimiste » des Song.