Coffret d'argent

 

Ce coffret cubique monté sur un pied à fruit léger et surmonté d’un couvercle à pans coupés, évoque l’esthétique des Tang (618-907), et en particulier la série des reliquaires bouddhiques du temple Famen. Cette influence se retrouve également dans le choix du répertoire iconographique tel que les quatre créatures en repoussé mi-humaines mi-animales, les kalavinka (musiciennes ou porteuses d’offrandes) représentées sur le couvercle, jouant de la flûte. Sur les flancs, les huit apsara dansant parmi les nuages renvoient à l’iconographie des paradis du Mahâyâna, et stylistiquement se rapportent aux peintures de Dunhuang du IXe siècle. A coté de ce répertoire bouddhique on recense des motifs animaliers, canards, grues, phénix, daims ou dragons.

Les Liao ne cherchent pas à innover par le vocabulaire iconographique, mais au contraire à se rattacher à des valeurs traditionnelles solidement ancrées autour du bouddhisme, ciment unificateur des cinquante deux tribus régnant sur la Chine du Nord.

Cet ancien peuple de cavaliers qui va peu à peu se sédentariser est impressionné par le raffinement culturel de la Chine des Song (960-1279). Leur puissance militaire leur permettra de vaincre à plusieurs reprises ce grand voisin qui sera contraint de lui verser de lourds tributs. Il n’est toujours pas possible de déterminer si telle était la destination de ces objets ou s’il s’agissait de commandes passées à des orfèvres chinois travaillant en territoire song ou liao. Cependant deux inscriptions figurent sur ce coffret, l’une d’elles permet de dater l’objet de 1024 et annonce une destination au « Bureau des cérémonies de la cour du Sud » et de la « Section principale du Palais Mobile ». Ceci indique une appartenance à la cour, tout en révélant son attachement aux traditions nomades incitant l’empereur à bouger continuellement à l’intérieur de son royaume.