Liding (vase sacrificiel)

 

Ce récipient funéraire liding est composé de la juxtaposition de trois têtes ovines, soutenue chacune par un pied. La forme de la pièce elle-même résulte de l’enroulement des six cornes, et sa puissante architecture tient à l’extrême tension des têtes qui investissent la troisième dimension.

Le bélier, animal à aura magique, est couramment sacrifié à la fin du Néolithique lors des cérémonies funéraires, et sa tête est inhumée en offrande au coté du défunt. Cet intérêt pour le volume accompagné d’un certain réalisme apparaît à la phase Yin (XVIIe siècle avant notre ère) des Shang : aux formes rondes dérivées des céramiques ou à celles plus angulaires spécifiques des bronzes, s’ajoute une série d’objets zoomorphes.

Le tripode à pieds mammiformes est l’un des récipients les plus anciens de Chine. Fonctionnelle, cette invention permet une meilleure exposition des aliments à la chaleur.

Cette pièce est réalisée à l’aide d’un moule à section, le décor utilise à bon escient les arêtes laissées par la jonction des parties de ce moule afin de lui conférer une meilleure rythmique.

Véritables symboles du pouvoir, les bronzes prennent à l’époque Shang une magnificence jusqu’alors inconnue, car le culte des ancêtres royaux prend désormais une place prépondérante dans l’activité politique et religieuse. Les ancêtres participent au monde divin, et intercèdent en faveur des vivants s’ils sont bien traités par eux ; ainsi ces instruments de sacrifice, placés entre le monde terrestre et le monde divin qui légitime le pouvoir royal, jouent-ils un rôle extrêmement important. L’extraction et l’acheminement des matériaux nécessaires à l’élaboration du bronze témoignent, de plus, d’une organisation complexe de l’état et d’une puissante centralisation du pouvoir, impliquant dès cette époque des conquêtes étendues, le maintien de l’ordre ainsi que d’immenses efforts économiques.