Tumulus du premier empereur Qin shihuang

 

L’importance de ce site, où plus tard seront mis au jour en 1974 une armée en terre cuite de plus de six mille guerriers sur la tombe du premier empereur Qin Shi Huang (221-210 avant notre ère), n’avait pas échappé à la sagacité de la mission Segalen qui, dès le 16 février 1914, entreprit un relevé métrique du tumulus. Les richesses de ce site découlent de la pratique de l’ensevelissement qui reste un des fondements de l’archéologie chinoise. Il revient à ce petit groupe d’archéologues d’avoir mis ce fait en lumière.

Médecin, Victor Segalen est de ceux qui, en ce début de siècle, parcourent le monde. En 1909, il partira pour Pékin « ma capitale »où il séjournera plus de quatre ans avant de rentrer en France en 1914 à cause de la première guerre mondiale. Le but de la mission de 1914 en Chine, au cours de laquelle cette photographie a été prise, comporte un intérêt géographique et archéologique qui s’accompagne d’un relevé topographique de régions mal-connues.

Pendant cette expédition qu’il mène en association avec Edouard Chavannes (1865-1918), l’auteur ajoute à ses notes écrites des croquis et des prises de vues de statues monumentales avec un sens inné des cadrages et des éclairages qui hisse Segalen au rang de photographe le plus talentueux de cette Chine impériale finissante. L’empire du milieu devient à ses yeux « Le pays exemplaire de la différence harmonieuse, un abrégé de la diversité du monde ». Son apport ne peut cependant pas être réduit à la seule approche archéologique. Son oeuvre en tant que poète qui a su s’inspirer de l’histoire, donna naissance à des fictions originales, tels le Fils du Ciel ou Stèles.